Lors d'un souper mondain donné, au bien nommé château Le Luxe, en l'honneur du sculpteur Pierre Weiss, on se presse autour de la table du directeur. Au cours de cette mémorable soirée, la fête va dépasser les bornes de la bienséance. Tout commence par la disparition de l'artiste qui a déserté son propre vernissage, à moins qu'il ne soit venu quand même, mais sous une fausse identité. Ce lâchage impromptu provoque une série d'accidents en chaîne, avant que la nuit ne s'achève en catastrophe générale. Parmi les convives émerge d'abord la compagne de l'artiste, mais ce roman en cinq tableaux fourmille de personnages excentriques : des domestiques déguisés en invités (ou l'inverse), un étrange revenant nommé Joseph qui se prétend propriétaire du Luxe, Sébastien et son chien Clebs qui lui sert de fils adoptif? Il n'y a pas que l'artiste qui a disparu, mais aussi le clou de la soirée, sa sculpture Bild und Porzellan II. Pourtant, le chef-d'oeuvre pèse tout de même plusieurs tonnes? La sculpture a dû rejoindre par erreur l'autre musée du parc, celui des valeurs sentimentales, même s'il est impossible qu'elle y figure puisque qu'il n'accueille aucune oeuvre d'art et, de surcroît, ne se visite pas, au dire de son gardien, Robert, qui n'a donc rien à garder, à part ses secrets. Dans ce roman labyrinthique, les destins d'une quinzaine de personnages se croisent, parfois sans le savoir. Les motifs de l'amour (à partenaires multiples), de la disparition (souvent choisie jamais désespérée) et de l'art (délivré de sa vanité), s'incarnent dans un chassé-croisé rocambolesque, drôle et fantasque. La douce folie des uns, la naïveté forcenée des autres, la réversibilité des valeurs hiérarchiques et les jeux de dédoublement président à cette communauté de héros minuscules pris dans un principe de narration extravagant et facétieux. Car l'auteur a choisi pour ce livre une contrainte poétique de taille : le dernier mot de chaque phrase devient le premier de la suivante. Ce jeu des kyrielles, ou bouts-de-ficelle, comme on dit dans les cours de récréation, s'impose moins comme une contrainte de pure forme que comme une force d'entraînement imaginaire. Dans le sillage d'un Jonathan Swift ou d'un Lewis Carroll, il révèle en Gaëlle Obiégly une conteuse hors pair et invite le lecteur à retomber en enfance, l'enfance de l'art romanesque.
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Nombre de pages
219
Date de parution
05/01/2011
Poids
270g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070132478
Titre
LE MUSEE DES VALEURS SENTIMENTALES
Auteur
Obiégly Gaëlle
Editeur
VERTICALES
Largeur
140
Poids
270
Date de parution
20110105
Nombre de pages
219,00 €
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«On se constitue par l?observation de la vie des autres. On existe dans les creux, les vides, dans ce qui est laissé. De la même manière que je me glisse dans les vêtements dont personne ne veut plus, je choisis des voies insignifiantes, étrangères. Celles qui mènent à l?inconnu. Mon Prochain est un champ d?expérience.»
Née à Chartres en 1971, Gaëlle Obiégly passe son enfance dans les plaines de Beauce dont elle garde un souvenir de solitude et d'ennui, puis est pensionnaire à Saint-germain-en-Laye. Aujourd'hui, elle vit et travaille à Paris. Son premier roman, Petite figurine en biscuit qui tourne sur elle-même dans sa boîte à musique, le portrait de Gala, une jeune femme solitaire, paraît en 2000 dans la collection L'Arpenteur. Elle publie aussi le Vingt et Un Août, dont l'héroïne, une mythomane, décide de se livrer pour s"affranchir, en 2005, Faune, un étonnant bestiaire fait d'une succession de courts récits. Elle a également publié un texte pour la jeunesse. Son nouveau roman, La Nature, paru en mars 2007, traite d'un sujet d'une grande actualité:" Une femme est devenue objet, bonne, conquête, actrice, starlette, employée, intellectuelle, réceptionniste, ouvrière, religieuse, trotskiste, naturaliste, épouse, résistante, mère, veuve, enseignante après avoir été une enfant. Une femme se sent déchue parce qu'elle n'est plus l'incomparable. Qui l'a trahie? La nature? ". jeune écrivain lucide et talentueuse, Gaëlle Obiégly s'impose par son écriture précise et très personnelle."
Résumé : Le vingt et un août, jour de son anniversaire, la narratrice, mythomane, se décide à passer aux aveux. Elle se souvient d'avoir commencé à mentir vers quinze ans, ayant quitté sa famille pour l'internat. Sa vie d'avant le mensonge lui revient intacte dans sa brutalité d'alors, muette. Par peur des autres, elle s'est tour à tour enfermée dans le silence et l'affabulation. Comment s'affranchir de sa propre tyrannie ? Elle se résout à s'émanciper du mensonge, son joug. Le même soir, elle a rencontré Gamin. C'est à lui qu'elle avouera. Pendant une année d'agitation et d'inertie, elle prépare sa libération. Et parle, enfin. Le vingt et un août.
Résumé : " Jeanne M. parle une langue amputée, celle de ses parents. On ne nomme pas tout du monde. La chair, sauf si elle se mange, est imprononçable. Femme n'existe qu'en synonyme d'épouse. Jeanne M. lit en cachette l'encyclopédie médicale que sa mère a achetée à un représentant. Les descriptions, les croquis lui donnent des frissons. Elle sent comme une bête dans sa culotte. Ce sont les mots, là, bannis, remuants. Elle les chuchote devant un petit bout de miroir, regarde ses lèvres dire ce que sa main caresse. Sur les photos de classe, Jeanne M. tord un peu ses doigts, elle ne fixe jamais l'objectif, elle baisse les yeux, esquisse un sourire. Elle porte des chandails que sa mère lui tricote, des vêtements qu'elle passe à sa sueur. Jeanne M. a les cheveux châtains. Son immense regard vert clair lui donne un air inquiétant, mélancolique, rêveur. A l'école, sa sueur se bat pour elle, Jeanne M. ne se défend jamais. Elle ne dit pas où elle a mal, ne demande rien quand elle a faim. S'enfonce dans la sensation. "
Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
Résumé : "Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d'une pagaie en bois. MEXICO AUTENTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C'est peut-être le jour où j'ai vu, à l'aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak ! Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! A portée de notre monde, à portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d'un jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n'était donné qu'une image. Il n'était donné que le mensonge".
Résumé : "Je te vois dans le foyer, la superette, la salle de réunion, le bar-tabac, le couloir, le lit, la cuisine, la chambre, tes ongles ont jauni. Je te croise, ta barbe a encore poussé, je te vois à la cantine, tes vêtements et chaussures sont de plus en plus sales, je te vois partout." Des circonstances accidentelles ont plongé le soigneur de ménagerie Odradek et la bibliothécaire Suzanne dans un état d'amnésie partielle, sinon un désir vital de se déprendre de leur passé. Rien ne les destinait à se rencontrer jamais. Et pourtant, au hasard de leur métamorphose, ces deux voix alternées esquissent de subtils échos, suivent à la trace des obsessions complémentaires, avant de s'oublier ensemble, au-delà des promesses de l'humaine normalité.
Résumé : Réfugiée chez sa vieille mère, Martine regarde des séries dans son lit sans rien faire. S'installe alors une régression en miroir, conflictuelle et fusionnelle, traversée d'autres épreuves : tentatives de suicide puis camisole chimique. A l'hôpital, Martine refuse de passer aux aveux pour guérir et se lance dans une archéologie de l'enfance politique : et si le trauma ne tenait pas à quelque secret de famille mais résultait des barbaries du XXe siècle ? La violence qui l'a sidérée serait ainsi la poursuite de la guerre par d'autres moyens. Au lecteur de faire la part ici de ce qui relève de la confusion mentale ou de l'extralucidité. Prenant les enjeux de ce psychodrame à contre-pied, Noémi Lefebvre donne à ce duo de femmes une vitalité burlesque, y compris dans les moments désespérés, et esquisse entre elles, in extremis, une complicité libératrice.