LE CHAT NOIR DU BOULEVARD ROCHECHOUARTUn soir de novembre 1881, une grande agitation règne boulevard Rochechouart. Rodolphe Salis fête joyeusement l'ouverture du Chat Noir, son cabaret. L'événement aurait pu passer complètement inaperçu, si, pour l'occasion, il n'avait invité tous ses amis, poètes et artistes et ne leur avait dit: «Je fonde un cabaret artistique boulevard Rochechouart, au 84. Voulez-vous assister au dîner d'ouverture?» Par curiosité et par amusement, beaucoup sont venus voir ce peintre à la barbe rousse qui a l'intention de devenir cabaretier. Et ce soir-là ce ne sont qu'éclats de rire, cris joyeux et chansons, bruits de verre qui résonnent dans tout le quartier.Rodolphe Salis a choisi délibérément le bas de la colline de Montmartre, un quartier de plus en plus animé, devenu, selon Willette, «l'asile des poètes, des artistes fuyant la mêlée des gens sérieux qui se débattent dans la boue des affaires», ce qui fait dire à Salis: Montmartre est «le cerveau du monde».Le lieu, au coeur d'un quartier en pleine effervescence, tout proche du bal de l'Elysée Montmartre où la Goulue déchaîne déjà le public chaque fois qu'elle danse, est bien choisi mais surprend. Pourquoi donc avoir quitté le quartier Latin et les frasques des étudiants pour le bas de la colline de Montmartre? Il est vrai que l'endroit n'est plus inaccessible, ni lointain. Le boulevard Rochechouart qui suit le tracé de l'ancien mur d'octroi récemment démoli a été aménagé. Un large terre-plein planté d'arbres sépare les deux chaussées où circulent les fiacres, et les Parisiens n'ont plus trop peur de s'y hasarder, rassurés par la lumière des quelques réverbères qui y sont installés.Non loin, place des Martyrs, au cirque Fernando, les clowns, les acrobates et la fameuse Miss Lala que Degas admire tant, attirent un très nombreux public. Un peu plus loin, la place Pigalle connaît une grande animation; la place est le terminus du nouvel omnibus Pigalle-Halle aux vins qu'empruntent beaucoup d'étudiants venant de la Rive Gauche; c'est aussi place Pigalle que se tient le lundi le marché aux modèles, car ces femmes que les peintres viennent choisir là sont bien souvent des blanchisseuses du quartier de Jussieu. Quant aux bourgeois venus boire un verre à La Nouvelle Athènes et au Rat Mort et vivre les interminables discussions des peintres de leur génération, des habitués de ces cafés, ils prennent aussi le Pigalle-Halle aux vins.Sur la Butte, il a toujours existé une tradition de bals, de guinguettes, et les Parisiens ont depuis longtemps pris l'habitude de venir danser au Moulin de la Galette. Après la guerre de 1870 et surtout dans les dernières décennies du siècle, de nombreux cafés s'installent de chaque côté des boulevards. Les cafés vont faire la renommée de ce quartier dans les dernières années du siècle. Assurément leur rôle dans la vie des Parisiens est très important.À quelques pas du boulevard Rochechouart, avenue Trudaine au coin de la rue des Martyrs, il y a La Grande Pinte où Salis a ses habitudes. Salis aime l'ambiance de ce café dont les murs sont couverts de palettes, celles de Manet, Pissarro, peut-être Sisley. Cela lui rappelle le décor des ateliers d'artistes: banquettes de velours d'Utrecht, grandes tables et chaises en bois et beaucoup d'objets sur les meubles et aux murs. La rencontre de Rodolphe Salis et d'Emile Goudeau, accompagné de quelques Hydropathes, s'est passée là dans ce décor de la Grande Pinte fin novembre 1881. Dans Dix ans de Bohème, Goudeau raconte la fameuse soirée avec Salis: «J'étais assis depuis quelques minutes lorsqu'une joyeuse bande fit une entrée. C'étaient quelques Hydropathes montmartrois, le peintre René Gilbert, le géant Parizel et celui-ci et celui-là; ils vinrent s'asseoir, près de moi. Tout à coup Gilbert me dit en désignant un jeune homme robuste blond fauve qui les accompagnait:«Tu ne connais pas Rodolphe Salis?- Non, fis-je- Vous n'êtes jamais venu aux Hydropathes?- Jamais, je fais de la peinture à Cernay, loin des rumeurs de la ville répond l'homme.»À la Grande Pinte Salis est fasciné par la personnalité accueillante du propriétaire, un certain Laplace, un homme original, marchand de tableaux, et de plus, habitué des ateliers qui a su réunir peintres et les poètes. Il aurait dit un jour à sa concierge: «Voici cent sous pour ne jamais me dire bonjour, ni bonsoir.»
Date de parution
05/06/2007
Poids
700g
Largeur
150mm
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EAN
9782051020374
Titre
LE CABARET DU CHAT NOIR A MONTMARTRE (1881-1897)
ISBN
205102037X
Auteur
OBERTHUR MARIEL
Editeur
SLATKINE
Largeur
150
Poids
700
Date de parution
20070605
Nombre de pages
0,00 €
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C'est en Normandie près du Haras du Pin que vivait depuis longtemps le cheval du Merlerault devenu l'anglo-normand, un cheval de demi-sang très apprécié. Cette transformation s'est faite en une trentaine d'années, entre 1828 le règne de Charles X et sa conécration en 1863 par Napoléon III. De simple carrossier cheval de guerre, il devient apte à la course surtout au trot à un moment où le pur sang avait seul le droit de courir sur les hippodromes parisiens en pleine anglomanie. Il s'en est suivi de nombreuses querelles et débats sur l'amélioration de cette nouvelle race anglo-normande, soutenue par Achille Perrier de la Genevraye, par des éléveurs et aussi par la volonté de plusieurs directeurs du Haras du Pin. Cette histoire de la naissance de cette nouvelle race de demi-sang, l'anglo-normand, voulue par Napoléon 1er, s'inscrit dans celle de l'élévage francais qui a rayonné jusqu'en Prusse et en Russie.
La passion, d'Edgard Degas pour les chevaux est connue et ses représentations de pur-sang, de jockey au départ et de courses hippiques se trouvent aujourd'hui sur les murs des plus grands musées et des collections particulières les plus prestigieuses. Mariel Oberthür nous livre ici le résultat d'années de recherches menées afin de comprendre le travail très particulier, presque scientifique, conduit par Degas pour maîtriser, puis parfaire ses représentations de sujets hippiques. L'étude de l'ensemble des carnets de croquis et dessins, conservés à la Bibliothèque nationale, montre que Degas procédait à des modelages de figurines en cire dont on retrouve ensuite les sujets dans ses huiles, pastels, gouaches et fusains. Ce travail permet aussi de démentir l'idée courante selon laquelle il s'inspirait des photographies de Marey et Muybridge publiées en 1881, le corpus de l'oeuvre de Degas étant antérieur à celles-ci. L'étude approfondie d'une toile récemment localisée, permet de comprendre les techniques de travail de l'artiste. Comme avec les représentations de danseuses qui ont fait sa renommé, les chevaux de Degas nous permettent de saisir sa quête perpétuelle du mouvement, qu'il inscrit non seulement dans ses figures, mais également dans l'ensemble de la scène qu'il représente. Enfin on comprend pourquoi la découverte de plâtres des dix-sept chevaux et jockeys a permis de fondre en 2008 et 2010 des bronzes plus proches des cires originales que ceux réalisés en 1919-1920.
Ce livre, fruit d'une " rupture douloureuse " vécue dans la foi au Christ Chemin de Vie, convie à une rencontre : celle de Jésus au cours de sa Passion. L'auteur invite les pécheurs pardonnés que nous sommes " à suivre la Passion de Jésus pour pouvoir vivre la nôtre ". Sa méditation mûrie des évangiles nous mène à contempler le mystère de la croix du Christ et à découvrir le sens de la croix qu'à la suite de Jésus nous avons à porter. Sa prière puisée au trésor des Ecritures nous pousse à ouvrir nos coeurs pour croire à l'amour incroyable de Dieu. Préfaçant ce livre, Mgr Albert Rouet écrit : " Marie-France Oberthür ose proposer un nouveau texte sur le chemin de croix. Justement, il est une marche, pas à pas, donc à reprendre en chaque vie... Ies mots écrits tracent comme des pas vers un même but. Une marche, une piste pour apprendre à suivre le Christ... Un poème évoque, au-delà des mots et des images, une source secrète, humble mais inépuisable. Ces mots si fragiles donnent envie de s'unir au chemin du Christ... Le poème conduit au matin de Pâques, en cette aube de vie d'où proviennent son élan et son attrait. "
1915-1918 : témoignage laissé par un tout jeune combattant de dix sept ans, engagé volontaire dans l'Infanterie pour la durée de la guerre, vécu au fil des étapes que furent le front en Champagne, puis Verdun dont il réchappe presque seul, blessé, relevé par les Allemands et retenu prisonnier dans le camp de représailles de Lechfeld en Bavière. Après plusieurs tentatives d'évasion vouées à l'échec, Henri Oberthür est finalement interné en Suisse pour ne retrouver la liberté qu'en 1918. Témoignage émouvant que reflètent les lettres à ses parents comme la cinquantaine de merveilleux dessins pleins d'humour et de réalisme de son calepin"En Bochie" qu'il a pu faire en captivité.