Salut! Comment va!Un bel homme baraqué, un mètre quatre-vingt-dix, vingt-cinq, trente ans, un Blanc de sexe masculin comme le notera le premier rapport de police, bâti en borne d'incendie, une allure de sportif ou d'ex-sportif, la taille très légèrement empâtée, mais dans une forme superbe, une statue de bronze en mouvement, bras vigoureux au va-et-vient de piston, longues jambes musclées, muscles des mollets ciselés, il file sur le sentier de copeaux humides le long de l'arboretum universitaire vers 18 heures un jeudi soir et voici qu'arrive en sens inverse une joggeuse, petite quarantaine, visage en feu, yeux baissés, cheveux bruns entretissés de fils gris arachnéens, une coureuse médiocre, lèvres charnues entrouvertes, bras raides, sweatshirt riquiqui décoré d'un chat-tigre décoloré, seins respectables tressautant au rythme de sa course, de même que tressautent légèrement ses joues, ses hanches sous le trainer carotte, voici Madeline Hersey, le regard rivé sur le sentier devant elle, Madeline a la manie exaspérante de fixer le sol quand elle court, indifférente à l'arboretum qui en ce mois de mai est pourtant éblouissant, cornouillers blancs, cornouillers roses, forsythias jaune vif, Madeline est technicienne de laboratoire chez Squibb, perdue dans un labyrinthe de pensées enchevêtrées (carrière, amant, enfant «mal-apprenant» de l'amant), tirée en sursaut de sa rêverie par le salut retentissant amical-agressif Salut! Comment va! décoché comme une tape joueuse sur les fesses à l'instant où le grand joggeur baraqué passe près d'elle lui jetant un regard fugitif, un large sourire amusé, et Madeline est déstabilisée, Madeline bafouille Bien, merci mais le coureur n'entend pas, il est déjà loin, le voici maintenant sur le sentier gravillonné derrière l'hôpital universitaire, sur le chemin de halage herbeux du vieux canal, dans la verdure luxuriante du parc de l'université Dells où, de la fin de l'après-midi au crépuscule, des joggers courent seuls et en couples, par groupes de trois ou plus, coureurs de fond du lycée voisin, étudiants, hommes et femmes aux cheveux blancs, et à tous le joggeur en tee-shirt moulant jaune moutarde, short bleu marine découvrant les muscles ciselés de ses cuisses, Nike taille 46, lance Salut! Comment va! d'une voix de stentor affable, Salut! Comment va! et un éclair de grandes dents chevalines, longues jambes, bras au mouvement régulier de piston, il a pour habitude de s'approcher par-derrière d'un joggeur solitaire, une femme peut-être, une jeune fille, ou un homme d'un «certain âge» comme il y en a tant parmi les universitaires (quarante, cinquante, soixante ans et plus), parfois un type plus jeune, trempé de sueur, respirant par la bouche, Nike taille 46 frappant le sol comme des maillets, Salut! Comment va! tirant brutalement Kyle Lindeman de ses rêveries érotiques, tirant brutalement Michelle Rossley de ses pensées angoissées, et Diane Hendricks, une sportive au lycée, dix kilos de trop aujourd'hui, divorcée, sans enfant, remâchant une dispute avec une amie, Dieu qu'elle est en colère! hors de question qu'elle rappelle Ginny, cette fois! s'efforçant de calmer le flot bouillonnant de ses pensées, s'efforçant de respirer zen, inspiration, expiration, inspiration, et faisant soudain irruption dans cette rêverie une silhouette en mouvement, un grand type baraqué qui fonce sur elle, vers elle, entre dans son champ de vision, d'instinct Diane se déporte sur la droite pour lui faire place, espère que ce n'est pas quelqu'un qu'elle connaît, quelqu'un qui la connaît, tâche de ne pas le regarder, un type grand, baraqué, une bonne centaine de kilos, fait de la musculation, sûrement un sportif ou un ex-sportif, un frisson d'excitation sexuelle la parcourt, ou peut-être un frisson d'appréhension sexuelle, au moment même où retentit un Salut! Comment va! sonore et amusé, comme un coup de coude dans le sein gauche de Diane, et l'inconnu passe en faisant trembler le sol, une odeur de sueur mâle dans son sillage, une sueur acre salée et l'impression fugitive de grandes dents luisantes découvertes par un sourire stupide, ou peut-être une parodie de sourire, un sourire de tête de mort? - déstabilisée, intimidée et trébuchante, Diane parvient à bégayer Bien, je vais bien (...)
Leah s'effondre : qui lui a arraché Marissa, sa princesse blonde comme les blés ? Depuis que Bébé est née, Jessica n'existe plus, alors le chat lui souffle des idées terrifiantes. Piégé dans le cimetière de Bersabée, Brad est à la merci d'un fantôme du passé. Oserez-vous rejoindre ces personnages dans leurs cauchemars éveillés ...
2039. Adriane vit dans une Amérique totalitaire : quiconque sort de la norme est immédiatement supprimé. Imprudente et idéaliste, major de sa promotion, la jeune fille commet l'erreur de vouloir briller lors de son discours de fin d'études. Elle est immédiatement arrêtée et télétransportée quatre-vingts ans plus tôt. Forcée d'adopter une nouvelle identité, elle lutte pour se souvenir de son passé. Jusqu'au jour où elle rencontre un autre = exilé du futur D.
Un thriller magistral sur les secrets et les mensonges d'un écrivain à la double vie. Mon nom est Andrew J. Rush. Ici à Harbourton, je suis une célébrité. Mon ascension fulgurante, celle d'un enfant du pays devenu un écrivain à succès, est connue de tous. Mais ils ignorent que leur cher « Andy » est aussi le Valet de pique, ce mystérieux auteur de romans noirs, violents et pervers. Ce secret, je l'emporterai avec moi dans la tombe. Au risque d'être pris à mon propre jeu. « Un thriller gothique redoutable où Joyce Carol Oates met en scène la part inavouable et les hantises fatales du métier d'écrivain. » François Angelier, Les Émois, France Culture Joyce Carol Oates est née aux États-Unis en 1938. Auteure d'une ?uvre considérable, membre de l'Académie américaine des arts et des lettres, elle a reçu de nombreuses distinctions dont le National Book Award pour Eux, le prix Femina étranger 2005 pour Les Chutes, et le prix Jérusalem 2019. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude Seban
Elle c'est Ursula - Parce qu'elle est grande, très grande, mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle. C'est pourtant, à seize ans, une belle fille, intelligente et d'une volonté peu commune. Solitaire, indépendante, elle ne ressemble pas aux autres. Lui c'est Matt - Doué, drôle, c'est un garçon brillant, apprécié de tous. Il aime faire rire, il parle haut et fort. Trop parfois. Le jour où il a menacé de poser une bombe au lycée, Matt plaisantait. Mais les événements s'enchaînent, prenant une tournure de plus en plus dramatique soupçonné, accusé, isolé, il voit sa vie devenir peu à peu un enfer. Seule Ursula ne cède pas à la rumeur... A travers une histoire simple, cruellement d'actualité, Joyce Carol Oates dépeint avec sensibilité et force - non sans humour - une société en butte au conformisme et à l'hypocrisie.
Couples fracassés, divorces, séparations : les histoires d'amour finissent mal en général. En quelques décennies, une ritournelle amusée des années 1980 est devenu une loi de la conjugalité ordinaire. Denis Moreau, philosophe, marié, amateur éclairé de rock'n'roll et lecteur intime de l'Evangile, se demande comment préserver nos amours des forces de destruction qui les menacent. Tour à tour tragique, corrosif et tendre, il analyse le mariage non comme un devoir ou une institution dépassée, mais dans ce qu'il considère être son sens et sa valeur : une réponse convaincante à la question "comment réussir sa vie ?". On connaissait les romans et les lettres d'amour. Voici un essai d'amour, écrit avec la conviction qu'il peut y avoir de grandes et belles choses dans nos histoires d'amour conjugal, en général.
Grenoble, une chambre d'hôtel, décembre 2015. Hélène n'arrive pas à trouver le sommeil. Dans deux jours, elle sera appelée à comparaître, et des souvenirs occultés depuis trente ans resurgissent : cette nuit du 14 juillet 1984, la nuit de "l'accident", elle avait 16 ans. On l'a retrouvée, laissée pour morte, au fond d'un ravin. Sa vie défile avec les blancs et les mensonges. Alors Hélène écrit...
Les trois essais qui composent ce livre constituent la synthèse des recherches poursuivies par Lorenz dans le domaine de la biologie du comportement, et pour lesquelles le prix Nobel de médecine et physiologie lui a été décerné en 1973. S'appuyant sur des observations précises, Lorenz donne à l'éthologie son premier contenu scientifique positif. Il souligne la continuité des sociétés animales et humaines et montre les prolongements philosophiques de son étude de l'instinct.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
L'Andorra du roman obsédant de Peter Cameron est inspiré d'une principauté isolée dans les Pyrénées. Transformée en un paradis éclaboussé de soleil, chacun y a quelque chose à cacher. C'est là que vient Alexander Fox, pensant y trouver réconfort et refuge, alors qu'il n'y rencontre que des souvenirs inquiétants de son passé. Andorra est un roman brillant et inventif sur le mensonge, le désir, et la tromperie de la mémoire.
Ce volume constitue une occasion de lire un texte à la fois plus complet et plus proche del'original que le manuscrit qui constituait, pour l'auteur, une sorte de mémoire de ses jeunesannées d'écrivain à Paris. Au cours de l'été 1957, il commença à travailler sur les « Vignettes parisiennes », comme il appelait alors le livre. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l'été 59, puis à Paris, à l'automne de cette même année. En novembre 59, Hemingway avait terminé la première version d'un texte auquel il ne manquait qu'une introduction et le dernier chapitre. Paris est une fête fut publié de manière posthume en 1964; il concerne les années parisiennes 1921 à 1926. Pendant les trois années, ou presque, qui s'écoulent entre la mort de l'auteur et la première publication de Paris est une fête, le manuscrit subit d'importants amendements de la main des éditeurs, de Mary Hemingway et de la maison Scribner. Quelques textes que Hemingway avait prévu d'inclure dans l'ouvrage ont été supprimés, tandis qu'ont été ajoutés d'autres fragments, qu'il avait certes destinés à cet ouvrage mais n'avait finalement pas retenus. Se trouve aujourd'hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu'il était au moment de la mort de l'écrivain en 1961.
A Santa Fe, les clients de "La Posada" sont formels : l'hôtel est hanté. Le fantôme de Julia Staab, une émigrante juive-allemande ayant vécu au XIXe siècle, existe bel et bien. De son visage blême émane une aura de tristesse. De quel outrage son spectre réclame-t-il justice ? Nul ne le sait. Sauf Hannah Nordhaus, son arrière-arrière-petite-fille qui part sur les traces de son ancêtre et honore sa mémoire. Un dernier hommage qui, peut-être, permettra à Julia de trouver le repos éternel.
Dans un quartier populaire de Londres, deux petites filles métisses nouent une relation fusionnelle autour d'un même rêve : devenir danseuses. Mais seule Tracey, la plus effrontée, a du talent. L'autre possède des idées : sur le rythme et le temps, les corps et la musique noire, ce que signifie appartenir, ce que signifie être libre. Leur amitié explosive s'interrompt brusquement au début de la vingtaine. Empruntant des chemins différents vers un destin qu'elles imaginent lumineux, chacune s'égarera pourtant en route. Débordant d'énergie, d'humour et d'émotion, Swing Time raconte les espoirs et les désillusions de ceux qui suivent la danse et de ceux qui la mènent.