Ce matin-là, de bonne heure, Ernest des Ombiaux fut saisi par un pressentiment. Dans le cadre de la fenêtre, une lueur commençait à faire apparaître la ligne brisée des toits du côté de la montagne - Sainte Geneviève. L'écrivain se rappela que les anciens donnaient à ce point du jour le nom de crépuscule, et la menace se précisa. Ce crépuscule-là serait sans doute le dernier. Du fond de son fauteuil, les narines pincées par les mains jointes, les narines pincées par les mains jointes devant son visage, il observa Max qui s'était déjà installé sur le bureau d'acajou, jambes croisées à la manière d'un magot. - Dans les Confessions, dit le maître - pour dire quelque chose et de la voix bourdonnante qui lui était venue avec l'âge -, saint Augustin fait observer que si rien ne passait, il n'y aurait point de temps passé. Et que si rien ne survenait... - ... Il n'y aurait pas de temps à venir. - Et comment le sais-tu ? grogna le vieil homme qui se sentait privé d'une parcelle de son magistère en même temps qu'il était engagé dans une discussion qu'il n'avait pas souhaitée. - Je le sais parce que vous le savez, répondit Max, la tête inclinée le regard bas.
Nombre de pages
191
Date de parution
04/06/1999
Poids
140g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782742716777
Titre
LA FEMME DU BOTANISTE
Auteur
Nyssen Hubert
Editeur
ACTES SUD
Largeur
110
Poids
140
Date de parution
19990604
Nombre de pages
191,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les silences de mon père font maintenant dans ma tête un vacarme à ne plus entendre le mistral secouer les platanes. De son vivant, cet homme ne laissait rien paraître des crai craintes ou des plaisirs qui auraient pu l'agiter. Ses opinions passaient en demi-teintes, ses ordres à demi-mots, et son ombre avait plus de présence que lui. Aussi quand, pa par aventure, l'autre jour, j'ai découvert ses carnets et me suis engagé dans leur lecture, quand le rideau s'est alors ouvert sur des tréteaux où, méconnaissable, feu Nicolas Mouratov paradait avec une valseuse appelée Aurélie, le vacarme a commencé". Qui était ce Nicolas Mouratov dont les carnets font soudain pareil vacarme ? Comment le chimiste rangé, apiculteur à ses heures, sédentaire sans histoire, est-il devenu l'aventurier qui se précipite avec la jeune Aurélie dans une aventure cruelle ? Les carnets révèlent-ils la vérité de sa vie ou la nécessité d'une fiction ? Ce roman d'Hubert Nyssen, où se livre un véritable corps à corps entre le fils vivant et le père mort, vient après quelques autres, parmi lesquels Des arbres dans la tête, Eléonore à Dresde, Les ruines de Rome.
Entre le moment où l'auteur dépose le mot fin sur la dernière page de son manuscrit et celui ou le premier lecteur ouvre le livre, le texte est pris en main, habillé, commenté, investi de telle manière que le sens - au nez mais à l'insu de beaucoup - se trouve modifié. Par ses interventions, l'éditeur tient certes un rôle actif dans cette transformation car aucun texte ne se présente nu au lecteur, au libraire, au critique, aucun ne va sans préparatifs au devant des exigences de la commercialisation et de la médiatisation. Mais le " paratexte ", talonné par de multiples ambitions, échappe souvent aux réglages et, de surcroît, le texte est soumis, parfois même avant sa parution, aux irradiations de l'argent et des idées reçues (sur le temps, le langage, la modernité, etc.). Voici un ouvrage qui, précisément, montre comment et pourquoi ce qui est proposé au lecteur est une autre chose que ce qui a été écrit par l'auteur. Et qui invite en même temps à la traversée, entre texte et livre, d'un territoire éditorial peu exploré.
La mort de ma mère ne me délivrait pas d'elle. Pour sortir du labyrinthe où elle m'avait enfermé, que me fallait-il...un autre regard ? un confesseur ? un juge ? ou un élagueur ? C'est par cette association d'images qu'est remontée en moi une résolution qui m'avait parfois effleuré. J'irais voir, me suis-je dit l'un de ces jardiniers prompts à tracer des allées royales dans les souvenirs, habiles à disposer les passions en espalier et les angoisses en quinconce, l'un de ces paysagistes que ma mère disait capables par leur silence de transformer votre jungle en un jardin à la française, et qu'elle se refusa toujours de fréquenter. "
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
Au milieu de la forêt se cache un dôme mystérieux. Couverte d'aiguilles et de sable, c'est la maison de milliers de fourmis. Tant de choses se passent là-dedans ! Où vont les fourmis ? Peux-tu suivre leur chemin ...
George Sand découvre Tamaris, petite bourgade provençale de la commune de La Seyne-sur-Mer, et s'enthousiasme pour le caractère sauvage et rustique du paysage. Michel Pacha (1819-1907), après avoir été directeur des phares et balises de l'Empire ottoman, constructeur des quais et docks de Constantinople, transforme le lieu en ville de saison. Il achète les terrains, comble les marécages, édifie son château entouré d'un somptueux jardin. Il bâtit un décor qui suggère le voyage : palais italiens, chalets suisses, maisons orientales ; en front de mer, il plante le Grand Hôtel et le casino et, presque sur l'eau, l'Institut de biologie marine. Il aménage les accès terrestres et maritimes et exploite toutes les ressources du territoire. Dans son principe d'élaboration d'un paysage urbain harmonieux, Tamaris associe le jardin et la ville et annonce l'optique des cités idéales du XXe siècle. Au carrefour de l'orient et de l'Occident est née une architecture de la Méditerranée.