Critique N° 827, avril 2016 : Langue française : le chagrin et la passion
North Xavier ; Jenny Laurent ; Hoquet Thierry ; Sa
MINUIT
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EAN :9782707329684
L'avilissement de la langue française est un leitmotiv du discours décliniste. Voyez comme elle est déchue, nous répètent essayistes et gazetiers ! Malmenée, maltraitée, outragée par les Français eux-mêmes ; et de par le monde, délaissée, de plus en plus ignorée, de moins en moins désirée. Nous avons voulu rompre avec cette antienne. Car il suffit de s'éloigner du mur des lamentations médiatiques pour constater qu'il y a aujourd'hui des écrivains, des linguistes, des philosophes, des sociologues, des historiens, en France et hors de France, qui posent de manière neuve la question du français, de son état et de son statut. Ils, elles le font sans complaisance ni masochisme. Sans renier, ni dénier la part d'émotion qui colore leur rapport à cette langue, mais sans céder non plus aux mirages nostalgiques ni aux déplorations pathétiques. Entre Alain Borer et Xavier North, Jean-Marie Klinkenberg et Laurent Jenny, Michèle Causse, Katy Barasc et Thierry Hoquet, Pascale Casanova et Tiphaine Samoyault, ce numéro ouvre non pas un, mais des dialogues - complices, complexes, critiques, polémiques. Avec pour point commun le beau souci de ne pas parler du français sur un ton chagrin.
Nombre de pages
100
Date de parution
08/04/2016
Poids
115g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707329684
Titre
Critique N° 827, avril 2016 : Langue française : le chagrin et la passion
Auteur
North Xavier ; Jenny Laurent ; Hoquet Thierry ; Sa
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
115
Date de parution
20160408
Nombre de pages
100,00 €
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Quand en 1549, Joachim Du Bellay fait paraître La Défense et Illustration de la Langue française, il entend, on le sait, affirmer la «vénusté et dignité» du français face au grec et au latin, mais aussi combattre le «Monstre Ignorance» et surtout assigner aux poètes la tâche de refonder et d'enrichir une langue tenue pour «vulgaire et barbare». Autres temps, autres barbaries, autres combats mais peut-être même nécessité et même devoir : ne revient-il pas aujourd'hui aux écrivains, aux poètes, face à la domination d'une langue «moyenne» hâtive et désinvolte, asservie aux visées manipulatrices de la communication, de maintenir et de refonder sans cesse une langue affranchie, de revendiquer, par objection souvent, le droit à la nuance, au subtil, à la densité et à l'imprévu ? Dans cet ouvrage qui fait écho au manifeste de Du Bellay, onze poètes évoquent, analysent et confrontent en toute liberté leur attachement à la langue française : François Cheng, Jacques Roubaud, Michel Deguy, Alain Borer, Jacques Réda, Marie-Claire Bancquart, Michel Butor, Silvia Baron Supervielle, Tahar Ben Jelloun, Vénus Khoury-Ghata, Marcel Moreau.
En interrogeant des artistes israéliens sur la question de l'identité israélienne, c'est bien entendu le lien de cette identité à l'histoire de l'Occident, d'une part, au passé et à l'actualité de la Palestine, d'autre part, que ce livre propose d'évoquer. Loin de tout esprit partisan, de toute langue de bois. Mêlant la réflexionau récit autobiographique, ces artistes ont à c?ur defaire connaître et comprendre l'équilibre - subtil etdifférent pour chacun d'eux - entre le sentimentd'appartenir à une nation et le souci de préserverleur rapport séculaire à l'autre et à l'universel. A l'heure où la haine ne cesse de gagner du terrain, où l'horizon de la paix semble reculer chaque jour, il est important et salutaire d'écouter leurs voix parler d'espoir et de respect de l'autre.
Giblin Béatrice ; North Xavier ; Lacoste Yves ; Ma
Ce numéro est le résultat d'un colloque international que l'Institut français de géopolitique a organisé en novembre 2006 à l'occasion du centenaire de la naissance de Léopold Sedar Senghor, qui fut un des précurseurs, avec Aimé Césaire, de l'appropriation de la langue française perçue comme un outil intellectuel propice au développement de son peuple. Ce fut une volonté explicite d'assimiler la liberté et la force offertes par une grande langue pour ne pas être assimilé par la société d'origine de cette langue, la France. La mise en place des institutions de la francophonie a d'ailleurs été impulsée à partir de ces pays, pour lesquels la langue française représentait une ouverture de soi vers le monde et du monde vers soi. Pourtant, alors même que se consolide l'édifice de la francophonie, on peut se demander si le français représente toujours une ouverture vers le monde, et quel type d'ouverture, du fait de l'expansion de l'influence culturelle et économique de la société américaine. L'usage actuel de la langue française dans de nombreux pays, contre parfois la volonté de leurs dirigeants, comme en Algérie, a des résonances politiques et culturelles qui sont à explorer pour mieux comprendre non seulement les rapports de la langue française au monde, mais aussi, ou surtout, l'inscription de ces sociétés francophones dans l'universalité contemporaine.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.