Consacré à la décennie 1990-1999, le quatrième tome du journal de Paul Nizon témoigne de la profusion de ses sources et révèle la diversité de ses inspirations. S'il a atteint l?âge de la maturité et de la consécration, il n'en reste pas moins un créateur en perpétuel devenir, toujours à la recherche de la forme d'expression la plus juste. Paul Nizon est à présent un auteur reconnu, récompensé par de nombreux prix prestigieux et enfin honoré par la publication de ses oeuvres complètes en allemand en sept volumes. Ni l?âge ni la gloire n'interrompent pourtant sa quête artistique, son existence restant toute entière dédiée à l'art littéraire. De jour en jour s'impose à l'auteur le besoin de mettre des mots sur le monde pour mieux le comprendre ou tout simplement le faire sien. Mais Paul Nizon rend aussi compte de ses voyages, en Toscane, à Madrid, à Alger, en Allemagne, aux Etats-Unis, à l'occasion de lectures ou bien en compagnie de ses proches. Il aime être en partance. Sa double appartenance suisse et française est d'ailleurs évoquée dans ce tome. Pour la première fois, il livre les questionnements engendrés par son double héritage linguistique. Les notes prises au cours de ces dix années retracent la genèse de son roman Chien. Confession à midi. Un travail de longue haleine, commencé en 1992, abandonné pour un temps, puis repris en 1997 pour finalement paraître simultanément en Allemagne et en France en 1998. L'année 1994 sera jalonnée de longs séjours à Bergen-Enkheim, commune dont il a été élu Ecrivain d'honneur. C'est aussi l'année de la parution de L??il du coursier, texte qui tient une place importante dans son Journal. Aux souvenirs d'enfance, de jeunesse et de sa vie de famille d'autrefois se mêlent des méditations plus générales sur ses relations avec les femmes. En érudit passionné par toutes les formes d'art et par les artistes eux-mêmes, il dissémine au fil du Journal ses propres analyses de films (Fellini), ses réflexions sur la musique et bien sûr celles sur les lectures qui accompagnent le processus d?écriture. Dans ce volume, il revient aussi sur le rôle fondamental des journaux dans le processus créatif, les définissant comme l??Autre face? de ses livres. Plutôt qu'une ?uvre achevée, Paul Nizon nous donne ici à voir un ?déballage impitoyable?, un portait de l'artiste au travail, en plein chantier. L'auteur lui-même présente son journal comme ?des coups d'oeil dans l'atelier de l?écrivain?, pour reprendre les termes de Wend Kässens, qui explique dans sa postface que ?le titre Les Fiches du coursier renvoie aux milliers de pages de journal qui sont le fruit du travail créateur de Paul Nizon sur le texte littéraire, le précèdent, l'accompagnent et le complètent?. Les textes publiés ici ne représentent qu'une partie de cette activité d?écriture, la plus passionnante pour le lecteur.
A la fois cheminement et butin d'un homme qui "marche à l'écriture", voici d'abord Mes Ateliers, court traité d'autopoétique, où Paul Nizon serre au plus près le secret de son mécanisme créatif. Et aussitôt, comme une partition écrite au rythme bruissant et imprévisible de Paris, une suite de parcours, trajets, promenades, réflexions, fantasmes... Sous son oeil du coursier, Nizon capture des instants précieux, des essences rares, une mirifique provende d'éclats de vie qu'en alchimiste de l'autofiction il transforme immédiatement en prose libre. On en jugera ici : du théoricien à l'artiste - et réciproquement - c'est toujours le même fluide, la même musicalité. Le talent de Nizon est un art du mouvement, une effervescence des mots et de la vie. Dans ce petit volume en forme de mode d'emploi, "l'enchanteur Nizon" a ciselé une clef essentielle de son oeuvre.
Plus encore qu'un fils de Céline ou d'Henry Miller, le Nizon de L'Année de l'amour apparaît comme un cousin germain du Roquentin de La Nausée. Un Roquentin plus rieur, qui nous livrerait en direct ce livre de salut qu'il envisage d'écrire après avoir abandonné la biographie de Rollebon. (...) Ces pages à l'allégresse cabriolante prouvent qu'en littérature la musique est faite de rythmes, de phrasé, d'orchestration des thèmes, de tempo. (...) L'Année de l'amour est le livre le plus musical que je connaisse. Musical, pictural aussi (ces couleurs de toile cubiste), et existentiel, que demander de plus? Il y a des gens qui apprennent l'allemand pour lire Freud dans le texte. Il y en aura, stimulés par l'amoureuse traduction de Jean-Louis de Rambures, qui apprendront cette langue pour s'incorporer la musique de Nizon tout à fait.
Plus encore qu'un fils de Céline ou d'Henry Miller, le Nizon de L'Année de l'amour apparaît comme un cousin germain du Roquentin de La Nausée. Un Roquentin plus rieur, qui nous livrerait en direct ce livre de salut qu'il envisage d'écrire après avoir abandonné la biographie de Rollebon. (...) Ces pages à l'allégresse cabriolante prouvent qu'en littérature la musique est faite de rythmes, de phrasé, d'orchestration des thèmes, de tempo. (...) L'Année de l'amour est le livre le plus musical que je connaisse. Musical, pictural aussi (ces couleurs de toile cubiste), et existentiel, que demander de plus? Il y a des gens qui apprennent l'allemand pour lire Freud dans le texte. Il y en aura, stimulés par l'amoureuse traduction de Jean-Louis de Rambures, qui apprendront cette langue pour s'incorporer la musique de Nizon tout à fait.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
Un contrôle fiscal, un appartement fouillé dans ses moindres recoins, des lettres et documents personnels, accumulés depuis des décennies, épluchés : voilà qui réveille chez la narratrice colère et désir impérieux de revisiter sa propre existence, les histoires des vivants et les histoires des morts — des morts, surtout. Pour la première fois, celle qui se désigne comme "la dernière des Jelinek " assène au lecteur des éléments de sa biographie relatifs à sa famille juive exilée, déportée ou assassinée sous le nazisme. Parallèlement, elle mène une enquête implacable sur les flux mondiaux de capitaux, le profit que les Etats tirent encore aujourd'hui des biens juifs spoliés. Elle dresse un réquisitoire sévère contre les sociétés autrichienne et allemande, l'hypocrisie, le passé criminel non assumé, l'antisémitisme latent. Et, plus que jamais, contre le culte omniprésent de l'argent, qui favorise tous les stratagèmes de blanchiment, d'évasion fiscale et de fraude généralisée. Le récit, véritable tour de force d'écriture, maniant humour noir ravageur, jaillissement d'images et d'invectives, associations et jeux de mots virtuoses, renoue avec les oeuvres les plus virulentes de l'autrice.
Printemps 1945. Sur l'île d'Amrum, en mer du Nord, la guerre semble lointaine malgré les bombardiers qui sillonnent le ciel. Du haut de ses dix ans, Nanning n'a qu'une vague idée des orages d'acier que brave son père sur le continent. Les contours de son monde se résument aux dunes, aux prés-salés et aux vastes étendues de bruyère. Mais l'île, privée de ravitaillement, est minée par les tensions et sa petite communauté divisée par la guerre. Jour après jour, Nanning lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. Il chasse, pêche et troque, affrontant un quotidien toujours plus rude. Alors que la défaite du Reich devient inévitable, il découvre à ses dépens que les siens ne sont pas du bon côté de l'Histoire. Porté par la beauté sauvage d'Amrum, ce roman d'apprentissage résonne comme lm hymne aux paradis perdus.