
Cloîtrées. Filles et religieuses dans les internats de rééducation du Bon-Pasteur d'Angers, 1940-199
La congrégation du Bon-Pasteur d'Angers trouve ses origines dans le XIXe siècle des industries et des promiscuités urbaines. Pour cet ordre religieux, il s'agit de prendre en charge les jeunes filles des classes populaires considérées comme à protéger, dangereuses ou "incorrigibles" . Contrairement à leurs homologues des classes aisées, les filles de familles modestes grandissent dans un environnement fait de libertés et de menaces. Congrégation issue du mouvement eudiste qui se destine au relèvement des prostituées "repenties" , le Bon-Pasteur entend les protéger. En France, le Bon-Pasteur occupe rapidement une position de quasi-monopole dans la rééducation des filles jusqu'aux années 1960. Par la voie de la justice, l'Etat devenu républicain et laïc, délègue aux congrégations religieuses le soin de corriger les "mauvaises filles" afin de leur permettre "de contracter des habitudes d'ordre et de travail propres à les ramener à la vertu" . Ainsi, 8000 enfants sont passées entre les murs du couvent de la seule maison-mère d'Angers entre 1940 et 1991, date de sa fermeture. Contestées de toutes part au tournant des "années 68" , y compris par les jeunes elles-mêmes, ces institutions entrent en crise pour mourir à petit feu. Un modèle moral, éducatif et économique a vécu, sans être à même de se réformer à travers le temps. Ce modèle marque pourtant de son empreinte la vie de dizaines de milliers de jeunes filles. Pour la première fois, les archives de la congrégation se sont ouvertes : archives publiques et archives privée, permettant de documenter la vie de cette congrégation entre 1940 et 1990. L'ouvrage se situe au croisement de l'histoire de la justice des mineures et de l'histoire des déviances juvéniles dans une perspective de genre.
| Nombre de pages | 326 |
|---|---|
| Date de parution | 16/05/2024 |
| Poids | 522g |
| Largeur | 155mm |
| EAN | 9782753595958 |
|---|---|
| Titre | Cloîtrées. Filles et religieuses dans les internats de rééducation du Bon-Pasteur d'Angers, 1940-199 |
| Auteur | Niget David ; Quincy-Lefebvre Pascale ; Marais Jea |
| Editeur | PU RENNES |
| Largeur | 155 |
| Poids | 522 |
| Date de parution | 20240516 |
| Nombre de pages | 326,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

La naissance du tribunal pour enfants. Une comparaison France-Québec (1912-1945)
Niget DavidSi le XXe siècle reconnaît à la jeunesse un statut social et culturel spécifique, il est aussi celui de la stigmatisation de la jeunesse irrégulière. Désormais, les institutions de contrôle social ne cherchent pas seulement, comme au XIXe siècle, à évincer l'écume ardente des classes dangereuses. Il s'agit, avec la mise en place d'une justice des mineurs spécialisée dans la plupart des pays occidentaux, d'élargir le filet de prise en charge à l'ensemble de la jeunesse populaire tumultueuse ou même " en danger "; tout en adossant au système judiciaire pénal une assistance éducative. Après s'être appuyée sur l'initiative privée, la justice se tourne, dans l'entre-deux-guerres, vers les premiers professionnels de la protection de l'enfance. En amont et en aval de l'acte judiciaire, la nouvelle filière s'organise, du dépistage des asociaux et anormaux, au tutorat familial qu'incarne la liberté surveillée. Loin d'être mises hors-jeu, les institutions d'enfermement tentent de se réformer et s'insèrent dans ce nouveau système, avec l'invention de nouvelles catégories juridiques para ou pré-délinquantes, nouvelles figures de la dangerosité sociale qui appellent la réclusion tout en lui conférant une nouvelle légitimité. Il s'agit d'un moment clé de l'histoire de la protection de l'enfance, qui préfigure l'ère du " tout éducatif " des années 1950-1960, sans pour autant se déparer de la raison pénale qui le fonde. Si l'aspect social adoucit l'aspect pénal et le rend socialement productif, il en est aussi une légitimation lui permettant de passer outre certains principes du droit libéral. Dès lors, la socialisation du droit des mineurs, au moment même où elle acquiert le statut de doxa, entre en contradiction avec le principe de citoyenneté étendu à l'enfance, en genèse tout au long du XXe siècle. Craints et dénoncés comme en voie de dangereuse émancipation, les jeunes restent en réalité largement dépendants du pouvoir familial, scolaire, industriel et légal, mais se justifient de cette domination pour réclamer des droits et expérimenter une autonomie nouvelle. Dès lors, l'enfance et la jeunesse déviantes incarnent certaines formes de changement social et culturel. Leur poids dans les représentations collectives s'accroît, tantôt pour dénoncer une inquiétante dérive, tantôt pour pointer la voie de la modernité. Ainsi, l'autonomie économique, le consumérisme, le développement des loisirs non encadrés, ou encore la libération des moeurs et des rôles sexuels sont dénoncés, éventuellement réprimés, mais aussi valorisés par une culture en mouvement, en voie de juvénilisation au XXe siècle.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER20,00 € -

Pour une histoire du risque. Québec, France, Belgique
Niget David ; Petitclerc MartinL'histoire du risque que propose ce livre déborde largement les notions de statistique, de calcul probabilitaire et de traitement assurantiel des dangers. Si, en effet, le risque a une histoire, le risque est aussi histoire, car il concerne le rapport des sociétés au temps. Tout rapport au risque tente, à partir de l'expérience passée, de saisir un avenir probable pour agir dans le présent. Chaque contexte. chaque époque, chaque territoire, chaque communauté appréhende les dangers selon ses ressources culturelles d'une part, et selon les enjeux politiques, sociaux et économiques qui la traversent d'autre part. Le risque est un fait de culture, reflétant la façon dont la société se représente elle-même, envisage les phénomènes qui la menacent et définit l'altérité qui la borne. Des historiens de tous horizons ont recours, dans ces pages, au concept de risque pour comprendre le passé, pour examiner leur objet de recherche sous un angle différent, qu'il s'agisse d'histoire des sciences et techniques ou du droit. ou d'histoire environnementale, sociale ou politique. Cette démarche commune dévoile des convergences insoupçonnées et permet aux auteurs de renouer avec un problème d'une intelligibilité historique globale, problème crucial qui a pourtant été abandonné par la très grande majorité des historiens au cours des dernières décennies.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,00 € -

Mauvaises filles
Blanchard Véronique ; Niget David ; Perrot MichellRésumé : Décadentes ou décapantes ? Voici 20 portraits incarnés de " mauvaises filles " de 1850 à 1980. Les auteurs, nombreux documents et archives à l'appui, donnent un visage à ces " hystériques ", " vagabondes ", " voleuses " ou " prostituées ", telles Augustine, la patiente du Pr Charcot, Albertine Sarrazin, ou Marie-Claire au centre du procès de Bobigny. Un beau livre et un livre d'intervention à la fois.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER39,00 € -

Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" N° 14, Décembre 2012 : Enfances déplacées. Tome 1, En si
Gardet Mathias ; Niget DavidPassées ses prémices guerrières, le projet colonial, du XIXe au XXe siècle, ne témoigne pas seulement d'une volonté de puissance, mais aussi de l'idée selon laquelle une nation peut engendrer, sur un territoire neuf, une société neuve. Dans cette perspective, l'enfance apparaît comme une page blanche sur laquelle les anciennes nations pourraient tracer cette utopie. Ce numéro de la Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" analyse la manière dont le pouvoir colonial s'est appliqué à façonner les sociétés indigènes, organisant la migration de dizaines de milliers d'enfants contre leur gré, sans égard pour les racines culturelles des jeunes ainsi (dé)placés. Tantôt il s'agit de couper l'enfant métropolitain de son "milieu corrompu" et de le transporter vers la colonie régénératrice pour en faire un homme neuf, un colon productif, un citoyen idéal. Tantôt il s'agit de permettre aux enfants indigènes de s'extraire de leur "sauvagerie" pour connaître la "civilisation". De la Rhodésie du Sud au Ruanda-Urundi, de l'ex-Indochine à l'Australie, du Québec à l'URSS, ce volume témoigne de la souffrance, des (dé)placements, des outrages souvent infligés par des politiques de "protection" et "d'éducation" à des individus d'autant plus vulnérables qu'il s'agissait d'enfants. Les auteurs soulignent également les résistances, l'imagination créatrice, et les agencements mémoriels de ces enfants métissés par l'histoire.ÉPUISÉVOIR PRODUIT18,00 €
Du même éditeur
-

Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo, 2e édition
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri RLe japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.EN STOCKCOMMANDER24,99 € -

La conjuration des hommes libres. Une histoire du serment politique (XVIII-XXIe siècle)
Petit VincentL'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.EN STOCKCOMMANDER18,00 € -

Face à la fin de vie
Morel VincentRésumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.EN STOCKCOMMANDER10,00 € -

Post-vérité : la crédibilité du discours scientifique à l'heure des "faits alternatifs"
Mercier Charles ; Warren Jean-Philippe ; Malet RégPost-vérité ? Popularisé en 2016, année marquée par le Brexit et la première élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le mot désigne une configuration politique et médiatique dans laquelle la crédibilité d'un discours repose moins sur son adéquation aux faits que sur sa correspondance avec les croyances et les pulsions émotives d'une partie de la population. Différentes hypothèses circulent pour expliquer ce phénomène : développement des flux d'informations numériques circulant sans la régulation d'intermédiaires, succès des théories relativistes dans le champ intellectuel, fragmentation de la polis en communautés plus ou moins étanches... Quels que soient les facteurs en jeu, il est clair que la recherche scientifique, qui ambitionne de produire des énoncés adossés à des données et à un protocole, se trouve affaiblie par la montée du post factualisme. Des chercheurs de disciplines variées unissent ici leurs forces pour diagnostiquer les origines du problème, sans faire l'impasse sur les responsabilités de la communauté académique. Ils proposent une lecture globale et inédite d'un des plus grands défis de notre époque et réfléchissent à des solutions pour restaurer la crédibilité du discours scientifique dans le débat public et politique.EN STOCKCOMMANDER20,00 €
