Grands chantiers", "grands projets" ou "grandes réalisations" du président Biya, les Camerounais ont eu droit depuis 1984 à une gamme de desseins inlassablement reformulés qui s'étendent sur le temps long. Etrangement, le temps long est aussi la durée que s'assigne un pouvoir qui n'entend jamais passer la main. Dans ce temps long, le présent n'est pas une unité transitoire dans la succession des temporalités, mais une limite. C'est le temps éternellement remis à zéro. S'étonner que les grands chantiers de Paul Biya soient éternellement en chantier - c'est oublier que le présent ne vise pas le rappel de l'inaccompli qui prépare les corrections nécessaires pour demain. Le présent vise à fermer l'écart entre aujourd'hui et hier, ce qui rend impossible toute comparaison et toute possibilité de faire mieux demain. Le philosophe Antoine Nguidjol fait dans cet essai l'analyse d'une nation en péril, le Cameroun, sous la gouvernance enfumée de Paul Biya. Il décortique les racines de ce voyage au bout de la nuit avec une rare lucidité : l'impensé du régime Biya dès son accession au pouvoir, le démantèlement de l'université de Yaoundé, les dessous du droit du sol ou la guerre en régions anglophones, et bien d'autres thèmes à découvrir dans cet essai qu'aucun philosophe camerounais n'a tenté jusqu'à présent.
Nombre de pages
132
Date de parution
19/07/2021
Poids
175g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343231112
Titre
Cameroun, la nation en péril
Auteur
Nguidjol Antoine
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
175
Date de parution
20210719
Nombre de pages
132,00 €
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Dans les années soixante déjà, le romancier Hamidou Kane attirait l'attention des dirigeants africains sur la scolarité de type occidental mise en place dans les nouveaux États post-coloniaux. Il lui semblait alors que cette scolarité était, dans son intentionnalité même, le prolongement d'une stratégie visant à asseoir définitivement la domination de la représentation du vainqueur. Quelle part de son héritage l'Afrique était-elle prête à sacrifier sur l'autel du nouvel apprentissage, et pour quels bénéfices? Telle était la question posée.S'inspirant de la problématique d'Hamidou Kane, l'auteur de cet ouvrage entraîne le lecteur dans un tour d'horizon critique de l'institution scolaire africaine. Les hypothèses avancées sont les suivantes: l'école africaine est une "gendarmerie intellectuelle" issue du legs napoléonien; une école au service d'un État omnipotent qui vise essentiellement la docilité; l'école africaine est aussi le legs d'un christianisme missionnaire peu respectueux de la culture "païenne" qui oriente la représentation vers l'ailleurs. Personne ne niera que la question scolaire soit devenue cruciale au point de mériter une évaluation, un demi siècle après les indépendances. L'école a-t-elle tenu ses promesses? Ou est-elle indirectement complice de la mentalité magique de captation qui consiste à croire que l'Afrique n'est pas faite pour penser puisque d'autres pensent pour elle? La conjoncture décrite par l'auteur, bien que peu reluisante, n'annihile cependant pas la perspective, pour les Africains, de produire eux-mêmes les connaissances qui leur sont nécessaires.