
Monte Carlo
Newton Helmut
LOUIS VUITTON
50,00 €
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EAN :
9782369831327
Louis Vuitton Fashion Eye est une collection d'albums photographiques qui donne à voir une destination à travers l'oeil d'un photographe de mode. Elle instaure un dialogue inédit entre des talents émergents, des photographes chevronnés et des légendes de la photographie de mode ; Fashion Eye met en regard la création actuelle et des trésors d'archives méconnus pour constituer une collection d'ouvrages de référence, tant dans son approche que dans son esthétique.
Plus d'informations
| EAN | 9782369831327 |
|---|---|
| Titre | Monte Carlo |
| Auteur | Newton Helmut |
| Editeur | LOUIS VUITTON |
| Largeur | 0 |
| Poids | 300 |
| Date de parution | 20171030 |
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Helmut Newton pour la liberté de la presse
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Les studios poussiéreux de Golden Square, avec leur vieux plancher craquant, l?étaient tout autant. On m'a dit que sous le square verdoyant devant l'immeuble reposent les corps de victimes de la Peste. Curieusement, c'est assez représentatif du sentiment que m'inspirait l'endroit et, plus généralement, le fait de travailler à Londres. L'ensemble du quartier situé derrière Piccadilly était très déprimant ? dickensien. En ces sombres temps de crise, la prostitution dans le West End était florissante. Sur les vitres du bureau de tabac on pouvait voir les annonces de prostituées qui officiaient pour la plupart dans de petits studios de Shepherd?s Market. Leur spécialité, « stricte éducation anglaise », « cours de français », et bien d'autres encore, y était spécifiée, parfois accompagnée d'un petit dessin. Ma préférée disait comme suit: « Stricte éducation anglaise: on ne lésinera pas sur les coups de trique. » Ça résumait assez bien à mes yeux la vie sexuelle anglaise. (?) J?étais un type sans manières, tout droit sorti de la brousse australienne et complètement paumé. Je ne comprenais pas le mode de vie des Anglais ? il ne m'intéressait pas. Je me souviens qu'un jour que je photographiais une fille adossée à un lampadaire, un des rédacteurs en chef m'a dit: « Helmut, une dame ne s'adosse jamais à un lampadaire. » Je ne savais plus quoi faire. Je ramenais mes photos à la maison et, pour ne pas aggraver ma dépression, la pauvre June se contentait de faire la grimace. Elle disait: « Oh, Helmut. Oh, Helmut. Oh, Helmut. » Totalement confus, je paniquais de ne pas savoir répondre aux attentes légitimes de mes employeurs. Après la vie tranquille que j'avais menée en Australie, où clients et amis flattaient mon ego, et où je n'avais pas de véritable concurrent, je perdais pied et luttais pour rester à flot. Les vêtements qu'on me demandait de photographier étaient ternes et guindés. 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Son photographe préféré était Claude ? elle l'adorait. Claire me menait vraiment la vie dure, me traitant comme un vulgaire paysan sorti de son trou. Au fond, elle n'avait pas tort ? je ne me montrais ni talentueux ni prometteur. J'ai beaucoup enduré son mépris, mais quelques années plus tard, alors que j?étais à Paris, le vent en poupe, son attitude envers moi a totalement changé. Elle avait quitté Vogue pour devenir rédactrice en chef pour la mode du magazine Queen. À mon tour, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. S'il est vrai que je sais être cruel, quand faire souffrir quelqu?un devient trop facile, cela ne m'intéresse plus. June s'indigne: « Comment peux-tu laisser untel te traiter de la sorte? » Et je réponds: « Ce serait trop facile de le détruire. C'est nettement plus intéressant lorsque c'est difficile. » Au moment des collections, on faisait venir de Paris et New York des photographes de renom pour les photos importantes. 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