A ce jour, Mai 68 est au mieux, à l'occasion de célébrations anniversaires, le prétexte à un ruisseau de publications, après des années-fleuves de biographies exaltées de quelques grandes figures de la vie politique ou culturelle, au pire l'origine incontrôlée de tous les maux qui frappent une société plus inégalitaire et fracturée que jamais. Erik Neveu s'est lancé, des années durant, dans une enquête sans équivalent ni précédent sur une "génération" vue d'en bas : celles et ceux qui en 1968 entrèrent en militantisme et dont il suit les trajectoires sur plus de dix ans, loin des lumières de Paris, prioritairement en Bretagne. Il revisite des questions faussement simples : comment peut-on s'être lancé, souvent à corps perdu, dans des engagements qui paraissent aujourd'hui coupables ou irrationnels ? Quelle a été au concret l'expérience de ces militantismes souvent décrits comme aveuglément idéologisés, s'épanouissant dans un entre-soi d'étudiants et d'intellectuels ? Que sont devenus ces militants quand, dès la fin des années 70, les organisations gauchistes se sont délitées ? L'enquête se déploie au long cours. Par quelles influences, en termes d'origines et d'histoire personnelle, cette génération s'investit-elle dans un militantisme tous azimuts et selon des dispositions souvent éminemment contradictoires ? Comment pouvait-on au sens propre passer sa vie à militer, sinon que le militantisme était aussi un espace de sociabilités et de rencontres imprévues ? Faire un retour critique sur ces militantismes, c'est aussi en rappeler le côté obscur : les phénomènes de pouvoir, d'anesthésie des capacités critiques, d'inégalités non questionnées entre femmes et hommes. Que devient cette génération quand elle cesse de militer ? Les effets d'habitus d'engagement sont durables et la sortie du militantisme est rarement un terminus : les énergies militantes se réactivent dans le syndicalisme, la vie associative, une grande diversité de causes. Beaucoup de militants d'hier vont manifester des compétences d'entrepreneurs sociaux. Ils changent les règles d'exercice des métiers, en inventent, essaient de faire de militantisme métier et de métier engagement. Et contribuent ainsi à l'invention de formes nouvelles de politisation d'aujourd'hui.
Nombre de pages
448
Date de parution
10/11/2022
Poids
486g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072779107
Titre
Des soixante-huitards ordinaires
Auteur
Neveu Erik
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
486
Date de parution
20221110
Nombre de pages
448,00 €
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L'auteur, qui a lu tous les romans d'espionnage parus en France depuis l'après-guerre, utilise l'abondance et l'intérêt que fournit ce genre littéraire, dépourvu de tout prestige culturel, mais irremplaçable pour l'étude des sociétés, des idéologies, des aspirations des hommes, pour une démonstration brillante qui apporte une contribution renouvelée à l'histoire des idéologies. La présence constante de l'idéologie nationaliste dans le roman d'espionnage, dans toutes ses composantes, dévoile les convergences avec les thèses de l'extrême droite. Et, au-delà de ces acquis, l'analyse du roman d'espionnage permet d'ébaucher une théorie de la communication persuasive et invite à une réflexion sur le rôle des signes dans la vie sociale et l'univers politique.
Les batailles de mots pèsent en politique. Mots des candidats qui incarnent "la force tranquille", affirment que "Tout devient possible", même "Changer la vie". Mais ces mots sont aussi ceux des experts qui vont organiser un focus group pour tester un slogan, mijoter un pseudo-événement qui attire les journalistes. Les chercheurs qui analysent cette communication ont aussi leur lexique-boîte à outils avec ses agendas, ses études de réception qui invalident le modèle de la piqûre hypodermique. Les mots de la communication politique viennent aussi du langage commun sous la forme de campagnes, de tracts, de la préférence pour le parler vrai contre la langue de bois. Ces 3Mots de la communication politique"ne se contentent pas de recenser. Ils balisent des sentiers de randonnée intellectuelle vers quelques vues panoramiques: ancienneté du lien politique-communication, poids de la croyance, complexité des systèmes d'interdépendance entre acteurs d'où émerge la communication moderne."
Ce livre classique, principale référence du domaine et sans cesse mise à jour depuis plus de quinze ans, offre un panorama critique et ordonné de l'énorme littérature sur les mouvements sociaux. Au-delà d'un exposé des théories, il éclaire des questions pratiques sur les mobilisations et propose un panorama international en constante évolution. A l'heure où les taux de participation politique déclinent dans de nombreuses démocraties, les mouvements sociaux apparaissent comme une forme montante de l'expression politique. Comment en rendre compte ? Ce livre offre une synthèse cohérente d'une énorme littérature savante. Parmi les énigmes qu'il tente d'éclairer : pourquoi certains groupes se mobilisent-ils plus facilement ? En quoi les mobilisations révèlent-elles des problèmes parfois négligés par les autorités politiques ? Pèsent-elles sur les politiques gouvernementales ? Quel rôle les médias jouent-ils dans les mobilisations ? Comment l'Etat tente-t-il de les domestiquer ? Au fil des chapitres et des concepts, ce sont aussi des questions actuelles qui émergent : se mobilise-t-on dans les pays des Suds comme dans ceux du G8 ? Jusqu'à quel point peut-on parler d'une mondialisation de certaines mobilisations ? Existe-t-il une séparation si nette entre mouvements sociaux et partis ? De quelles satisfactions, émotions et contraintes est faite l'expérience protestataire ? Ce livre fournit des instruments d'analyse de la réalité la plus contemporaine, tout particulièrement du mouvement des gilets jaunes.
Pourquoi certains problèmes suscitent-ils plus l'attention médiatique que d'autres ? Comment, à quel moment et pourquoi, un dossier ou un événement devient-il un "problème", dont on parle dans les débats sociaux, et que les politiques publiques décident de traiter ? Comment sont-ils définis ? Comment les mettre en récit pour qu'ils soient au diapason des sensibilités sociales ? Qui en sont les entrepreneurs (think tanks, haut-fonctionnaires, mouvements sociaux) ? Comment sont-ils relayés (ou non) par des politiques publiques ? Ce manuel, sans équivalent sur le marché, restitue dans un langage clair le cadre théorique du sujet et vient répondre à l'ensemble de ces questions. Assorti de nombreux exemples concrets ancrés dans l'actualité (passe sanitaire, retraites, réchauffement climatique) et d'outils théoriques, la nouvelle édition de cet ouvrage aide à penser comment s'alimentent nos conversations, les "Unes" des médias et l'agenda des politiques.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.