Par les différentes facettes de sa personnalité, énergique et sensible, penseur et femme d'action, plus encore peut-être par son rôle d'opposante à ceux qu'elle tenait pour responsables du ralliement en 1914 des socialistes à l'Union sacrée, par son assassinat enfin, précurseur des massacres à venir, Rosa Luxemburg a suscité au cours des dernières dizaines d'années nombre d'interprétations et de créations. Pourtant, il reste difficile de trouver en français une biographie qui rende compte non seulement de son existence, mais du contexte où elle s'est déroulée et de la signification des orientations politiques qu'elle a défendues, souvent déformées pour servir telle ou telle cause sans rapport avec les conditions dans lesquelles elle les a élaborées. Il y a 40 ans que François Maspero a publié l'édition française du Rosa Luxemburg de John Peter Nettl. Dès sa parution en anglais en 1966, ce livre de plus de 900 pages s'est imposé comme une référence : il s'agissait en effet de la première biographie systématique consacrée à Rosa Luxemburg, fondée sur la recherche et l'utilisation du plus grand nombre de sources possible. Le seul recensement des publications où l'on retrouve ses écrits et ses discours y occupe une cinquantaine de pages. En 1968, peu de temps avant sa mort accidentelle, John Peter Nettl a terminé une version abrégée de son livre pour le rendre accessible à un plus large public ; elle fut publiée l'année suivante en anglais et en allemand. Depuis, bien des livres ont été consacrés à Rosa Luxemburg ; pourtant, son ouvrage, y compris dans sa version abrégée qui, comme on le voit, reste substantielle, conserve un intérêt tout particulier car il rend compte des débats et des combats qui ont accompagné la naissance et la croissance des organisations de masse du mouvement ouvrier socialiste, contribuant ainsi à notre compréhension des succès relatifs et des défaites effroyables que celui-ci a connus au cours du XX siècle. Rosa Luxemburg a appartenu à une époque où la révolution socialiste, à la fois désirable et inéluctable, semblait à portée de la main, et, comme d'autres fortes personnalités de l'époque, au caractère souvent solitaire, elle a consacré son existence à l'avènement d'un pouvoir collectif, d'une société où "le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous". De cette existence, de cette réflexion tournée vers l'action on ne tirera pas de recettes ; mais John Peter Nettl, en combinant récit et analyse, fournit d'amples matériaux à tous ceux qui pensent que des échecs mêmes du mouvement socialiste des leçons sont à tirer pour oeuvrer à cet avènement.
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Nombre de pages
568
Date de parution
04/10/2012
Poids
748g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782902963645
Titre
Rosa Luxemburg
Auteur
Nettl John Peter
Editeur
SPARTACUS
Largeur
150
Poids
748
Date de parution
20121004
Nombre de pages
568,00 €
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Norwich William ; Brooker Graeme ; Netto David ; C
Cet ouvrage rassemble les 400 plus beaux intérieurs créés dans des résidences privées depuis le début du XXe siècle. Ces pièces d'exception ont été conçues par des professionnels de l'architecture d'intérieur, mais aussi par des couturiers, des artistes, des stars de cinéma et des influenceurs. Un ouvrage de référence et une source d'inspiration essentielle pour tous les amateurs de design et d'intérieurs. Ce livre vous ouvre les portes de châteaux, de maisons de ville, de luxueux appartements, d'un ranch au coeur du désert ou encore de villas de bord de mer dans plus de 25 pays. Les figures de l'architecture d'intérieur comme Elsie de Wolfe, Charlotte Perriand et Jean Prouvé côtoient les stars contemporaines telles que Paola Navone, India Mahdavi ou encore Vincent Darré. Inclut des demeures de couturiers, notamment de Giorgio Armani, Yves Saint Laurent, Coco Chanel, et d'artistes dont Pablo Picasso et Yves Klein.
Résumé : Claudio est un exilé cubain de New York dont la seule passion semble consister, justement, à vouloir les éviter. Cécilia est une jeune mexicaine mélancolique installée à Paris, vaguement thésarde, vaguement éprise de son voisin, mais profondément solitaire. Chapitres après chapitres, leurs voix singulières s'entremêlent et invitent le lecteur à les saisir dans tout ce qui fait leur être au monde : goûts, petites névroses, passé obsédant. Chacun d'eux traîne des deuils, des blessures, des ruptures. Lorsque le hasard les fait se rencontrer et s'aimer à Paris, nous attendons, haletants, de savoir si ces êtres de mots et de douleurs parviendront à s'aimer au-delà de leurs contradictions. En plaçant le lecteur au c?ur du dispositif narratif et sentimental,Guadalupe Nettel nourrit une proximité et un attachement à ses personnages sans pareil. Poursuivant ses obsessions littéraires pour les marges, les personnages bancals et leurs destins étranges, l'auteur s'affirme, avec ce roman acclamé, comme une figure incontournable et absolument originale des lettres latino-américaines.
Résumé : Dans un monologue tendre et cocasse, une jeune femme retrace pour un thérapeute imaginaire les faits marquants de son existence. L'élément fondateur de sa singularité : le cache qui recouvrait un de ses yeux quand elle était enfant, la livrant à la curiosité d'autrui. Ce roman, qui emprunte son titre à Allen Ginsberg, exhale les acides de la Beat Generation. Communautés hippies, engagement politique, liberté des moeurs : la famille de la narratrice a embrassé les idéaux de l'époque. La fillette fréquente une école Montessori, joue avec "Krouchevna" ou "Lenin", connaît tout, en théorie, de la sexualité. Le "couple ouvert" conduit ses parents au divorce, et le cocon familial se désintègre. La mère gagne la banlieue d'Aix-en-Provence et l'enfant se voit confiée à une grand-mère revêche, en total désaccord avec une éducation permissive. La synthèse ne se fera pas sans mal, à l'heure du regroupement familial. Du Mexico de l'enfance, avec ses exilés latino-américains fuyant les dictatures, à la Ville aux mille fontaines des années 1980, qui abrite derrière la splendeur des vestiges romains une foule bigarrée de Roms et de Maghrébins, la marginalité originelle est devenue un territoire physique et mental dans lequel on peut construire une vie, enfin réconciliée avec ce corps qui reste à jamais le plus étrange et le plus obsédant des mystères.
Nettle Daniel ; Romaine Suzanne ; Guilbault Marion
Toute personne à qui l'on demanderait de citer le nom des langues qu'elle connaît en trouverait probablement une vingtaine? Un linguiste professionnel est habituellement capable d'en nommer 80. Pourtant, ce nombre représente à peine 1 % du nombre total de langues dans le monde (entre 5000 et 6700 !). Mais cette diversité est fragile et la légère tendance à l'extinction des siècles passés se transforme à présent en catastrophe. La large diffusion de quelques langues comme l'anglais, le français, l'arabe ou le chinois, en condamne une multitude d'autres. Bien que la menace pèse davantage sur les langues de peuples à la culture et aux modes de vie traditionnels, la mort des langues concerne aussi les pays dits ? développés ?.Comment en sommes-nous arrivés là ? Mort naturelle ou suicide ? Les langues dérivent et meurent dans des circonstances difficiles de tension sociale, économique, politique, qui ne laissent d'autre choix que l'abandon. Pourtant, la diversité linguistique est signe de diversité culturelle. Chaque langue est un musée vivant, le monument de chaque culture dont elle permet la transmission mais c'est surtout un précieux indicateur : lorsqu'une langue est en danger, l'identité de ses locuteurs l'est aussi. Pour la première fois, un ouvrage rassemble des témoignages exceptionnels des derniers locuteurs de langues d'Afrique, d'Océanie, mais aussi du Groenland, des États-Unis, d'Europe. Une enquête passionnante pour comprendre les mécanismes qui mènent à l'extinction d'une langue, la perte culturelle qu'elle représente, ? notamment dans la connaissance de l'environnement ? et la nécessité de préserver la spécificité de chaque langue, véhicule d'une culture unique et irremplaçable.
En décembre 1894 et janvier 1895, Jaurès et Lafargue donnent chacun une conférence - la seconde répondant à la première - sur l'origine des idées, et en particulier sur l'aspiration à la justice qui paraît être au coeur du mouvement socialiste. Pour Jaurès, il n'est pas possible d'opposer la conception idéaliste et la conception matérialiste de l'Histoire, même si celle-ci semble se dérouler "selon une loi mécanique" . Lafargue lui oppose en particulier que l'aspiration à la justice elle-même surgit de l'injustice qui naît avec la propriété privée et que l'idéal de paix et de bonheur qui a mobilisé à différentes époques penseurs et combattants "n'est pas une production spontanée du cerveau humain" mais "un souvenir lointain de cette époque communiste que l'homme a dû traverser avant d'arriver à la propriété privée" . Dans son introduction, Aimé Patri analyse les deux démarches et montre leurs limites ; il rappelle la critique apportée par Marx au matérialisme de Feuerbach et que, s'il a insisté sur la primauté à donner à l'action, celle-ci ne prend son sens que guidée par la pensée.
Les bouleversements et les crises périodiques que la révolution industrielle imposa au monde du travail provoquèrent à la fois le développement des luttes ouvrières et l'éclosion de projets de réforme sociale prétendant concilier progrès technique et harmonie entre les hommes. En montrant que l'histoire des sociétés était indissociable de celle de la propriété, Karl Marx apporta au mouvement ouvrier naissant à la fois la compréhension du monde qui le créait et l'illumination des buts qu'il devait se donner. Karl Kautsky expose comment il y parvint en soumettant à la critique historique et sociale les grands courants de pensée qui ont accompagné l'avènement de la bourgeoisie capitaliste. Mais cette activité intellectuelle de Marx ne doit pas être séparée de son action militante, qui la rendait nécessaire et qui l'enrichissait en même temps. Dans " L'histoire de la Ligue des communistes ", Friedrich Engels relate la constitution du premier noyau de révolutionnaires auquel il appartint, dans cette Europe occidentale du milieu du XIXe siècle où il faut encore abattre le despotisme monarchique mais où, déjà, surgit la perspective d'une société libérée des oppressions, celle de la société communiste.
Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.