Revue de la Bibliothèque nationale de France N° 61, octobre 2020 : Singeries
Netchine Eve
BNF
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EAN :9782717728361
Singeries : tableaux représentant des primates déguisés en humains dans des scènes comiques dans la France du XVIIIe siècle ; grimaces des hommes, en référence aux soi-disant mimiques de leurs cousins primates. " Une ressemblance troublante Ce dossier de la Revue de la Bibliothèque nationale de France remonte aux bases de l'histoire naturelle et de la primatologie, avec " Jocko ", petit chimpanzé que Buffon fait naturaliser assis sur un tabouret. D'emblée, c'est la ressemblance physique du singe avec l'homme qui interroge : une autre discipline s'en empare, la physiognomonie, qui entend déduire la personnalité d'un individu à partir de son apparence physique. Pour autant, Lavater, son fondateur, ne s'y intéresse que pour le maintenir à distance.se méfie des comparaisons hâtives avec les animaux et réaffirme au contraire la supériorité de l'homme (du fait de ses convictions religieuses).Il faut attendre les Lumières puis la théorie de l'évolution des espèces de Darwin (1858) pour soustraire l'homme du cadre biblique et l'insérer au sein du règne animal. L'apparition du grand singe en Europe, à travers les circuits de l'esclavage notamment, pose la question des limites de l'humain. Un imaginaire raciste se diffuse alors par l'intermédiaire des zoos humains et des spectacles de freak shows, remplacés à partir des années 1930 par l'industrie du cinéma. Les " singeries " dans les arts Dans les arts picturaux et ornementaux, la représentation du singe et plus largement de l'animal évolue : si le motif simiesque est très apprécié dans l'Antiquité, il devient plus rare dans l'imagerie chrétienne, car associé au péché et très vite relégué à un statut purement décoratif qui annonce les singeries du XVIIIe siècle, comme chez Chardin ou Grandville. Au cours du XIXe siècle, le singe est de moins en moins représenté sous une forme anthropomorphique. Influencé par la société protectrice des animaux (fondée en France en 1845), l'art animalier se renouvelle en profondeur, remettant en cause la suprématie de l'homme dans la hiérarchie naturelle.Le rapport homme-singe a beaucoup inspiré la littérature, brouillant les frontières inter-espèces. Les premiers orangs-outans, exhibés au début du XIXe siècle, comme dans la nouvelle d'Edgar Poe L'Orang-outan, nous renvoient l'image de notre propre bestialité. De même, Pierre Boulle qui publie en 1963 La Planète des singes, adapté au cinéma en 1968, s'interroge sur la nature conflictuelle et mimétique des relations entre l'homme et l'animal. Les singeries du côté des singes Le singe est-il véritablement cet imitateur divertissant que l'on s'est plu à définir au fil des siècles ? L'imitation est un processus essentiel de l'apprentissage chez les primates, comme le démontre l'expérience menée avec Nénette, orang-outan le plus célèbre de la ménagerie du Jardin des Plantes.Pour revenir sur ce mythe de singe imitateur, Sabrina Krief, primatologue et professeure au Muséum national d'histoire naturelle, spécialiste des relations entre humains et grands singes, analyse les comportements de ces derniers en Ouganda, de l'automédication à l'apprentissage. Elle milite pour la reconnaissance de la vulnérabilité des primates et de leur environnement : ces espèces doivent être mieux connues pour être mieux protégées pour leur valeur intrinsèque, et non parce qu'elles répètent des scénettes inculquées sous la contrainte du dressage. Rubriques " Autour d'une ?uvre " dédié à la première " revue du nu ", Le Nu esthétique (1902), à mi-chemin entre académisme et érotisme " Découverte " de l'art des feux d'artifice au XVIIe siècle à partir de manuscrits conservés à la BnF Une " galerie " consacrée à un passionné de théâtre, Guillot de Saix, et à son don au département des Arts du spectacle " Innovation " (à confirmer) : la naissance du patrimoine numérique (E. Bermès)
Nombre de pages
175
Date de parution
15/10/2020
Poids
460g
Largeur
171mm
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EAN
9782717728361
Titre
Revue de la Bibliothèque nationale de France N° 61, octobre 2020 : Singeries
Auteur
Netchine Eve
Editeur
BNF
Largeur
171
Poids
460
Date de parution
20201015
Nombre de pages
175,00 €
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À l'heure où la fantasy séduit de plus en plus ( Le Seigneur des anneaux, Game of Thrones... ), plaçant les " mondes inventés " au c'ur de la culture populaire, ce dossier s'interroge sur leurs formes et leurs usages en confrontant le regard des historiens du genre à celui des spécialistes des médias et des créateurs, qu'ils soient écrivains ou concepteurs de jeux. L'invention de mondes imaginaires L'invention de mondes imaginaires est une idée aussi ancienne que l'humanité, depuis l'Atlantide de Platon, ou encore l' Utopia de Thomas More. Mais c'est dans la seconde moitié du XIXe siècle en Angleterre, avec Lewis Carroll et William Morris, que naissent la fantasy et sa pratique, le worldbuilding . Un genre qui connaîtra un succès prodigieux à partir des années 1960, à travers l'?uvre de Robert E. Howard ( Conan le Barbare ) et celle de Tolkien ( Le Seigneur des anneaux ). Anne Besson retrace pour nous l'histoire du genre pour lequel Tolkien tient lieu de modèle, l'écrivain-démiurge qui, pour créer sa mythologie personnelle, dessine des cartes, crée une cosmogonie, élabore des chroniques... Les cartes jouent en effet un rôle spécifique dans la création des mondes imaginaires, ainsi que l'expose Julie Garel-Grislin dans son article. La fantasy connaît en France une apparition tardive (les premières traductions datent des années 1970) : il faut attendre le nouveau dynamisme éditorial de la fin des années 1990, décrit par Marie-Lucie Bougon, pour la voir s'affirmer et se singulariser (avec des éditeurs comme Mnémos, Bragelonne...). Ce succès éditorial, très marqué chez les jeunes enfants et les adolescents, nous conduit à nous interroger, aux côtés de Laurent Bazin, sur les raisons d'une telle fascination au-delà du simple besoin de divertissement. Un succès transmédia L'engouement pour ces imaginaires contemporains s'étend bien au-delà de la littérature, porté par le développement de nouveaux médias (bandes dessinées, pulps , films, séries télévisées, jeux vidéo, jeux de rôle...), chaque support nourrissant l'autre, avec l'ambition de construire un monde complet et consistant, quoique fictif. Les créations de nouveaux univers sont pléthoriques au cinéma ( Star Wars , adaptation du Seigneur des anneaux ), dans les séries ( Game of Thrones ou Westworld ), le jeu vidéo ( World of Warcraft ou Assassin's Creed ) et même les jouets (Lego)... Elles sont aujourd'hui au c'ur de la culture populaire au point de faire émerger une nouvelle communauté de fans, les " geeks ", qu'ils soient fervents lecteurs de fantasy, de mangas, ou de comics, " rôlistes ", gamers , amateurs de séries fantastiques ou de films d'horreur. David Peyron nous dit quelles pratiques se cachent derrière ce vocable, tandis qu'Olivier Caïra revient sur les jeux de rôle sur table, tels que Donjons et dragons . Les genres de l'imaginaire sont également très présents sur le petit écran, depuis Star Trek jusqu'à Game of Thrones , au point de brouiller la frontière avec le cinéma. Une évolution que décrit Florent Favard. Alain Boillat se concentre quant à lui sur le cas de Westworld qui, tout en reprenant les codes du western, explore la problématique de l'intelligence artificielle et tend un miroir à nos préoccupations contemporaines... La parole aux " créateurs " Il s'agit aussi d'entendre la parole des créateurs, de ceux qui donnent corps à ces univers, qu'ils soient écrivains ou concepteurs de jeux. Des écrivains français se sont prêtés au jeu, tels que Jean-Philippe Jaworski, auteur de deux cycles de fantasy, Récits du Vieux Royaume et Rois du monde (éditions des Moutons électriques), Lionel Davoust, auteur des Chroniques d'Évanégyre (éditions Critic), ou encore la Canadienne Karoline Georges, auteur de romans d'anticipation (SF Folio). Côté jeux vidéo, la société Ubisoft expose sa ligne éditoriale et la manière dont elle reconstruit des mondes historiques disparus, comme dans son dernier opus, Assassin's Creed Odyssey (2018), dont l'action se situe en Grèce pendant la guerre du Péloponnèse. Tout doit concourir à l'immersion du lecteur ou du joueur... Rubriques : L'" Actualité de la recherche " mène l'enquête avec Laurent Demanze sur la passion de l'investigation dans la littérature contemporaine La " Découverte " des archives comiques de la photographie relate avec humour comment ce médium a été perçu dans la presse humoristique du XIXe siècle Une " Galerie " autour du typographe Christian Delorme La rubrique " Histoire de la bibliothèque " consacrée à l'Arsenal pendant la première moitié du XIXe siècle Le récit de Gaëlle Obiégly en " Résidence " à la BnF
Le dossier entend mettre en valeur la richesse et l'étendue des recherches qui sont aujourd'hui consacrées au son en traitant de sa dimension sensible, acoustique et technique et de son " historicité ", tant il est frappant de constater que l'on n'entend pas de la même manière selon les lieux et les époques. ".. Comment entendre les sons du passé ? C'est la question que posent certains historiens du sensible tels qu'Alain Corbin dans son ouvrage pionnier Les Cloches de la terre. Ce à quoi tente de répondre également le projet Bretez de reconstitution sonore du Paris du XVIIIe siècle. Ces approches se concentrent sur la question de la " fidélité ", de l'authenticité de la restitution sonore, à l'opposé des pratiques des sound designer, ces " sorciers du son " technophiles qui recherchent davantage l'efficacité émotionnelle. Cette modernité dans la conception du son est d'ailleurs au coeur de l'évolution historique du cinéma et de son écriture contemporaine, ou de l'histoire du jeu vidéo. L'exploration du son dans le temps nous mènera également à confronter nos expériences d'écoute de la musique à celles d'autres aires géographiques : la définition d'une " bonne " écoute lors d'un concert ne sera pas la même en Inde ou en France. Certain sons sont jugés harmonieux ou inacceptables en fonction des époques, des lieux, des contextes. L'hypersensibilisation actuelle au bruit et aux nuisances témoigne par ailleurs d'une volonté nouvelle de s'isoler, souvent au détriment de l'identité sonore des villes. Le dossier permet ainsi de mieux cerner en quoi consiste la révolution des sound studies qui, loin de se limiter à une simple histoire des innovations techniques, font des sons de puissants révélateurs de l'ordre politique, culturel et social d'une époque et d'un lieu donnés. Rubriques : " Autour d'une oeuvre " est consacré au célèbre enregistrement d'Apollinaire aux Archives de la Parole (24 décembre 1913) " Découverte " met à l'honneur les calligraphies de Roger Druet La " galerie " permet de revoir les premières pochettes de disques 78 tours de la collection de la BNF " Histoire de la bibliothèque " raconte comment la Bibliothèque nationale est devenue au XIXe siècle une destination touristique parisienne incontournable Un " Inédit " exhume les rushs de Chronique d'un été de Jean Rouch et nous immerge dans la " fabrique de l'oeuvre " Le " Portrait " de la tibétologue Marcelle Lalou
Depuis l'Antiquité, les monstres ont suscité un intérêt intense empreint de fascination et de crainte : apparenté soit à la bête, soit aux races exotiques, voire à l'homme primitif, soit encore au diable dans l'iconographie chrétienne, il symbolise l'Autre, l'inconnu, par excellence. On peut ainsi s'interroger avec l'anthropologue Jean-Jacques Courtine sur l'histoire de notre rapport au corps " anormal ", qui devient très rapidement un objet de divertissement et d'exhibition, avant de réintégrer l'ordre humain grâce à la tératologie, la " science des monstres ". Si celle-ci réhabilite les monstres physiques, les monstres moraux, façonnés par l'imaginaire des sociétés, n'ont pas fini de terrifier et de fasciner, tel Lacenaire, criminel d'un genre nouveau qui n'hésite pas à se mettre en scène. Déjà, Cicéron, dans ses discours, faisait du corps " monstrueux " de ses ennemis politiques le reflet de leur âme corrompue. Une figure de style réutilisée par la presse satirique de la Première Guerre mondiale qui peindra l'ennemi allemand sous l'apparence du monstre, multipliant les références bibliques et mythologiques. Le dossier montre à quel point la représentation du monstre s'inscrit dans notre imaginaire social et notre mémoire collective. Sa présence, ancestrale, semble loin de s'effacer... Rubriques : " Autour d'une oeuvre " met en valeur le jaïnisme, religion indienne contemporaine du bouddhisme à partir d'une carte conservée au département des Manuscrits de la BNF ; " Découverte " revient sur le groupe surréaliste de la Main à plume et son activité éditoriale de résistance durant l'Occupation ; La " galerie " est consacrée à Michel Jaffrennou, pionnier de l'art vidéo en France ; " Histoire de la bibliothèque " revient sur les choix de décoration de la façade du Cabinet des médailles ; Le " Portrait " est celui, haut en couleur, d'un orientaliste qui se définit lui-même comme un marginal, Maxime Rodinson.
A quoi ressemblait Paris au Moyen Age? Pour satisfaire notre curiosité, nous pourrions relire l'abondante littérature historique consacrée à l'une des plus belles villes du monde, ou survoler "Paris à vol d'oiseau" grâce aux pages mémorables de Victor Hugo dans son Notre-Dame de Paris. La Bibliothèque nationale de France a choisi de donner à voir un florilège exceptionnel de vues de Paris telles qu'elles ont été peintes dans les plus prestigieux manuscrits enluminés qu'elle conserve et qui ont été réalisées par de grands artistes tels Jean Colombe, Jean Bourdichon ou Jean Fouquet, pour les cours princières du XIIe au XVIe siècle. Laissons-nous guider par la plume de l'historien Jean Favier et les minutieuses descriptions de Nicole Fleurier: voici les grands moments de l'histoire de la capitale depuis Dagobert jusqu'à l'arrivée de Jeanne d'Arc devant Paris en 1429; voici des monuments grandioses dont la plupart sont encore debout aujourd'hui comme les hautes tours de Notre-Dame, l'Hôtel-Dieu, ou la flèche de la Sainte-Chapelle; voici enfin, parmi les représentations pittoresques du monde des marchands de l'eau, des orfèvres et des changeurs qui vivent sur les ponts de Paris, le détail croqué sur le vif d'un plongeur nu sautant d'une barque pour se baigner dans l'eau claire de la Seine...
22 planches détachables du maître de l'estampe japonaise.Hiroshige (1797-1858) joua un rôle prépondérant dans le développement de l'estampe de paysage. Issues de ses séries les plus prestigieuses, ces planches sont empreintes de délicatesse et de mystère. Une vision éminemment poétique du Japon.Les " livres-posters " ont pour vocation de reproduire, dans une reliure et un format qui permettent de les détacher et de les afficher, une sélection d'images choisies au sein des ouvrages et fonds les plus spectaculaires et remarquables de la Bibliothèque nationale de France. Chaque image est légendée au dos, détachable du " bloc d'origine " ; les 22 planches sont accompagnées d'un texte d'introduction qui les situe dans les collections et dans l'?uvre de leur(s) auteur(s).Enn 1832, Andô Hiroshige (1797-1858) compose sa fameuse série des Cinquante-trois relais du Tôkaidô, qui remporte un succès considérable et fait sa renommée.Dans les dernières années de son existence, il créera plusieurs séries admirables, de grandes suites topographiques, d'une ampleur inégalée, dont les 70 planches des Vues des sites célèbres des soixante et quelques provinces du Japon (de 1853 à 1856) et les cent dix-neuf planches d'un ambitieux recueil, les Cent vues célèbres d'Edo (de 1856 à 18589), qui rendent hommage à sa ville natale et couronnent sa carrière...Hiroshige, à la suite d'Hokusai, réalisera à la fin de sa vie deux séries sur la montagne sacrée : les Trente-six vues du mont Fuji, les Cent vues du mont Fuji. Parvenant à représenter un site réel de façon identifiable, tout en le baignant d'une aura poétique et mystérieuse, Hiroshige tire parti de toutes les ressources techniques de la gravure sur bois polychrome.
Cet ouvrage richement illustré présente plus de cinquante manuscrits enluminés conservés dans les collections de la Bibliothèque nationale de France et de la British Library. Exécutés entre 700 et 1200, ces manuscrits témoignent des liens artistiques et intellectuels étroits qui se sont noués pendant cinq siècles entre l'Angleterre et la France. Au fil des pages, bibles, Evangiles, psautiers, vies de saints ou encore herbiers et recueils épistolaires donnent à voir la richesse et la diversité de la production artistique médiévale, dans un chatoiement d'or et de couleurs.