Soldats. Combattre, tuer, mourir : procès-verbaux de récits de soldats allemands
Neitzel Sönke ; Welzer Harald ; Mannoni Olivier
GALLIMARD
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EAN :9782070135905
Pendant toute la guerre, les Britanniques ont procédé à des écoutes systématiques de milliers de prisonniers allemands et ont transcrit les passages de ces conversations qui leur paraissaient présenter un intérêt spécifique (stratégie, organisation de la chaîne de commandement, moral des troupes évoluant au fil de la guerre selon que les soldats étaient sous-mariniers ou marins, dans l?armée de l?air ou l?armée de terre, etc.). Ces procès-verbaux reposaient dans les archives sans que quiconque en saisisse l?importance décisive. Dans un premier temps, leur lecteur a l?impression d?entendre parler les soldats, avec la rude franchise de la camaraderie lorsque ceux-ci racontent leurs combats, la mort donnée et la mort reçue. Très vite, cependant, il comprend la nature inédite de cet ouvrage : jusque-là, les historiens, pour étayer leurs recherches sur la perception de la violence et la propension à tuer, utilisaient des sources très problématiques (dossiers d?enquête, descriptions dans les lettres de la poste aux armées, récits de témoins oculaires, Mémoires), car rédigées en toute conscience pour un destinataire - un procureur, une épouse restée au domicile, voire un public auquel on communiquait une vision propre des choses. Mais lorsque les soldats internés dans les baraquements britanniques parlent entre eux de la guerre en temps réel, c?est sans intention particulière, ils disent ce qu?ils pensent et ce qui les meut (course aux décorations, massacres des populations civiles et viols des femmes, mépris pour les soldats italiens et peur panique des représailles de l?Armée rouge, sentiment de l?inéluctable défaite et culte du Führer, etc.). Cette source brute, sans apprêt, conduit à porter un regard tout à fait neuf sur la mentalité de la Wehrmacht, fruit d?une éducation étrangère à l?humanisme libéral et porteuse de valeurs cimentées par l?appartenance de l?individu à un collectif, qui en tout lui sera supérieur. La nazification est alors une ultime couche idéologique, ce complément qui fit notamment basculer les soldats des crimes de guerre dans ceux contre l?humanité.
Aguiar Neitzel Adair de ; Lontrade Agnès ; Morsill
L'éducation est au coeur d'un problème politique majeur : comment guider les élèves vers l'autonomie et la réalisation d'eux-mêmes, tout en les menant à agir sur le monde et la vie sociale ? C'est ici que prennent place les pédagogies actives de l'Education Nouvelle mais aussi des théories politiques de plusieurs pédagogues. Si l'enseignement des arts semble, dès lors, s'inscrire dans la lignée des pédagogies actives refusant toute assignation figée de l'élève et de l'enseignant, que nous enseignent les oeuvres elles-mêmes du point de vue des expériences singulières qu'elles suscitent ? L'ouvrage propose quelques ébauches de réponses au travers des analyses d'oeuvres, ainsi que par la mise en perspective artistique et esthétique de pédagogies critiques et pragmatiques au Brésil (Paulo Freire), en France (Célestin Freinet) et aux Etats-Unis (John Dewey).
De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi". La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant...Notes Biographiques : Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs. Il est le cinquième enfant de six (trois frères et deux soeurs). Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce le métier de professeur d'allemand en collège pendant cinq ans avant de devenir comédien de théâtre. Il est notamment l'auteur et l'interprète du clown muet nommé «Guedoulde», spectacle joué plus de mille fois en France et un peu partout dans le monde. Il met en scène de nombreuses pièces de Brecht, Cocteau, Shakespeare¿ Depuis 1997, il publie des ouvrages pour la jeunesse. Il écrit tout d'abord des contes, puis un premier roman, "La Balafre". Depuis, les livres se sont succédé avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires. Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.
Le jour où, dans une square, Sam s'assoit sur le mauvais banc, il se fait arrêter par la police. Car Sam a la peau noire. Et en 1952, dans le sud des Etats-Unis, un Noir ne peut pas s'asseoir n'importe où. En grandissant, le jeune garçon s'accroche à un rêve : devenir juge afin de combattre les lois raciales. A travers le récit de Sam, plongez au coeur de la lutte non violente des Noirs américains.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Ultimes violences et atteintes à l'environnement, politiques d'occupation et d'épuration, retours de celles et ceux que le conflit a déplacés, reprise d'une vie intime de temps de paix, démobilisation culturelle, prise en charge de séquelles physiques et psychologiques, processus de deuil et de mémoire : il est aujourd'hui admis qu'une sortie de guerre débute avant la fin officielle des hostilités et qu'elle se poursuit longtemps après que les armes se sont tues. Qu'il s'agisse des conflits religieux ou étatiques qui déchirèrent l'Europe du XVle au XIXe siècle, des profondes meurtrissures de la guerre civile américaine, des bouleversements provoqués par les deux conflits mondiaux ou encore des lourdes conséquences des conflits asymétriques du second XXe siècle, sortir de la guerre fut et demeure un mécanisme complexe. Il était donc nécessaire de l'envisager sur la longue période à la fois comme objet d'histoire et parce que les résonances actuelles, de l'Ukraine au Proche-Orient, sont nombreuses. C'est toute l'ambition des auteurs dirigés par Guillaume Piketty dans cet ouvrage aussi complet et original que novateur.
Clausewitz l'affirmait : la guerre possède sa "propre grammaire" . Cet ouvrage montre qu'il existe bien un langage universel de l'action stratégique et tactique et propose une théorie d'ensemble capable de décrypter le raisonnement du stratège. Tout chef de guerre, quelle que soit son époque, se pose en effet les mêmes questions : faut-il opter pour une campagne offensive ou défensive, privilégier l'attaque ou la défense, contourner les forces adverses ou les affronter directement ? Autant d'interrogations auxquelles répond la théorie de l'échiquier stratégique. Mais la nature interactive et dynamique du conflit impose une adaptation permanente. Les moyens militaires engagés doivent constamment s'ajuster pour qu'ils servent au mieux les objectifs politiques de la guerre et permettent de vaincre l'ennemi. Une adaptation dont l'ouvrage permet de comprendre les ressorts. Fondée sur le récit détaillé de plus d'une centaine d'exemples de batailles courant de l'Europe à l'Asie, de l'Afrique et l'Amérique, qui ont marqué le monde de la plus haute Antiquité jusqu'aux conflits présents, l'analyse, résolument comparative, révèle, comme jamais jusqu'alors, les schémas récurrents, les logiques décisionnelles et des principes qui transcendent l'épaisseur des temps.
Roberts Hilary ; Aubin Nicolas ; Lecoq Sophie ; Ga
LA PHOTOGRAPHIE DE GUERRE AU SERVICE DE LA PROPAGANDE RETOUR SUR 110 ANS DE MANIPULATION. On dit que l'appareil photo ne ment jamais. Mais dans le domaine de la photographie de guerre, sa vérité est sujette à d'extrêmes distorsions. Choix du cadrage, hors champ, exposition... mais aussi retouche, voire photomontage et création pure : la vérité représentée est surtout question de choix. Et d'intention. Des débuts de la photographie, au milieu du xixe siècle, à nos jours, de la guerre de Sécession à la guerre en Ukraine, Hilary Roberts décrypte 170 ans d'arrangements avec la réalité, au service de la morale nationale, du subterfuge et du contrôle. S'appuyant sur un vaste corpus d'images sélectionnées dans des archives du monde entier, elle détaille le contexte et l'utilisation de chacune, les replaçant dans le cadre plus général du discours dominant de l'époque. Un moment de recul et d'analyse plus que nécessaire alors que les outils de création et de retouche d'images n'ont jamais été si disponibles et si faciles d'utilisation, les fake news, si nombreuses, et la volonté de désinformer, si forte.
De 1789 à 1945, la guerre navale redessine sans cesse l'équilibre des puissances. La marine française cannait des heures de gloire comme des heures sombres et, sur tous les océans du monde, les flottes des grandes nations déploient leurs ambitions et rivalisent en performance. Sur cette épopée singulière, Vincent Lanata, général d'armée aérienne, offre une perspective unique, alliant regard stratégique et passion pour l'histoire. D'Aboukir à la mer de Corail, de Mers el-Kébir à la bataille de l'Atlantique, cette saga captivante nous emmène au coeur des affrontements sur les mers, auprès de figures pionnières : amiraux, ingénieurs, pilotes... Cette leçon d'histoire se lit comme un roman, jalonné par les évolutions technologiques de la marine de guerre, dans la navigation comme dans l'armement. Les combats, d'abord en surface, envahissent les profondeurs sous-marines, ainsi que les espaces aériens. Quand le destin des nations se joue sur les mers... Un récit d'histoire, de guerre et de stratégie.