Paysages dévastés. Le théâtre et le sens de l'humain
Naugrette Catherine
CIRCE
17,00 €
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EAN :9782842421625
Terreur de l'Ange : celle qu'il inspire, celle qu'il peut éprouver... Méditant l'Histoire, Walter Benjamin la compare à l'Angelus Novus de Paul Klee, le " visage tourné vers le passé ", là où ne cessent de s'amonceler " ruines sur ruines ". Heiner Müller reprend l'allégorie et place son Ange malchanceux en face d'un futur " qui s'amasse devant lui ", non moins désastreux que le passé benjaminien. Catherine Naugrette leur emboîte le pas, qui nous propose en quelque sorte de suivre le regard de l'Ange - aveugle à la beauté du monde - et d'envisager le théâtre contemporain à travers l'image - on pourrait presque dire le concept esthétique - d'un paysage dévasté. Du " rire impossible " à la mélancolie de l'après-Auschwitz, en passant par la " terreur belle ", le présent essai s'interroge sur les théâtres d'écrivains comme Beckett, Müller, Bond, Gabily ainsi que d'un metteur en scène comme Claude Régy, sur le travail de peintres comme Klee ou Kiefer, en tant qu'ils se donnent la tâche paradoxale d'aller à la rencontre de l'Autre et de retrouver l'humain - ce que, déjà, la Poétique d'Aristote appelait " le sens de l'humain " -, au c?ur même des territoires dévastés de l'art et de l'Histoire.
Nombre de pages
178
Date de parution
29/01/2004
Poids
222g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782842421625
Titre
Paysages dévastés. Le théâtre et le sens de l'humain
Auteur
Naugrette Catherine
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
222
Date de parution
20040129
Nombre de pages
178,00 €
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Depuis l'Antiquité, l'esthétique théâtrale apparaît comme une pensée interrogeant sans relâche l'art du théâtre et ses pratiques. L'objectif de ce livre est de faire découvrir les principales théories du théâtre tout en offrant une réflexion sur les grandes questions concernant la création et la réception de l'oeuvre théâtrale. Les positions esthétiques des principaux théoriciens du théâtre, de Platon à Brecht, sont abordées, tandis que sont mises en lumière les filiations qui nous permettent encore aujourd'hui de penser le théâtre, du texte à la mise en scène.
Ce deuxième volume de la trilogie interroge les mondes de l'art et leurs frontières - comme celle de plus en plus ténue entre amateurs et professionnels - et leur accès à des publics de plus en plus variés. Enfin sera examinée la question souvent problématique de la préservation des identités culturelles dans la mondialisation.
Ce troisième volume s'intéresse à la fois à l'histoire et à l'évolution des pratiques culturelles, ainsi qu'aux dimensions esthétiques du coût et de la gratuité. À travers des études de cas relavant de domaines variés (peinture, mode, cinéma, parfum, théâtre, fandom, photographie, musique), l'ouvrage revient sur les pratiques du passé et étudie les innovations contemporaines comme le livre numérique. Coût et gratuité sont alors mobilisés comme outils d'analyse esthétique.
Le premier volume de la trilogie Le coût et la gratuité est particulièrement consacré aux enjeux économiques de la production et de la circulation de l'information et de la culture, selon leur mode de diffusion. Les contraintes matérielles recoupent aussi des interrogations plus vastes : comment les conditions concrètes de création influent-elles sur une esthétique, qu'il s'agisse de création théâtrale, télévisuelle, cinématographique, ou encore numérique avec l'exemple du Net art ...
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.