Madagascar revisitée. En voyage avec Françoise Raison-Jourde
Nativel Didier
KARTHALA
39,00 €
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EAN :9782811101749
Ce recueil, dédié à Françoise Raison-Jourde, professeure honoraire de l'Université de Paris-Diderot (Paris 7), s'autorise quelques incursions en Europe et sur le continent africain, mais est essentiellement consacré à Madagascar, son terrain de recherche. Sur une période courant du XVIIe au XXIe siècle, l'ouvrage propose un voyage à travers la Grande Ile, du Nord tsimihety à I'Androy, du littoral betsimisaraka au pays sakalava à l'Ouest, ainsi qu'entre Madagascar et andafy (" l'au-delà des mers "). Des Malgaches migrent d'une région à l'autre, de la campagne vers la ville et, depuis la colonisation, une minorité effectue des séjours en France ou y vit. Des Européens qui se livrent à la traite fréquentent les côtes malgaches ; des voyageurs, des missionnaires, des militaires et des coopérants, quant à eux, restent plus ou moins longtemps dans l'Île. Intermédiaires et interlocuteurs malgaches, indispensables pour la compréhension de leurs sociétés, accompagnent ces Vazaha avec lesquels ils nouent des relations complexes. La connaissance de la Grande île s'enrichit ici de l'exploitation de documents conservés dans différents pays : à Madagascar et en France, ruais aussi en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Norvège et même en Afrique du Sud ; elle bénéficie par ailleurs du retour de certains chercheurs sur leur terrain. Le recours à des sources jusqu'alors inutilisées, la relecture d'autres relativement connues et l'attachement des auteurs (historiens, anthropologues et sociologues) à l'interdisciplinarité contribuent au renouvellement de sujets classiques, comme l'impact de la traite et la " découverte " de l'Ile par des voyageurs. Les thèmes de la diffusion du christianisme et du statut des devins-guérisseurs sont également revisités. Des chercheurs reviennent sur les questions de l'autochtonie et des sources de l'autorité. Enfin, cet ouvrage offre des perspectives sur des chantiers récemment ouverts ou, pour certains, encore peu travaillés. II en est ainsi des travaux autour des nouvelles Eglises et de la communauté malgache en France. Sans faire I'objet d'un texte spécifique, la Coopération française dans la Grande Ile occupe une place fondamentale dans les deux articles sur la trajectoire de Françoise Raison-Jourde, ancienne coopérante à Madagascar qui, avec d'autres collègues, vient de lancer, dans le cadre du Laboratoire Sociétés en développement études transdisciplinaires (SEDET), une enquête sur les coopérants en Afrique.
Nombre de pages
623
Date de parution
02/06/2009
Poids
910g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811101749
Auteur
Nativel Didier
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20090602
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623,00 €
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La « ville sensible », faite de sons, d'images, d'impressions tactiles, d'odeurs, de sensations mêlées et d'émotions partageables constitue un fantastique champ d'exploration : comprendre les sensibilités d'une époque, c'est à la fois rendre compte de leurs composantes matérielles, mettre à jour les règles qui les conditionnent, repérer leurs effets sur la structuration des sociétés et enfin décrire les conflits qu'ils suscitent. Rares sont les études qui s'y attellent, et plus rares encore, celles qui se proposent d'éclairer l'histoire sensible des sociétés urbaines d'Afrique et de l'océan Indien, et l'impact dans le monde de l'expansion occidentale à travers les effets sensibles des colonisations ou du rayonnement européen dans des espaces non-colonisés. Tel est le propos de cet ouvrage, qui, de la « colonisation du sensible » jusqu'à sa « reconquête », pose les bases d'une anthropologie historique de la ville coloniale puis post-coloniale, à la fois comme un espace relationnel complexe et un champ de forces mêlées. Pour comprendre comment le « langage des sens » et des affects s'expriment et ce qu'ils révèlent de la ville coloniale, l'auteur s'appuie sur l'étude de trois pôles urbains qui par leur taille, leur histoire, leurs spécificités sociales, offrent un échantillon d'exemples utiles à la connaissance du fait urbain en Afrique de l'Est et dans les îles de l'océan Indien : Lourenço Marques (aujourd'hui Maputo, capitale du Mozambique), Majunga (Mahajanga, ville portuaire de la côte nord de Madagascar) et Tananarive (Antananarivo, capitale de Madagascar).
La ville de Tananarive possède aujourd'hui encore les traces d'un riche passé architectural. Manjakamiadana, exemple achevé d'une construction monumentale de premier plan, accaparait l'attention jusqu'à l'incendie qui l'a ravagé (novembre 1995). Construit autour de 1840, ce palais emblématique situé au sommet d'une colline, visible à des dizaines de kilomètres aux alentours, eut droit à de nombreuses études qui l'ont trop souvent isolé dans sa superbe comme témoin d'un règne singulier et chef-d'œuvre d'un étranger. Pourtant, l'intérêt pour l'histoire urbaine de l'ancienne capitale du royaume merina doit dépasser l'enceinte royale et s'élargir au reste de la cité. Il existe en effet dans la capitale et ses environs un riche patrimoine architectural, méconnu et rarement analysé dans une perspective historique, qui témoigne pourtant des mutations socio-économiques du XIXe siècle. Il convient donc d'ouvrir le champ d'analyse " classique " (celui des palais) au profit d'un corpus plus large, si l'on veut comprendre la place occupée par les édifices dans l'espace social de la ville au XIXe siècle et les effets de contraste voulus par le pouvoir et de jeux en miroir ambitionnés par les Grands. Le décloisonnement ne doit pour autant aboutir à un éclatement de l'objet distendu entre ethnographie et anthropologie. Il s'avère nécessaire, pour éviter cet écueil, de périodiser l'évolution architecturale de la ville. Trois grandes phases ressortent avec clarté. Dans les années 1820-1860, une monumentalisation de l'architecture royale monopolise les innovations techniques venues de l'extérieur. Dès les années 1840, une partie de l'élite reprend pour elle-même les avancées architecturales. L'apogée de l'architecture domestique de prestige est atteinte dans les années 1870-90. A la fin du siècle, la diversification des styles et des techniques, impulsées par les missionnaires anglais de la London Missionary Society, banalise l'architecture royale et privilégie les Grands tout en assurant une certaine " démocratisation " des innovations aux couches intermédiaires de la capitale. En s'imposant en 1895, la France a dû composer avec ces divers apports qui font de la capitale de la nouvelle colonie un lieu de synthèse de la tradition et de la modernité tout à fait original. A travers cet ouvrage, Didier Nativel a été particulièrement soucieux de restituer la vision autochtone de l'architecture et la maîtrise locale de son évolution. Il a utilisé avec perspicacité les moindres détails des récits de voyage mais aussi des mémoires et autobiographies du XIXe siècle, pour se placer dans la perspective des acteurs sociaux et rappeler leurs stratégies.
Ensemble de témoignages personnels et vivants d'universitaires connus qui dévoilent comment l'histoire de l'Afrique et l'étude des Tiers-Mondes devenus "Suds" se sont imposées à l'université et aux institutions de recherches. Autour d'une interrogation sur les méthodes et les difficultés du métier d'historien ou de géographe en contexte africain et asiatique, des chercheuses et chercheurs reviennent ici sur leurs parcours personnels, intellectuels et institutionnels. A travers ces récits, se dessinent des trajectoires singulières, souvent pionnières, marquées par la volonté de rompre avec les cadres hérités de la science coloniale. Pour les jeunes chercheuses et chercheurs, souvent confrontés aujourd'hui à des difficultés inédites, ces récits offrent un puissant levier de mise en perspective. Loin de tout fatalisme, la mise en regard de ces expériences invite à un optimisme épistémologique, de l'invention de l'histoire de l'Afrique à sa reconnaissance disciplinaire en passant par l'institutionnalisation des recherches sur les Tiers-Mondes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique à Paris 7 Diderot ou Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
L'intervention de l'OUA et, plus particulièrement, celle du Sénégal dans la résolution de la crise qui a suivi les élections présidentielles de 2001-2002 ont marqué le retour de l'Afrique sur la scène politique malgache. Par ailleurs, depuis la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud est de plus en plus présente dans l'Île. Dans les villes les plus importantes de l'Île, des migrants ouest-africains se livrent au petit commerce. Ces faits récents ont suscité des interrogations sur les relations entre Madagascar et l'Afrique. En effet, d'une part, les Malgaches tiennent à leur singularité d'insulaires et, d'autre part, des stéréotypes datant de la période coloniale continuent à avoir cours sur les Africains. Il est alors apparu utile de revisiter la question des rapports de l'Île à son Continent, en laissant de côté le problème des origines, déjà beaucoup travaillé. Les Malgaches ont joué et jouent encore de leur appartenance " afro-asiatique ", se rattachant à l'Afrique ou au contraire s'en éloignant. L'Afrique la plus proche est bien sûr l'Afrique de l'Est. Depuis la période du peuplement de l'Île, le canal du Mozambique n'a jamais constitué une frontière. Madagascar a été très tôt insérée dans les réseaux de commerce animés par les cités swahili. Par la traite, des esclaves originaires du Mozambique ont été introduits dans l'Île. Malgré le cloisonnement de la région, suite au partage colonial, musiques, cultes et modèles sociopolitiques ont continué de circuler entre les deux rives du canal. Pourtant, à l'époque contemporaine, c'est avec l'Afrique de l'Ouest que Madagascar a entretenu le plus de relations. Anciens ou plus récents, ces liens peuvent être réactivés dans le cadre d'organisations dont Madagascar est membre (l'Union africaine, la SADEC, le COMESA) car la Grande Ile fait indiscutablement partie de l'Afrique sur le plan géopolitique. Au-delà de son exemple, une question plus générale traverse l'ouvrage : celle de l'insularité. Les îles peuvent-elles se passer de leur continent ? Comment, par leur spécificité, participent-elles à la diversité de celui-ci et lui offrent-elles plus d'ouverture ? Actuellement, l'Afrique australe et orientale se tourne vers le monde indo-océanique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.