Dans ce 11e numéro de Philitt (désormais éditée par les éditions R&N), articles, essais et entretiens permettent de s'interroger sur l'état de la littérature contemporaine, en mêlant critiques et apologies. Si certaines pratiques du milieu de l'édition favorisent le développement d'une littérature commerciale et obligent à redéfinir le statut d'écrivain, des entreprises authentiquement littéraires perdurent et méritent d'être valorisées. Contre la tentation d'une déploration univoque de la perte de la littérature, la revue tient à rappeler que la littérature vit toujours à travers certaines grandes figures contemporaines. Un numéro rafraîchissant, ample, à la pointe d'aujourd'hui, avec certaines grandes plumes (Krasznahorkai, Cartarescu...), à ne louper sous aucun prétexte !
Nombre de pages
133
Date de parution
10/06/2021
Poids
256g
Largeur
171mm
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EAN
9791096562312
Titre
Philitt N° 11, printemps-été 2021 : Déclin et salut de la littérature contemporaine
Campo Cristina ; Bart Elisabeth ; Sabbatini Fabriz
Voici pour la-première fois en français l'anthologie des "quatre-vingts poétesses" composée par la grande Cristina Campo, figure aussi insaisissable qu'incontournable de la littérature et la critique italienne. Son idée était aussi simple que formidable : construire "une anthologie jamais réalisée auparavant des pages les plus pures écrites par des mains féminines à travers les âges". Le livre, qui rassemble aussi bien des poèmes du Japon médiéval que des lettres de l'aristocratie française dorée du XVIIe siècle, des vers de la Grèce classique que des vers de l'Italie de la Renaissance ou du monde moderne, ne sera finalement jamais publié de son vivant, mais ce n'est que pour mieux nous permettre d'apprécier aujourd'hui la pertinence et la beauté de ses choix : Cristina Campo y fait entre autres briller Sappho, Simone Weil, la princesse byzantine Anne Comnène, Catherine de Sienne, mademoiselle Aïssé, Gaspara Staropa, Jane Austen, Marie de France, Murasaki Shikibu, les soeurs Brontë, Alejandra Pizarnik, Li Qingzhao, Al-Khansa... Elle construit ainsi une anthologie incontournable, érudite et malicieuse du génie féminin où la ruse côtoie le mysticisme, la chair son renoncement, le potin la révélation, l'amertume le septième ciel.
Résumé : Bernard Charbonneau, l'un "des génies méconnus de ce temps", selon son ami Jacques Ellul, a peut-être écrit avec le "Teilhard", en visionnaire qu'il a toujours été, l'une des premières critiques du transhumanisme. On crédite en effet désormais le père Teilhard comme l'un des inspirateurs de ce mouvement techno-philosophico-scientifique, qui le revendique souvent comme influence majeure. Dans ce pamphlet incisif et perspicace, Charbonneau critique le fondement même des théories de Teilhard sur l'évolution, la place de l'homme dans la société et même ses conclusions théologiques. Il considère en effet celles-ci comme le témoin de l'hubris de son auteur mais aussi - critique récurrente qu'il formulera contre le christianisme de son grand ami Ellul - comme une résultante de l'ambiguïté fondamentale du christianisme sur ce sujet. Une oeuvre capitale dans l'histoire de la pensée, qui n'a jamais été aussi importante qu'aujourd'hui, à présent que le transhumanisme a dépassé le stade des théories pour gagner celui des applications technico-pratiques.
Charbonneau Bernard ; Cheynet Vincent ; Cérézuelle
Ecrit au lendemain de la guerre à un moment où l'Etat devenait de plus en plus puissant en même temps qu'incritiquable, ce livre-somme est l'oeuvre politique majeure de Bernard Charbonneau. Ce livre impubliable à une époque obsédée par les horreurs du nazisme et le prestige du stalinisme a dû attendre 1987 pour être publié par un éditeur, date à partir de laquelle il est devenu un classique de la pensée anarchiste. Visionnaire, novateur, prophétique, écrit dans une langue vive et incisive au style personnel et élégant, cette oeuvre qui analyse l'Etat sous tous les angles est un réquisitoire implacable contre lui et ses inévitables excès, en ne perdant jamais de vue le concept central de toute la pensée de Charbonneau : la liberté de la personne. Epuisé et introuvable depuis de nombreuses années jusqu'à sa réédition en 2020, elle-même rapidement épuisée, le voici réédité dans sa forme complète à l'occasion des dix ans de R&N, une réédition qui prend en compte les corrections du manuscrit le plus récent de l'ouvrage découvert en 2025.
Si la santé de la planète est la priorité, jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour la sauvegarder ? Jusqu'à lui sacrifier notre liberté ? Ou bien l'écologie ne doit-elle être que le seul moyen pour tendre vers le bien, le vrai, le beau ? Loin d'être nouvelles, ces questions existentielles ont été soulevées depuis longtemps par des penseurs de l'écologie comme Jacques Ellul ou Bernard Charbonneau. Ces précurseurs nous lèguent de puissantes réflexions et de puissants avertissements face au développement d'une administration du désastre chargée de gérer, sous -la contrainte, la crise écologique. A l'aune de leurs réflexions et de son expérience comme rédacteur en chef des revues Casseurs de pub et de La Décroissance pendant 25 ans, Vincent Cheynet observe les débats qui traversent l'écologie contemporaine. Ils révèlent des clivages qui, loin d'être superficiels, révèlent des perceptions radicalement opposées de la condition humaine et de la notion de liberté.