Personne ne contrôle le marché des drogues. Ni les États ni le crime organisé. C'est ce que montrent Mathieu Verboud et Christophe Bouquet dans cette enquête pionnière ? nourrie de nombreux entretiens avec des chercheurs, juges, douaniers ou policiers ? sur le business model de la cocaïne en Europe. En partant de l'essor de la " Mocro Maffia " aux Pays-Bas et en Belgique à partir des années 2000, ils remontent aux racines de l'histoire coloniale des Pays-Bas, tout entière tournée vers le commerce et la botanique, afin de dessiner le paradigme du " marché sans maître " qu'est aujourd'hui devenu le business de la cocaïne. Émerge soudain un monde fantôme, déterritorialisé, ultra-concurrentiel, où les ordres donnés par téléphone dans un coin du globe sont exécutés à l'arme de guerre dans un autre. Un monde qui prospère grâce à la prohibition des drogues. Un monde totalement a-régulé, régi seulement par des flux, où aucun " cartel " ne décide seul des volumes et des prix. Face à lui, des États sans stratégie ni diagnostics sérieux mènent à " la drogue " une guerre sans fin qui, d'un côté, alimente la production et la violence homicide dans les pays producteurs et, de l'autre, partout dans le monde, monopolise une part considérable des ressources publiques sans résultats probants. Ce monde criminel, distinct du modèle vertical des mafias historiques, est désormais la principale menace à la sécurité intérieure du continent européen. Ce livre est l'histoire d'une guerre en tous points asymétrique.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
LE FILM-ÉVÉNEMENT DE MARTIN SCORSESEavec Robert de Niro, Al Pacino, Harvey Keitel, Joe Pesci et Anna Paquin Peindre des maisons, c’est la spécialité de Frank Sheeran, dit L’Irlandais, homme de main de la pègre. La peinture, c’est le sang qui gicle sur les murs quand un homme est liquidé. Américain d’origine irlandaise, il a appris à tuer pendant la Seconde Guerre mondiale. Il entre au service de Russell Bufalino, boss d’une grande famille mafieuse, et devient un solide soutien de Jimmy Hoffa au sein des Teamsters, le très influent syndicat des camionneurs. À l’époque, Bobby Kennedy, ministre de la Justice dédié à éradiquer le crime organisé, qualifiait Hoffa d’« homme le plus puissant du pays, après le Président ». Lorsque Bufalino ordonne la mort de Hoffa, le 30 juillet 1975, L’Irlandais s’exécute, conscient que son refus lui coûterait sa propre vie. Ce récit est le fruit de cinq ans d’interviews réalisées peu avant le décès de Frank Sheeran en 2003. L’Irlandais livre pour la première fois des révélations fascinantes sur la mystérieuse disparition de Jimmy Hoffa et sur d’autres assassinats tout aussi célèbres dont celui de John F. Kennedy. Un véritable travail d’investigation à travers lequel Charles Brandt nous propose un portrait sombre et haletant rivalisant avec les plus grands romans noirs.Traduit de l'anglais (tats-Unis) par Jean Esch et Samuel Todd
Makoto Saigo est clair : si Jake Adelstein écrit sa biographie, il lui sauvera la vie. En mauvaise posture, le journaliste raconte l'ascension de ce délinquant juvénile devenu yakuza. Le destin de Saigo se confond alors avec celui du gouvernement de l'ombre, entre tatouages traditionnels et affaires réglées au sabre. Cynisme et argent triomphent, et c'est chacun pour sa peau. Le sens de l'honneur devrait-il se perdre en chemin ?
Vous supprimez cet article, ou c'est vous qu'on supprime. " Derrière la fumée de sa cigarette, Jake n'est pas vraiment en position de négocier. Premier journaliste occidental à travailler pour le quotidien japonais Yomiuri Shinbun, il court après les bons sujets. Et là, il en tient un. Un sérieux, un fumeux, un dangereux : le yakusa le plus célèbre du Japon s'est fait opérer secrètement aux Etats-Unis. L'article vaut son pesant d'or. La mafia japonaise le sait. Et elle ne fera pas de cadeau à Jake Jake Adelstein est journaliste. Tokyo Vice est son histoire. " Tokyo Vice rejoint d'autres ouvrages majeurs de la littérature du réel parmi lesquels Baltimore ou Gomorra. " Le Monde des livres " Une fascinante plongée dans les bas-fonds de la société japonaise. " Le Monde Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cyril Gay
Saint-Tropez, 2009. Au royaume du luxe et de l'outrance, Samy, Marco et Arnaud sont rois : leurs noms sont connus de tous, leur complicité intrigue. Aigrefins de Belleville et blouson doré des quartiers huppés, tout les oppose. Et pourtant, ce trio improbable a réussi l'impensable : détourner près de trois cents millions d'euros au nez et à la barbe du Fisc français, sur le dos du droit à l'environnement. Un fiasco d'Etat qui risque de leur coûter cher. Car après l'épiphanie de l'argent vient la décadence du sang.