A Trinidad vivait une famille...", dit un air de calypso célèbre. Mais là s'arrête toute comparaison entre la chanson et le roman. Dans "la rumeur des cannes", Egbert Ramsaran terrorise "la Colonie", petit bourg égaré entre Por of Spain et San Fernando, dont les habitants sont tous d'origine indienne. Le pouvoir est son obsession, l'argent son unique moteur. Il enseigne à son fils Wilbert cette seule vérité d'un côté les faibles, de l'autre les forts. Témoin des excentricités paternelles ? son père préside des réunions hebdomadaires, un pistolet à la main ?, Wilbert apprendra l'ambiguïté des sentiments, l'amertume de l'existence, la fragilité des êtres. Avec une précision aiguë, Shiva Naipaul, fait graviter dans le microcosme de "la Colonie" un large échantillon de types humains ? Bholai, l'homme sans volonté ; Sushila, la prostituée "hédoniste" ; Cha-Cha, dit le Chinois, qui fait de la fainéantise le but suprême de l'existence ? pour mieux les enfermer dans une sorte de prédéterminisme qui laisse peu de place au libre-arbitre. Dans cette île où a régné l'économie de plantation, nul n'échappe vraiment à la rumeur omniprésente des cannes.
Nombre de pages
352
Date de parution
03/05/2000
Poids
422g
Plus d'informations
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EAN
9782903033859
Titre
La rumeur des cannes
ISBN
2903033854
Auteur
Naipaul Shiva ; Belvaude Catherine
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
422
Date de parution
20000503
Nombre de pages
352,00 €
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Le jour où Baby Khoja a épousé Ram Lutchman, toute la colonie hindoue de Port of Spain a haussé les sourcils. A Trinidad, on ne plaisante pas avec les mésalliances. Qu'une fille du clan Khoja ait pris pour mari un conducteur d'autobus, voilà qui dépassait l'entendement. Pourtant, Baby était sans doute la seule personne vraiment humaine dans cette famille rétrograde, excentrique et prétentieuse de propriétaires fonciers. Au fond, ce mariage désastreux n'était qu'une péripétie de plus dans une saga tropicale scandée par les naissances, les deuils et les catthas, ces assemblées mensuelles où le clan se retrouve au grand complet. C'est cette histoire bruissante de scandales étouffés, de secrets de famille et de passions inavouables qu'écrit Shiva Naipaul, avec le réalisme et la fantaisie des grands écrivains picaresques. Maris adultères, femmes intrigantes, brahmanes arrogants, métis ivres de rhum, tout un peuple fait irruption dans la littérature : un peuple misérable, bouleversant et glorieux.
Il existe à la Trinidad, entre Port of Spain et San Fernando, un village misérable appelé la "Colonie". C'est là que vit la communauté d'origine indienne. Un homme, Egbert Ramsaran, règne sans partage sur ce peuple de handicapés sociaux. A son fils Wilbert, il enseigne cette vérité : il y a deux camps, les faibles et les forts, et il appartient aux seconds de dominer les premiers. Mais tous les hommes, même les plus durs, ont leur faiblesse. Quand la belle Shushila vient s'installer chez lui, Egbert ignore qu'elle va provoquer la chute de la maison Ramsaran, et qu'elle annonce peut-être une autre disparition : celle de la "Colonie" tout entière, balayée inexorablement par l'histoire. Comme dans Lucioles, Shiva Naipaul peint une fresque grouillante de personnages de la Caraïbe britannique : Cha-Cha le fainéant ; Phulo, la femme aigrie ; Singh, la brute qui garde le domaine ; les amours contrariées de Sita et Julian. Tour à tour comiques et tragiques, ces "vies minuscules" possèdent la dignité et la mélancolie des grands romans européens. Mort à quarante ans en 1985, le frère cadet de V.S. Naipaul était un écrivain "prodigieusement doué, intelligent, ironique, curieux, passionné" (Pierre Pachet). Il fut une sorte de Dickens chez qui l'Angleterre du XIXe siècle aurait été remplacée par une société multiraciale hantée par les séquelles du colonialisme.