La conférence est un mardi, le jour de Mars, le jour de la guerre. Elle se regarde dans la glace, remettant en place une mèche derrière son oreille, son chignon doit être parfait, elle veut ressembler à une héroïne grecque, à une fille d'Ares. D'autres étudiantes ont sacrifié leurs chevelures, mais pas elle, d'autres étudiantes ont troqué leurs robes et leurs étoles contre des tuniques et des plaids, mais pas elle. À l'insu de sa soeur et de ses parents, mais avec l'aide de la bonne, Mâcha, elle a revêtu un corsage moulant en ruche avec des petits boutons de nacre tarabiscotés, et une jupe brodée en satin bordée de dentelle.Elle s'apprête à se rendre à l'université, pour assister à la lecture d'un écrivain dont tout le monde parle, un noble qui a écrit sur ses quatre années passées au bagne, en Sibérie. Il y aura foule, mais elle voudrait qu'il la remarque. Elle sait qu'elle peut passer inaperçue, car elle a un physique changeant, ondoyant selon la couleur du ciel et celle de ses humeurs. Elle est haute de taille, mais si frêle qu'elle peut paraître petite, son regard est parfois gris, parfois vert, elle a le teint pâle. Aujourd'hui, ses yeux ressemblent à deux galets brillants, ses joues sont rondes, enfantines, elle n'est pas trop mince - Mâcha prend soin d'elle et l'oblige à se nourrir -, sa chevelure est rousse. Heureusement, les lumières de la Raison ont atteint la Russie et l'on n'y brûle plus les femmes aux cheveux rouges.Elle arrive à l'avance dans l'amphithéâtre et se glisse sur un des étroits bancs de bois, un de ceux qui n'ont pas été conçus pour que des jeunes femmes aux jupes victoriennes viennent s'y asseoir, mais pour les garçons en vestons et pantalons serrés. Petit à petit, l'auditorium se remplit de jeunes gens, bruyants et grégaires, qui viennent écouter la conférence d'une victime du régime en place et qui trouvent là une occasion de montrer qu'ils sont indisciplinés, contre l'autorité, contre l'université, contre le gouvernement, et peut-être même contre cet écrivain qui vient de passer dix ans dans l'Est, et dont on dit que même le tsar a pleuré en lisant ses mémoires. Les coudes et les cuisses se frôlent, les capotes bruissent, les talons claquent, les garçons défont les boutons de leur vareuse et ouvrent leur, chemise. De la buée perle sur les vitres, une odeur de vêtements mouillés sature l'air.Apollinaria essuie les gouttes de sueur qu'elle sent apparaître sur son front et s'apprête à ôter ses lunettes bleues, seul sacrifice à la mode du temps. Son visage nu, pur, attire parfois l'attention des autres étudiants, même s'ils ne la reconnaissent pas ensuite. Souvent, quand elle traverse les couloirs de la faculté, elle entend chuchoter. «C'est une des soeurs Souslova. Mais laquelle? Nadejda? Non! l'autre, comment s'appelle-t-elle déjà? Qu'elle est belle! Qui pourrait dire qu'elle est née en servage?» Elle ne sait pas si elle doit être fière ou honteuse de cette célébrité (qui est aussi celle de sa soeur, une des élèves les plus brillantes de l'université). Qui lui donnera la réponse? Peut-être cet homme que tout le monde attend, qui, outre son témoignage sur la Katorga, a écrit un roman, Humiliés et offensés, dont elle connaît la première phrase par coeur: «Je parle de mes nouvelles, j'ajouterai que j'ai toujours trouvé plus de charme à les rêver qu'à les écrire.»
Camille se fanait en marchant. Chaque pas qui l'éloignait de la Porte des Lions vers le Café de Flore la rapprochait de l'âge de la femme où les possibles se raréfient. A l'idée de la trentaine, une célibataire désargentée peut devenir sa propre ennemie. A vingt-quatre ans, Camille Corday, aussi ravissante qu'ambitieuse, rencontre sa chance: Niels Phileas, un jeune héritier américain. Elle le suit aux Etats-Unis et découvre l'envers du paradis, à mille lieues de ses prétentions romantiques. Mais faut-il croire en l'amour quand on a choisi de réussir sa vie? Lucide et féroce, La Vraie Vie des jolies filles nous transporte au coeur de Saint-Germain-des-Prés, mais aussi sur d'autres scènes qu'affectionnent les "Heureux du monde", de Miami à Saint-Barth, en passant par New York et Palm Beach.
Capucine Motte est née en 1971 en Belgique. Elle a été avocate à New York et à Paris, mais aussi galeriste. Elle vit à Paris. Elle est l'auteur d'un premier roman, La Vraie Vie des jolies filles, paru chez Lattès en 2010.
Le meilleur ami de l'Homme est tout simplement irrésistible quand il est tout petit ! Découvrez d'adorables chiots chaque mois grâce à ce calendrier. Calendrier mural au format 30x30 cm, à spirale métallique, facile à accrocher. Retrouvez 12 belles images en pleine page à raison d'une par mois. Le calendrier indique les Saints, vacances scolaires par zone et jours fériés. Le calendrier est très pratique : à chaque journée sa case avec suffisamment de place pour y noter les aspects pratiques du quotidien et organiser sa vie de famille. Il y a notamment une grande case centrale où écrire. Les photos sont légendées de textes détaillés. Depuis plus de 10 ans, les calendriers des éditions Place des Victoires accompagnent joliment et utilement le quotidien de nombreuses familles !
Voici une sélection de paysages époustouflants de nos régions. Calendrier mural au format 30x30 cm, à spirale métallique, facile à accrocher. Retrouvez 12 belles images en pleine page à raison d'une par mois. Le calendrier indique les Saints, vacances scolaires par zone et jours fériés. Le calendrier est très pratique : à chaque journée sa case avec suffisamment de place pour y noter les aspects pratiques du quotidien et organiser sa vie de famille. Il y a notamment une grande case centrale où écrire. Les photos sont légendées de textes détaillés. Depuis plus de 10 ans, les calendriers des éditions Place des Victoires accompagnent joliment et utilement le quotidien de nombreuses familles !
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.
1803, Caroline du Sud. Fille d'une riche famille de Charleston, Sarah Grimké aspire dès le plus jeune âge à accomplir de grandes choses. Lorsque, pour ses onze ans, sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre ce système inhumain. Entre les fillettes naît alors une véritable amitié, qui grandit au fil des années. Guidée par ses idéaux mais surtout par son affection pour Handful, Sarah n'abandonnera jamais l'espoir d'affranchir son amie. Superbe ode à la liberté et au courage, L'Invention des ailes dépeint les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables, à la force de caractère incroyable, unis par le même profond désir d'indépendance.
Dans un hôtel berlinois, Maurice Swift rencontre par hasard le célèbre romancier Erich Ackerman qui lui confie son lourd passé, et lui permet de devenir l'auteur qu'il a toujours rêvé d'être. Quelques années plus tard, Maurice Swift s'est enfin fait un nom ; il a désormais besoin de nouvelles sources d'inspiration. Peu importe où il trouve ses histoires, à qui elles appartiennent, tant qu'elles contribuent à son ascension vers les sommets. Des histoires qui le rendront célèbre, mais qui le conduiront aussi à mentir, emprunter, voler. Ou pire encore, qui sait ? Roman troublant des ambitions démesurées, L'Audacieux Monsieur Swift raconte combien il est facile d'avoir le monde à ses pieds si l'on est prêt à sacrifier son âme. Traduit de l'anglais (Irlande) par Sophie Aslanides
Le citoyen Laurent Lecointre a-t-il perdu la tête ? A quarante-sept ans, ce père de famille et négociant prospère, fournisseur de draps à la cour, a tout pour être heureux. Mais alors que les fiançailles de sa fille se dessinent, la Révolution française éclate. Et le bonhomme décide, sans crier gare, de se jeter dans la gueule du volcan. Patriote exalté jusqu'à la furie, créature de Mirabeau et Marat, persécuteur de Berthier puis de Beaumarchais, Lecointre n'a plus qu'une obsession : les affaires publiques. Porté au commandement de la garde nationale versaillaise, bientôt élu à l'Assemblée législative, l'ennemi des rois se transforme en tyran domestique et en accusateur public. Jouant avec la guillotine comme d'autres avec le feu, il déploie son tempérament excessif dans toutes les circonstances les plus graves de la période, des terribles journées versaillaises d'octobre 89 à la chute de Robespierre, cinq ans plus tard, en passant par le procès de Marie-Antoinette dont il est le premier témoin à charge. C'est l'itinéraire exceptionnel de ce personnage énigmatique, haut en couleur et attachant que Le Bouffon de la Montagne retrace. Des bancs enfiévrés de la Convention aux brumeux rivages du Cotentin où il est envoyé en mission, de la prison du Mont-Saint-Michel à l'exil dans la campagne briarde, l'épopée farcesque de Lecointre provoque le vertige par l'accumulation de ses authentiques péripéties. Et le roman de cape et d'épée se double donc d'une réflexion sur le revers comique d'une des plus tragiques périodes de notre histoire.
La vie d'Arnaud de Creully bascule en ce printemps 1134, quand, en regagnant son village, il aperçoit l'incendie ravageant la masure de sa mère qu'il est impuissant à tirer des flammes. Persuadé que l'insouciance de sa jeunesse est la seule responsable de sa mort, il fait voeu de silence et s'engage à accomplir le pèlerinage de Bayeux jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle afin d'y obtenir le pardon de sa faute. Accompagné de Morel, son ami d'enfance, et de singuliers pèlerins compagnons de route, les étapes de son parcours seront émaillées d'aventures parfois émouvantes ou drôles et toujours pittoresques. Tout au long du chemin, il fera d'étranges rencontres dont une, celle de la douce Sabah, qui risquera de compromettre son engagement et "le Serment de Compostelle". Mais son pèlerinage accompli, reviendra-t-il finalement en Normandie, libéré de son lourd fardeau ...
Octobre 1493. Alors que Florence pleure Laurent le Magnifique, Milan connaît sous le règne de Ludovic le More un essor florissant, et bien des artistes de renom sont invités à la cour ducale. Léonard de Vinci partage son quotidien avec sa mère Caterina et son apprenti bien-aimé Salaï. Il travaille au gigantesque cheval de bronze qu'il a promis au duc de Milan pour honorer son père, Francesco Sforza, et doit affronter des problèmes techniques qu'il n'avait pas soupçonnés. Accaparé par d'innombrables projets, il confie les secrets de ses recherches à un carnet, fort convoité par certains.Quand un cadavre est retrouvé au milieu de la cour du château, Ludovic le More fait appel au génie multiforme de Léonard, comptant sur ses connaissances en anatomie et sur son intuition pour éloigner les soupçons de peste et démasquer le jeu d'intérêts croisés des Este et du roi de France, dans lequel banquiers et religieux ne sont pas en reste.Un roman historique plein d'invention, un voyage surprenant dans une des périodes les plus fascinantes de l'histoire italienne, la Renaissance.Marco Malvaldi est né à Pise en 1974. Il est l'auteur d'une série policière (La Briscola à cinq et Un tour de passe-passe), de romans policiers historiques et de livres de vulgarisation scientifique. Le Cheval des Sforza est un immense best-seller en Italie.Traduit de l'italien par Nathalie Bauer