Ombres sorties du néant, mortes au néant, puis ombres ressuscitées d'instant en instant, un pas après l'autre(extraits du texte qui introduit) / ils dansent avec tant de joyeux courage et de solennelle dignité. Ils vont, ils viennent, ils savent / la grâce confine à la mort qui surviendra en voleur ou en trompettes / et pourtant, ils continuent de danser, d'inviter aux plaisirs, aux rêves des sens, aux fêtes charnelles / "Tu verras" , semblent-ils dire, "comme seront riches nos nuits d'amour. Enivrantes, vertigineuses". "Mais plus loin, au-delà de ce bel horizon, tu verras aussi comme leur succèdera une autre nuit, ininterrompue. Une nuit sans merci et sans recours" / dans une salle de bal d'une longueur de hall de gare, ou sur un plateau immense, en plein air, alors qu'ils effectuent des révolutions / ils baissent les yeux, leurs pupilles s'agrandissent et s'égarent, ils se laissent aborder par une conscience malheureuse / quand on évoquera ces instants, quand s'imposera leur image vivante, on aura une pensée pour eux, pour les silhouettes raffinées en bordure du brouillard, des bancs laiteux à la dérive au-dessus de terre sombre et des cours d'eau / on se les racontera, un à un, comme ils se présenteront, comme ils apparaîtront, dans la salle de bal toute en longueur ou sur le vaste plateau / il y aura eu tant de noblesse naturelle dans chacun de leurs gestes, tant de distinction, dans la liesse et l'affliction. On ne taira rien /
Nombre de pages
84
Date de parution
15/04/2026
Poids
120g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782355774201
ISBN
235577420X
Auteur
Moses Emmanuel
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Date de parution
20260415
Nombre de pages
84,00 €
Disponibilité
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Ballade Le vent souffle sur les aigles de la Sierra Gorda sur les arbres appelés los blancos et pirules il souffle sur la Pena de Bernal et les jardins de Xilitla j'avais oublié qu'il y avait tant d'amour je voulais oublier si peu d'amour la musique vivait dès l'aube dans le chant des loriots à minuit les cloches ralliaient les processions de Cristeros la Vierge priait pour les vieux paysans - la pluie nous a cachés sous son rideau sale silencieuse comme les bergers qui ramènent leur maigre troupeau au village autour de nous la terre avait bu toutes les batailles qui serait aimé ? Le vent insoumis s'est perdu...". Emmanuel Moses.
Le grand poète Z. A. passa une décennie à se soûler à Paris, après s'être soûlé pendant trois ans à Berlin. Puis il rentra se soûler jusqu'à la fin de ses jours à Lvov/Lviv/Lemberg, sa ville natale. Les femmes travaillent sur l'histoire des femmes. Les homosexuels travaillent sur l'histoire de l'homosexualité. Les Noirs travaillent sur l'histoire du colonialisme. Les Juifs travaillent sur l'histoire de la Shoah. Chaque temps grammatical est porteur d'un espace qui lui appartient en propre. Au point qu'on peut parler peut-être tout autant d'espaces que de temps grammaticaux. En écoutant une symphonie, il n'oubliait pas le théâtre. En lisant un roman remarquable par sa forme, il n'oubliait pas le théâtre. En observant toutes les portes cochères qui menaient de chez lui au théâtre, il n'oubliait pas le théâtre. (Hommage à V. M. 3.)"
Großvater (grand-père) Kühlbrand faisait l'objet, non sans raison d'ailleurs, d'un véritable culte. Cet aïeul, médecin, était évoqué bien plus comme une figure de légende que comme une personne de chair et de sang et, tout bien considéré, il ne serait pas exagéré d'affirmer qu'il formait la souche sur laquelle s'était développée la chronique familiale et que l'auréole qui l'entourait rejaillissait sur ses descendants - en tout cas dans l'esprit de ma grand-mère - de même que dans la Bible, les actes d'un ancêtre se ressentent sur sa postérité jusqu'à la millième génération. Sa silhouette menaçante se glissait sous la porte de ma chambre ou dans l'entrebâillement avec le rai de lumière qui attestait la continuation de la vie pendant ces instants, parfois courts comme un clin d'oeil, parfois interminables, qui s'étendent entre l'état d'éveil et celui du sommeil, sorte de zone frontalière régie par des lois surnaturelles. Entièrement recouvert de cuir noir, il écartait les bras, dressé de toute sa hauteur, semblable à un grand oiseau de proie qui va prendre son envol. Autour de lui, le feu mauvais et rouge de la maladie dardait ses innombrables langues mais il ne paraissait pas s'en apercevoir ou plutôt, il le tenait en respect car les flammes ne l'atteignaient pas."
Un homme marche, qui pourrait se réciter les vers de Rilke : «?quelque chose qui est hors de notre vouloir ; nous nous engouffrons en elle comme dans un rêve, nous mourons en elle sans nous réveiller». Il commence par déambuler dans les couloirs labyrinthiques d'un hôpital psychiatrique, y faisant d'étranges rencontres, réelles ou imaginaires, puis il se retrouve expulsé dans le monde glacial d'une grande ville en proie à la violence politique, criminelle et sociale. Un monde où la chaleur humaine n'est qu'un vain mot et où l'alcool noie les égarés.
Pourtant parfois quelque chose demeure dans ce qui tombe / quelque chose reste de ce qui se perdLE CONTENU. 12 Pas (De 1 à 12) suivis de Pour ne pas finir V I ICe quelque chose flottait sur les décombres, toujours se dérobant, quelque chose comme l'indéfinissable beauté au-delà des ruines d'un sacré profane qui comblait fugitivement la réalité. Un au-delà de tout, inexprimable qui tenait aux quatre coins du ciel, de la terre, des hommes absents et du grand ciel vide Cet esprit du lieu comme une buée musicale, un air coloré que je respirais.Je suis resté là longtemps. Assis et comme égaré.
Je vais à la fenêtre, avec un sac plastique, je ne sais plus, ce que je devais y mettre, alors je le tends, au ciel, vide, ou plein, ça dépend des jours".