Walter Ferranini, quarante-cinq ans, ancien cheminot venu de la base et qui a fait la guerre d'Espagne, homme intègre et austère, dont la seule raison d'être est le militantisme, vient d'être élu député sur une liste communiste. Coupé du contact vivant avec sa province, mal à l'aise parmi les grands dirigeants et les hommes d'appareil rompus aux habitudes de la capitale, il en viendra à entrer doublement en conflit avec la direction de son parti. Le P.C. intervient dans sa vie privée et tente, pour des raisons de bienséance, de la détourner de sa compagne. Passionné d'autre part de biologie autant que de marxisme, Ferranini publie dans la revue de Moravia (donc à l'extérieur du Parti) des réflexions sur le caractère selon lui à jamais aliénant (et non pas "libérateur") du travail. Pensée trop audacieuse qu'il sera sommé brutalement de renier, comme "révisionniste"... Le Communiste n'est ni un livre théorique, ni un pamphlet anticommuniste. Dans la lignée des grandes fresques de Tolstoï ou de Thomas Mann, il est un roman "historique" sur l'époque contemporaine.
Nombre de pages
344
Date de parution
09/06/1978
Poids
340g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070299652
Titre
Le communiste
Auteur
Morselli Guido ; Minot-Templier Claude
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
340
Date de parution
19780609
Nombre de pages
344,00 €
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Guido Morselli Dissipatio Il était entré dans une grotte pour s'y suicider. Il en ressort, ayant renoncé à son projet. Entre-temps toute trace de l'existence des humains s'est volatilisée. Il n'y a plus de vivants, il n'y a pas de morts non plus. Ce n'est pas du tout l'apocalypse atomique. Seules les machines continuent à fonctionner, fruits dérisoires de l'ingéniosité humaine. S'est-il passé un cataclysme d'un genre nouveau ? Ou l'homme de la grotte se serait-il réellement tué ou subsisterait-il ainsi, privé de tout environnement humain, séparé à jamais de ses semblables ?
Nous sommes à Rome, dans les derniers jours du XXe siècle. Le pape, Jean XXIV, Irlandais dans la force de l'âge, a quitté le Vatican pour une sorte de complexe de motels, dans une bourgade des environs de Rome. Il fait un peu de tennis, du cheval, et reste silencieux, dans une paix bucolique plutôt que religieuse. Le narrateur, Walter, modeste prêtre suisse, attend à Rome, où il n'était pas retourné depuis trente ans, d'être reçu par le Saint-Père. Décommandé de jour en jour, il attendra l'audience un an durant. Le temps de rencontrer toutes les sortes possibles de prêtres de toutes nationalités, prélats de tous rangs, théologiens de tous horizons. Mariés pour la plupart, se promenant en jeans, fumant de la marijuana, ils offrent à Walter, observateur inquiet, attentif, ingénu, le spectacle d'un bouillonnement "théorique", où dans Rome privée de directives, toutes les données de la culture moderne et de la science alimentent la pensée de la nouvelle Église. Walter, resté quelque peu traditionnaliste, n'accueille pas sans perplexité certaines nouveautés. Passe encore que Satan, la révélation, l'Immaculée Conception soient passés de mode ; ou que la psychanalyse ait été adoptée ; ou encore que des missionnaires entreprennent de convertir de grands ordinateurs. Mais faut-il accepter l'introduction du totémisme dans la pratique religieuse ? Ou qu'à la charité de jadis se substitue le concept politique de "socialidarité", thème du Concile préparé pour l'an 2000 ? Roman d'anticipation, ce livre intelligent et fin est aussi des plus actuels.
Un homme entre dans une grotte pour s'y suicider. Il en ressort, ayant renoncé à son projet. Entre-temps, l'humanité a disparu. Il n'y a plus de vivants, il n'y a pas de morts non plus. Seules les machines continuent à fonctionner, fruits dérisoires de l'ingéniosité humaine. S'est-il passé un cataclysme d'un genre nouveau ? Ou l'homme de la grotte se serait-il réellement tué ou subsisterait-il ainsi, séparé à jamais de ses semblables ? Guido Morselli, né à Bologne en 1912, s'est suicidé en 1973 après avoir écrit ce livre de la solitude absolue.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.