Lire Spinoza, c'est décrire les lignes de force de son architecture théorique; analyser les textes essentiels où viennent se nouer les principales difficultés; insérer sa pensée dans le contexte hors duquel on ne peut déchiffrer son sens et ses enjeux. C'est aussi demeurer attentif à sa dimension controversiale et aux registres de son style, de son lexique et de son argumentation, ainsi qu'aux différents genres d'écriture philosophique qu'il a choisis le dialogue et le traité, la lettre ou l'exégèse, la démonstration mathématique ou le scolie polémique. C'est enfin repérer les écarts significatifs qui marquent la production de son originalité et transforment une culture en interrogation systématisante. Il s'agit alors moins d'exposer une doctrine que de repérer et d'analyser les problèmes d'une philosophie. Ainsi peuvent prendre sens le rapport de Spinoza à Epicure ou à Descartes; sa reprise complexe de ce que Tacite dit des Juifs; sa relation à l'athéisme ou au matérialisme; l'usage qu'il fait du vocabulaire psychologique ou des textes bibliques traitant des prêtres ou des prophètes; la signification que prennent sous sa plume des notions comme la lumière naturelle, l'amour, le jugement, le doute ou le martyre.
Date de parution
27/04/2006
Poids
380g
Largeur
215mm
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EAN
9782711618187
Titre
PROBLEMES DU SPINOZISME
ISBN
2711618188
Auteur
MOREAU
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
380
Date de parution
20060427
Nombre de pages
0,00 €
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De 1683 à 1694, Antoine Arnauld et Nicolas Malebranche, anciens " amis " et prêtres que leur intérêt pour Descartes, leur révérence pour Augustin et leur commune inquiétude face au " libertinage " semblaient pourtant destiner à s'entendre, polémiquèrent violemment. En insistant sur l'aspect philosophique de ces débats, cet ouvrage propose la première interprétation d'ensemble de cette célèbre confrontation. Y a-t-il de sérieuses raisons philosophiques au désaccord entre Arnauld et Malebranche ? Leur détermination permet-elle d'éclairer certains aspects du malebranchisme ? Existe-t-il une philosophie d'Antoine Arnauld et peut-on en préciser les contenus ? Répondre à ces trois questions amène à éclaircir trois champs de recherche. En premier lieu, la polémique entre Arnauld et Malebranche fut un événement intellectuel. Nombreux furent les grands esprits contemporains qui prirent position et se trouvèrent ainsi impliqués, à des degrés divers, dans l'empoignade. En signalant leurs réactions, on voit apparaître les contours des camps philosophiques des années 1680, ainsi que quelques-unes des lignes de fracture conceptuelles qui contribuèrent à cette " crise de la conscience européenne " dont parlait Paul Hazard. En second lieu, les références à Descartes sont fréquentes chez Malebranche, incessantes chez Arnauld : en interrogeant le statut et les modalités de ces renvois et rapports croisés à une grande figure absente qui hante le débat, on précise le statut de la catégorie " cartésianisme " en histoire des idées. Enfin, Malebranche et Arnauld parlent souvent de Dieu. Au point de fuite de ce travail, on est alors conduit à une nouvelle interrogation : l'impuissance théologique du cartésianisme est-elle congénitale, ou bien peut-on tirer des dividendes théologiques de la philosophie cartésienne sans en faire jouer les structures et en modifier les concepts fondamentaux ?
Alors même que Malebranche est reconnu comme un philosophe éminent, il est souvent vu comme un penseur dont la pertinence intéressera plus l'historien de la philosophie que le philosophe contemporain. Or, cet ouvrage nous le présente comme un esprit libre qui s'est toujours défié des autorités humaines et qui s'est attaché à des réflexions sur des questions toujours posées : la validité universelle de certaines propositions théoriques et morales, la nature des idées, la connaissance de soi, la causalité, etc. Dans la mesure où il existe peu de monographie sur l'auteur, ce livre est d'autant plus précieux, qu'il offre une présentation claire et exhaustive de la philosophie de Malebranche nous rendant familier son univers intellectuel.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.