Extrait de la préface de Michel CollotPlusieurs revues et émissions littéraires ont récemment révélé aux lecteurs français la vitalité et la diversité de la poésie coréenne contemporaine, et un film étonnant, Poetry, nous a appris qu'elle n'était pas réservée à une élite sociale et intellectuelle, mais pouvait toucher un public plus large grâce à des ateliers d'écriture ouverts à tous et à toutes, et à des clubs dont les membres se réunissent dans des cafés pour lire les poèmes qu'ils ont aimés ou qu'ils ont écrits.Incarnée par une des plus grandes stars du cinéma coréen, à la beauté bouleversante et au visage merveilleusement expressif, l'héroïne de ce film est une femme d'un certain âge, aide-ménagère auprès d'un vieillard invalide, et chargée par sa fille de l'éducation d'un adolescent au comportement répréhensible. Malgré ou à cause de cette existence difficile, elle cherche à exprimer, non sans mal, à travers la poésie, la force vitale qu'elle découvre par moments en elle et dans le monde qui l'entoure, aussi dur soit-il.Cette femme m'a fait penser à l'auteur des poèmes rassemblés dans cet ouvrage. Je n'avais pas encore eu la chance de connaître Moon Chung-hee, mais j'ai ressenti, en la lisant, la même émotion et la même énergie. Il m'a semblé que ces deux femmes livraient un peu le même combat contre un ordre injuste et contre la domination masculine, pour faire entendre en poésie une autre voix et proposer une autre voie à la société contemporaine.Dans le film, donnant un cours de poésie, l'écrivain soutient, à la surprise de son auditoire, que celle-ci peut résider aussi bien dans un amoncellement de vaisselle sale sur l'évier de la cuisine que dans le plus idyllique des paysages, car elle dépend surtout de la qualité du regard porté sur eux. Bien des poèmes de Moon Chung-hee ont pour point de départ une réalité très prosaïque, et confèrent sens, beauté et dignité aux expériences les plus triviales ainsi qu'aux tâches plutôt ingrates et ennuyeuses qui sont encore souvent le lot des femmes à la maison ou au travail, en Corée comme en Occident.Cette attention aux menus faits, objets et gestes du quotidien, si elle est liée à certains aspects de la condition féminine contemporaine, rejoint aussi une tendance commune à la tradition poétique extrême-orientale et à la modernité occidentale, et qui anime aussi bien le mono no aware japonais que le parti-pris des choses de Francis Ponge. Celui-ci avait fait scandale parmi les critiques conservateurs en publiant pendant la guerre un éloge de la pomme de terre, qui fournit à qui l'épluche «un plaisir de choix», et en comparant l'inspiration poétique à une lessiveuse qui fait bouillir l'eau pour laver du linge sale. Lorsque Moon Chung-hee se montre dans un poème en train de faire la vaisselle, elle évoque certes une servitude quotidienne, mais elle dévoile surtout le potentiel poétique que peut receler une activité manuelle, faisant ainsi de la vie matérielle une véritable «matière-émotion», selon le mot de Char. C'est une manière discrète, mais efficace, de «désaffubler la poésie», comme le voulait Ponge, et de la faire descendre de l'éther où la confinait une tradition passablement idéaliste, pour la faire croître à ras de terre.
Nombre de pages
144
Date de parution
24/10/2012
Poids
166g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782362290350
Titre
Celle qui mangeait le riz froid
Auteur
Moon Chung-hee ; Kim Hyun-ja ; Collot Michel
Editeur
BRUNO DOUCEY
Largeur
135
Poids
166
Date de parution
20121024
Nombre de pages
144,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Quand une image vaut mille mots, entrez dans l'univers de Moon ! 365 jours, 365 dessins, réunis dans un gros volume carré : voici Squares, le projet un peu fou de l'artiste nantais MOON. On découvre des illustrations réalisées avec différents médiums (graphite, crayons de couleur, encre, aquarelle...), pleines de vie et de couleurs, exprimant de manière onirique et surréaliste la symbiose entre l'humain et le végétal. Entrer dans l'univers de Moon, c'est se laisser prendre par la main pour découvrir un monde plein de couleurs vibrantes, de créatures à la fois humaines et végétales ; c'est découvrir un équilibre entre les formes et les nuances. Il est souvent dit qu'une image vaut mille mots, mais cela n'a jamais été aussi vrai que pour les dessins de Moon, qui nous dévoilent un émoi, un tourment, une attente, une rencontre, un doute, un apprivoisement... La vie dans toute sa palette d'émotions. Cette nouvelle édition est enrichie d'une couverture cartonnée et d'une nouvelle mise en page. Ce premier volume sera suivi de Squares Vol. 2 puis de Drizzle et enfin de Square vol. 3 en 2024.
Résumé : Quand une image vaut mille mots. Après Squares 1, Moon nous entraine à nouveau pour 365 jours de dessins, réunis dans un gros volume. Vous y trouverez des illustrations pleines de vie et de couleurs, illustrant de manière onirique et surréaliste la symbiose entre l'humain et le végétal, réalisées avec différents médiums (graphite, crayons de couleur, encre, aquarelle...).
Résumé : Bienvenu dans un monde onirique Drizzle est un recueil de dessins réalisés par Moon avec des stylos à encre gel dans deux petits carnets (9 x 14 cm) au cours de ces deux dernières années. Ce livre coloré possède les mêmes dimensions que les originaux de l'artiste, pour reproduire au mieux la sensation d'avoir ces derniers en mains. " Un nombre incalculable d'heures ont été nécessaires pour remplir ces pages. Vous y trouverez beaucoup de personnages, flirtant souvent avec la limite des mondes humains et végétaux, des créatures oniriques, des paysages et de nombreux autres sujets, le tout façonné par une myriade de petits traits qui évoquent de "la petite pluie", la bruine, 'Drizzle' en anglais. " - Moon
Résumé : Voici le troisième volume de la série " 365 Squares " qui est née du projet un peu fou de Moon de réaliser un dessin par jour pendant plusieurs années sur un carré de 15 x 15 cm. Dans ces artbooks, c'est tout un univers que l'auteur défini comme " Polychröm Symbiosis " qui se déploie, illustrant de manière onirique et surréaliste la symbiose entre l'humain et le végétal.
Au moment des printemps arabes, on voit Maram al-Masri se vêtir du drapeau de son pays, incarnant la Syrie éprise de liberté, puis martyrisée. On la voit glisser son portable sous son oreiller, ne plus respirer, ensevelie sous ses morts. Tout au long de la révolution syrienne, la poétesse guette chaque jour les photos et les vidéos qui proviennent du pays où elle est née. Elle en tire le plus beau livre qui soit. Le texte témoin d'une époque, qui frappe par sa simplicité et sa dimension universelle.