Les livres I et II des Essais de Michel de Montaigne ont d'abord formé un corps textuel complet, mais en devenir. Le premier, agencé en symétrie imparfaite autour de son centre effacé, le Discours de la Servitude volontaire dLa Boétie, ébauchait sous des formes diverses une entreprise d'affranchissement intellectuel et moral problématisée par réflexion sur elle-même: y était mise à l'essai la contingence des croyances et des usages, mais aussi celle de la pensée qui les inspectait, et des critiques ou ratifications qui en procédaient. Le deuxième livre continue ce travail en mettant en lumière son assise: la philosophie de l'incertitude profilée dans la paradoxale "Apologie de Raimond Sebond", masse excentrée qui polarise les interrogations et les inquiétudes perceptibles dans les chapitres dispersés de part et d'autre. La composition de l'ensemble, en déséquilibre peut-être calculé, préfigure dès 1580 les mouvements d'inflexion et de relance imprimés plus tard jusque dans la segmentation des phrases. Avant même de recevoir les adjonctions qui, en 1588 et jusqu'en 1592, accroîtront leur complexité, les Essais présentent ainsi à grande échelle l'aspect d'une méditation inachevée, à prolonger
Nombre de pages
880
Date de parution
20/11/2003
Poids
1 185g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782743304973
Titre
Essais. Tome 2
Auteur
Montaigne Michel de ; Tournon André
Editeur
ACTES SUD
Largeur
145
Poids
1185
Date de parution
20031120
Nombre de pages
880,00 €
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4e de couverture : De septembre 1580 à novembre 1581, Montaigne voyage en Europe : Allemagne, Suisse, Italie. Pour soigner sa gravelle aux eaux de Lucques, oublier «les épines domestiques», «les devoirs de l'amitié maritale» ou cette «mélancolie» qui est «mort et chagrin». Mais surtout pour découvrir autrui dans sa différence et sa diversité : ce qu'on mange ne l'intéresse pas moins que ce que l'on pense, et à Rome il est aussi diligent à écouter la conversation des «femmes publiques» qu'à «ouïr des disputes de théologie» ou visiter les antiquités des vignes cardinalices. «Les rois de Perse, dit-il, qui s'obligeaient de ne boire jamais autre eau que celle du fleuve de Choaspès, renonçaient par sottise à leur droit d'usage en toutes les autres eaux, et asséchaient pour leur regard tout le reste du monde.»
Suivi de Vingt neuf sonnetz d'Estienne de La Boëtie, de Notes de lecture et de Sentences peintes4e de couverture : Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l'auteur d'un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d'un homme retiré, jouissant d'un exil intérieur propice à l'exercice du jugement. C'est dans l'espace qui s'étend entre ces deux figures, l'homme à cheval et l'homme de papier, qu'il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement "l'écrivaillerie" de son temps et combat la culture livresque lorsqu'elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en "parlerie", il use d'un langage "coupé", d'un style primesautier - "soldatesque", dit-il. Non content d'inventer une forme, l'essai, il se dote d'une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l'exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu'il ne nous enseigne pas : il nous parle - de lui, de l'humain à travers lui, et donc de nous. D'une voix et sur un ton jusqu'alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l'esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). Montaigne est à l'Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l'attend, et c'est le gage de sa survie. C'est pourquoi, alors que tant d'ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant. Ce livre, on le publie ici d'après la seule version imprimée de l'ultime état du texte : l'édition posthume de 1595, aujourd'hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l'auteur. Afin d'en faciliter la lecture, les notes sur le vocabulaire et la syntaxe, ainsi que la traduction des citations, figurent au bas des pages. Les sentences peintes sur les poutres de la "librairie" de Montaigne et les notes qu'il a portées dans les marges de ses livres complètent le volume.
Dans ce livre extrait des Essais et derrière la défense apparente de Raymond Sebond, Montaigne utilise la méthode de pensée purement rationnelle et empirique de ce théologien catalan du XVe siècle pour établir la vanité de l'homme et de sa science. Il dénonce l'anthropocentrisme, place l'homme sur un pied d'égalité avec l'animal et conteste un culte de la raison triomphante dès lors qu'elle est exercée au mépris de la vie et de la nature. Résolument avant-gardiste, Montaigne prône la bienveillance à l'égard des bêtes et le respect pour la sensibilité du vivant quel qu'il soit. Communication, langage corporel, sens de la fidélité, organisation sociale, sensibilité, autant de qualités que Montaigne reconnaît aux animaux. Exercer son humanité, c'est savoir étendre les limites de la communauté au-delà des hommes, et reconnaître l'existence des animaux en tant qu'individus. D'une grande modernité, les thèses de Montaigne préfigurent admirablement celles sur la libération animale.
Lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre" : c'est ce surprenant aveu de subjectivité qui ouvre l'un des textes les plus modernes de la littérature française, quoique l'un des plus anciens. À la mort de son ami La Boétie, Montaigne décide en effet de prendre la plume pour perpétuer leurs discussions si fécondes. Sur ce mode autobiographique, tous les sujets seront abordés, de l'amitié à l'éducation, de la philosophie à la lecture, de la religion à la mort des hommes. En s'observant lui-même, Montaigne fait ainsi le tour de l'homme, proposant une réflexion essentielle sur sa place dans le monde et sur le champ d'action de la pensée humaine. Au siècle de Rabelais, des poètes de la Pléiade et de l'humanisme européen, l'oeuvre de Montaigne reste une météorite inclassable, entre écriture personnelle et monument philosophique. Oeuvre d'un homme engagé dans son temps, les Essais allaient fonder toute une tradition d'écriture à la française, de Pascal à Malraux, de Rousseau à Camus. --Karla Manuele
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.