La politique en Afrique est jusque-là restée l'apanage d'une élite rompue aux calculs politiciens et à la poursuite des intérêts égoïstes. La fonction politique des campagnes électorales a été réduite à sa plus formelle expression sans idées contradictoires ni exécution de projets évaluables. L'ouverture démocratique n'a pu permettre une lutte plus participative contre la pauvreté faute d'une redéfinition de l'activité citoyenne. Or les Africains sont arrivés à bout. L'impératif de survie les oblige à trouver des solutions, à faire représenter des intérêts réels, à rompre avec l'analphabétisme électoral, à parfaire les délibérations électorales, à instaurer l'exigence des comptes rendus et des évaluations de la prétendue bonne volonté, etc. Le vote libre et intelligent sous-tendra la reconstruction d'un nouveau rapport politique entre les citoyens et les dirigeants, de vraies souverainetés populaires et des institutions légitimes. Ce livre est une tentative de mettre la qualité de la démocratie africaine sur la table.
Nombre de pages
130
Date de parution
30/10/2009
Poids
450g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296106598
Titre
Relever les défis électoraux en Afrique
Auteur
Mongo Dzon Cyriaque Magloire
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
450
Date de parution
20091030
Nombre de pages
130,00 €
Disponibilité
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En perspective des prochaines élections présidentielles au Congo-Brazzaville et au regard de l'état actuel de la société congolaise, on ne peut continuer à programmer des actions politiques de la même manière. Les fondements de la société congolaise sont devenus aussi archaïques qu'impertinents par rapport aux défis de l'heure. La reconstruction, la réconciliation, le nationalisme ont besoin de nouvelles bases. Ils exigent une refondation sociétale sans laquelle le Congo ne pourra loger une véritable démocratie. Une démocratie non bafouée par la vanité des programmes irréalistes ni par le fatalisme des électeurs qui ne finissent pas de banaliser leur rapport au pouvoir. La relation électeur-élu s'intégrera dans une pratique contractuelle ou s'explosera. Le temps n'est plus aux élections de grossiers " chèques en blanc " que les candidats proposent aux électeurs, il est aux élections-contrats discutées à la base comme au sommet en forum, en dialogue élargi, en discussion publique. Voilà tout le sens de la refondation que je propose dans ce livre. Une refondation, à la fois démarche et contenu, qui ne soit pas une fuite en avant.
Il n'y a pas de fatalité politique congolaise ou africaine, il y a que notre mode de gouvernement et notre manière de faire la politique sont catastrophiques. La manière d'organiser et d'exercer le pouvoir dans notre pays n'a pas permis la satisfaction de l'intérêt général. Cette manière a échoué parce qu'elle n'a suscité, à l'intérieur, que pauvreté, humiliation, désespoir et colère, à l'extérieur, désolation et mépris. Constater ces échecs ne suffit plus. Il faut en déterminer les causes. Les pistes existent, non pas d'espoirs et de changements par des slogans, mais de traçage des contours d'une politique du possible qui sauve l'un des cas de figure de ces pays d'Afrique qui n'avancent pas mais régressent lamentablement. Le défi à relever est de remettre le Congolais au cœur des préoccupations afin de changer l'ordre des choses. Une politique rénovée et engagée peut produire le Congolais et l'Africain qu'il faut pour une relance effective et le mettre en situation de décider du changement en remettant en cause les clichés jeunes-vieux, intellectuels, élites, etc. et en recourant aux potentialités de la diaspora, des syndicats, des associations, des mécènes, etc. Au-delà de ces propositions de pistes et de méthodes, nous avons intérêt à revisiter objectivement et avec force critiques ce qui a été jusque-là l'art de faire de la politique dans le tiers-monde.
Nous qui sommes nés après les indépendances sommes confrontés à la catastrophique façon de faire la politique de nos aînés et privés d'histoire politique. Notre avenir est hypothéqué par les conséquences de leur gestion. Fermant la parenthèse de la démocratie, juste après les indépendances, pour la rouvrir avec des conférences nationales qui n'ont pas réussi à instaurer un ordre nouveau, nos aînés n'ont pas su ou pu inventer les ressorts d'une meilleure réalité, faisant quelquefois pire que le colon. Si la parole nous était donnée, nous dirions à la France de s'attaquer à la vraie cause de l'émigration de la jeunesse africaine : le manque de solutions aux problèmes de fonds, de débouchés et de réelles perspectives d'avenir. Nous dirions à nos aînés de prendre acte de l'échec d'un cycle et d'une façon de faire la politique, nous dirions l'urgence d'une culture du résultat.
Le pouvoir en Afrique paraît comme le but de la politique. Il occupe trop de place par rapport aux enjeux sociaux, économiques, culturels, etc. Etre au pouvoir est au centre des batailles politiques et surtout politiciennes qui ont relégué ce que l'on est censé y faire dans l'ordre des accessoires. Nulle part en Afrique, on ne voit des gens qui vont jusqu'à faire la guerre pour revendiquer ou arracher l'application des idées, des schémas ou des projets politiques sur la base des intérêts réels des Africains. On fait la guerre en Afrique pour être au pouvoir, reproduire des gloires mythiques, réaliser des fantasmes ou quelquefois faire la même chose ou pire que celui qui s'y trouve. Cette façon de faire la politique est en train d'atteindre ses limites. Les crises économiques, financières, sociales, alimentaires, de l'énergie, de l'eau, etc. remettent à la surface les besoins de solutions qui vont avec la nécessité d'ouvrir un nouveau champ aux idées, à la compétence, au mérite. Ne pas ramener ces questions au centre des débats et des luttes politiques est un risque d'implosion qu'il ne faut surtout pas continuer à prendre. Le développement de l'Afrique sera le résultat d'une nouvelle culture politique africaine ou ne sera pas.