
Derrida/Searle. Déconstruction et langage ordinaire
C'est à la fin des années soixante-dix qu'éclata l'une des querelles philosophiques les plus virulentes que connut l'histoire contemporaine des idées, entre le philosophe français Jacques Derrida inventeur de la déconstruction, et John R. Searle, philosophe analytique américain, théoricien des actes de langage. En 1972, Derrida propose une interprétation déconstructrice de la théorie du "performatif" du philosophe britannique John L. Austin, dans "Signature, Evénement, Contexte'. Searle, disciple d'Austin, réagit dans une réponse acerbe destinée à récuser point par point l'interprétation déformante de la théorie d'Austin engendrée par la déconstruction derridienne. Cette réaction, et la controverse qui s'en suivit, n'en serait pas moins restée stérile, si elle ne s'était pas elle-même établie sur une interprétation tout aussi tronquée d'Austin par Searle. La querelle Derrida/Searle est l'occasion de voir émerger entre tradition continentale et tradition analytique un débat de fond, parfois mal aperçu comme tel par les auteurs de la controverse et leurs héritiers, sur le statut de l'intentionnalité. Derrida et Searle relisent tous deux la théorie du performatif à la lumière du concept d'intentionnalité tel que Derrida l'hérite de la phénoménologie, et Searle de la pragmatique. Leur confrontation restitue la richesse du traitement de l'intentionnalité dans la philosophie du XXe siècle d'une tradition à l'autre. Il s'agit alors de se demander si un tel concept représente l'ultime avatar de la présence métaphysique comme le pense Derrida, ou s'il ne procède pas plutôt des seules conventions du langage ordinaire, comme le pense Searle. Biographie de l'auteur Raoul Moati est agrégé de philosophie, il enseigne à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne."
| EAN | 9782130573876 |
|---|---|
| Titre | Derrida/Searle. Déconstruction et langage ordinaire |
| Auteur | Moati Raoul |
| Editeur | PUF |
| Largeur | 115 |
| Poids | 125 |
| Date de parution | 20090209 |
| Nombre de pages | 153,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Autour de Slavoj Zizek. Psychanalyse, marxisme, idéalisme allemand
Moati RaoulCe livre représente la première introduction critique en France de l'oeuvre du philosophe slovène Slavoj Zizek, figure aujourd hui incontournable de la pensée radicale. Ce livre réunit des contributions d'universitaires en philosophie spécialistes de l'idéalisme allemand, du marxisme et de la psychanalyse ainsi que des psychanalystes lacaniens, tous lecteurs de l'oeuvre de Zizek depuis son commencement (1989). Slavoj Zizek contribue également à l'ouvrage à travers deux textes inédits, l'un sur Hegel, l'autre sur Marx.Raoul Moati est agrégé de philosophie, ATER à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de Derrida/Searle, déconstruction et langage ordinaire (PUF, « Philosophies », 2009).SommaireZizek, De Marx à Hegel, et retourG. Morel, L'écran noir, Zizek et le cinémaR. de Calan, Une défense de l'universalisme abstrait, Zizek, les révolutionnaires et la morale kantienneF. Fischbach, Le sujet inter-passifS. Zizek Peut-on encore être hégélien aujourd hui?J.-M. Rabaté, « Parallaxe » Marx: du marxisme de Lacan au marxisme de ZizekF. Kaltenbeck, La liberté de ZizekL. Chiesa, L'hypothèse communiste de ZizekR. Moati, L'hégélianisme lacanien de S. ZizekÉPUISÉVOIR PRODUIT23,50 € -

Derrida et le langage ordinaire
Moati RaoulRésumé : L?analyse des enjeux que soulève l?interprétation de la philosophie du langage ordinaire développée successivement par Derrida dans "Signature Evénement Contexte" et Limited Inc., permet de poser à la déconstruction des questions radicales. La possibilité de proclamer la fin de la métaphysique par sa déconstruction pourrait, en effet, reposer sur un présupposé métaphysique que seule une autre tradition permet de saisir sur le vif. Ce préjugé silencieux, Austin l?appelle "illusion descriptive". Est-ce qu?à son insu la déconstruction n?a pas toujours déjà dû succomber à cette dernière, au moment où elle identifie, en vue de sa déconstruction, ledit "logocentrisme" de la présence ? Et alors, une telle question ne pourra commencer à faire sens que si elle se redouble en une autre tout aussi fondamentale : pour quelles raisons une dernière illusion métaphysique devait-elle rester maintenue à l?abri de tout soupçon critique, de toute déconstruction, pour que la déconstruction de la métaphysique puisse devenir opérante ? Le présent ouvrage se propose d?affronter ces questions en prenant pour levier l?analyse de la réception de la philosophie du langage ordinaire dans l?oeuvre de Derrida.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER39,25 € -

La démocratie captive. Quand le pouvoir devient usurpation
Moati RaoulDepuis l'avènement de la démocratie en France, peut-être en raison d'une faiblesse de représentativité des élus, la vie politique est marquée par la recherche récurrente d'hommes providentiels, capables de gouverner avec une légitimité supérieure à celle du Parlement. Cet imaginaire du Grand Homme, qui fait implicitement allusion aux fondements mystiques du pouvoir monarchique, a forgé l'esprit constitutif des institutions de la Ve République. Force est de constater pourtant qu'un tel dispositif a fini par aggraver la dépossession à laquelle il promettait de mettre un terme. Depuis plusieurs décennies, la crise de la représentation des couches majoritaires de la société se fait ressentir à nouveau, n'offrant pour alternative qu'un retour à un pouvoir autoritaire, de facture populiste, consacrant l'impuissance et la démagogie. Est-ce à dire que la France soit condamnée à vivre une polarisation de sa vie politique, oscillant sans cesse entre élitisme et populisme ? Cet essai propose les ressources conceptuelles permettant de sortir d'une telle impasse en détaillant les moyens d'une mise en pratique renouvelée, plus démocratique, de notre monarchie républicaine.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER25,10 € -

Sartre et le mystère en pleine lumière
Moati RaoulNous avons tous retenu la leçon de la phénoménologie l'homme n'est pas le prisonnier de ses représentations subjectives, il est directement un "être-dans-le-monde". Toutefois, tout un chacun a, à chaque instant, à choisir le mende, c'est-à-dire à se choisir et à se fonder dans le monde comme une personne unique et singulière au sein de celui-ci. Cette idée implique l'élaboration d'une discipline complémentaire à la phénoménologie, capable de cerner l'homme dans la réalité et la singularité absolues de son projet dans le monde. Méthode que Sartre nomme, en modifiant la pensée de Freud, psychanalyse existentielle. Que la singularité de notre épreuve personnelle du monde soit tout à la fois ce qui nous est le plus accessible, et ce qui, pourtant, échappe constamment à notre connaissance, constitue un paradoxe, un "mystère en pleine lumière", légitimant la formation d'une psychanalyse, non moins paradoxale, de la conscience. Psychanalyse d'un genre nouveau dont Sartre esquisse dans de nombreux textes théoriques la méthode, qu'il mettra lui-même en application dans ses essais biographiques sur Baudelaire, Mallarmé, Genet et Flaubert. Percer l'identité du monde singulier d'un écrivain afin d'enrichir la compréhension de son oeuvre par celle de son élan unique dans le monde, tels sont les résultats auxquels la méthode psychanalytique sartrienne, permet d'aboutir, par-delà la seule méthode héritée de la phénoménologie. C'est à en dégager le sens et à en comprendre la fécondité aussi bien philosophique que clinique et littéraire que se consacre le présent essai.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER30,00 €
Du même éditeur
-

Cités N° 45/2011 : Lyotard politique
Prigent MichelLyotard politiqueYves Charles Zarka, EditorialI. Dossier: Lyotard politiqueJean-Michel Durafour et François Frimat, PrésentationJean-Michel Salanskis, Difficile politiqueAmparoVega, Socialisme ou Barbarie et le militantisme de Lyotard Bruno Chaouat, La clameur originaire du politiqueJean-Louis Déotte, Le paradoxe des Immatériaux: entre répulsion et fascinationClaire Pagès, Les Marx de LyotardGaëlle Bernard, Sur la crise « postmoderne » de la légitimation et la confusion des raisonsJean-François Nordmann, Rompre avec l'horizon de l'émancipation démocratiqueCorinne Enaudeau, La politique entre nihilisme et histoireII. Grand article inédit« Peinture et désir », conférence inédite de Jean-François Lyotard à la Sorbonne de 1972, présentation pour François Frimat et Jean-Michel Durafour III. Vie PolitiqueJacques de Saint-Victor, présentationPierre-Noël Giraud, Maurice Allais: « Celui qui avait tort d'avoir raison »Christian Godin, Excuses et attritions publiques: une nouvelle mode inquisitorialeVincent Michelot, Les Tea Parties: entre populisme et conservatismeJean Yves Camus, Le processus de normalisation des droites radicales en EuropeMarie Holzman, Chine: un prix Nobel de la paix que ne passe pasIV. Vie IntellectuelleChristian Godin, présentationChristian Godin, « La culture pour chacun »: Une nouvelle politique culturelle?Charlotte Lacoste, La fascination du mal: une nouvelle mode littéraireDiane Scott, Guitry ou l'inattendu de la réconciliation nationaleReynald Lahanque, Houellebecq ou la platitude comme styleYvon Quiniou, Le spectre moral de MarxV. RecensionDolorès Lyotard, Jean-François Lyotard: questions au cinéma (Ce que le cinéma se figure), PUF, coll. « Intervention philosophique », Paris, 2009, par Jean-Michel DurafourSur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER15,50 € -

L'éducation sentimentale, Gustave Flaubert
Leclerc YvanRésumé : Qu'est-ce qui s'éduque dans L'Education sentimentale ? Ni le sentiment, réduit à la blague du sentimentalisme individuel et collectif, ni le " jeune homme " dont l'histoire ne rejoint pas une Histoire en rupture de sens, ni les héros sans héroïsme d'une Révolution manquée, ni le genre du roman, désormais fondé sur la " négation du romanesque ".Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER10,14 € -

Le voyage, le monde et la bibliothèque
Montalbetti ChristineCet essai parcourt les textes de référence classiques de Descartes, de Rousseau ou encore de Cervantès, pour montrer comment tous participent à l'écriture du monde.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER11,50 € -

La crise de 1929 et l'émergence américaine
Johsua IsaacRésumé : Ce livre fait un point très complet sur la crise de 1929. Il couvre tout le temps et l'espace de cet événement majeur. Il examine en détail toutes les grandes explications proposées à ce sujet. Mais il avance également une thèse originale : la crise de 1929 y est présentée comme une crise de l'émergence américaine. Ce sont les conditions de cette émergence, la rapidité. avec laquelle elle a eu lieu, qui ont fait la grande dépression. De la même façon qu'une île surgie du fond de l'océan, montant à toute allure à la surface, sera en équilibre intérieur instable et va lever une vague qui ira balayer les continents déjà établis. Crise de l'émergence américaine, la crise de 1929 l'est à un double titre, à la fois sur le plan intérieur américain et sur le plan international. Sur le premier de ces plans, il faut souligner que le monde américain a longtemps accordé une place très importante aux entrepreneurs individuels. Or, en quelques dizaines d'années, à la jonction des XIXe et XXe siècles, cet univers a été transformé en un monde où prédominent sociétés et salariat. Du contraste violent entre ces deux états a surgi, au XXe siècle commençant, la faille cachée de l'économie américaine. La colonisation intérieure a joué ici un rôle décisif. Les conditions de cette colonisation ont fait le très faible degré de marchandisation et de salarisation, et la très forte présence des entrepreneurs individuels. Mais ces mêmes conditions (c'est-à-dire un territoire neuf) ont fait la très rapide montée ultérieure de la marchandisation et de la salarisation, une fois la colonisation terminée et la fin de la frontière proclamée. La crise de 1929 trace ainsi une ligne de partage dans l'histoire des fluctuations économiques : elle ouvre l'ère des crises salariales. L'émergence américaine aura joué également un rôle décisif au plan international. La montée de la puissance américaine a été en effet tellement rapide qu'elle a empêché, à un moment crucial, le Royaume-Uni de jouer son ancien rôle stabilisateur, sans que les Etats-Unis soient pour autant déjà capables de remplacer la vieille Angleterre. Cette double incapacité s'est manifestée lorsqu'à la fin de la Première Guerre mondiale l'Allemagne a été abandonnée à son sort. Elle s'est faite cruellement sentir à nouveau, en 1931, à l'occasion de la crise bancaire allemande et de la chute de la Livre anglaise. Dans sa dimension internationale, la crise de 1929 est donc celle de l'entre-deux, celle d'une guerre inachevée. Il faudra une deuxième guerre mondiale pour mener les choses à leur terme et répondre aux questions que la première n'avait fait que poser.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER23,50 €
De la même catégorie
-

Ethique à l'usage de mon fils
Savater FernandoRésumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".EN STOCKCOMMANDER15,90 € -

Nicolas Berdiaev (1874-1948)
Sollogoub Igor, Collectif , Dautais Philippe, FromStanislas Fumet essayiste de renom, dans sa belle préface au grand ouvrage de Berdiaev "Le sens de la création", écrivait : "L'esprit de Berdiaev, qui est la noblesse même - j'y insiste - se fraie des passages dans l'obscurité qui font étinceler des splendeurs où nous sommes habitués à ne rien voir" . Les organisateurs du présent colloque ne sauraient mieux dire la raison profonde de l'indéfectible attachement qui les lie au vieux Maître russe. En 2013, en introduction d'un précédent colloque, ils affirmaient ceci qu'ils tiennent à redire, car leur conviction demeure identique, à ceci près qu'elle s'intensifie chaque jour : "La pensée de Berdiaev - sur l'homme, sur Dieu, sur la vérité, sur la liberté, sur l'amour, sur la beauté, sur l'acte créateur -, est à même d'exploser sans retour les a priori conceptuels et les routines intellectuelles qui paralysent la pensée et la vie de nos contemporains. Elle est à même de leur ouvrir des espaces de méditation et de réflexion, de perception et de signification, de création et d'action dont ils n'ont pas la moindre idée". Oui, de découvrir la pensée du philosophe de Clamart a sauvé le grand historien Olivier Clément de "la nuit de l'âme" . Le voeu le plus cher de ce colloque c'est, qu'à son issue, chacun ait perçu que cette découverte est vraiment à même de réenchanter la vie.IndisponibleCOMMANDER22,00 € -

La plus belle histoire du bonheur
Comte-Sponville André ; Delumeau Jean ; Farge ArleLa vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historien, comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.André Comte-Sponville : philosophe, a publié de nombreux ouvrages sur l'éthique et la question du bonheur. Jean Delumeau : professeur honoraire au Collège de France, est spécialiste de l'histoire des mentalités religieuses. Arlette Farge : historienne et spécialiste du XVIIIe siècle.ÉPUISÉVOIR PRODUIT6,70 € -

La faiblesse du vrai. Ce que la post-verité fait à notre monde commun
Revault d'Allonnes MyriamRésumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER17,00 €
