Ce livre prend pour objet ce que l'on appelle la "crise de la représentation": partant de l'idée qu'elle est affaire de discours, il se propose d'en mettre au jour les régimes de vérité. La représentation politique a été conçue, à ses origines, comme l'invention d'une communauté qui ne lui préexiste pas. C'est pourquoi les discours critiques de la représentation se référant à la réalité du peuple et à la "bonne représentation" ont toujours existé, et peuvent être lus à la lumière de trois grandes présuppositions relatives au peuple "réel": l'unité substantielle, trahie par des divisions politiques factices, la diversité d'opinions fallacieusement réduite par la représentation, les majorités réelles auxquelles manquent les courroies de transmission qui permettraient de les traduire. L'ouvrage, s'appuyant sur le cas français, analyse les critiques émises au cours de quatre périodes de l'histoire du régime parlementaire et s'interroge sur la persistance de la "crise de la représentation" dans la période contemporaine, alors que l'économie du régime représentatif a été transformée par les partis politiques et, en particulier, par l'avènement du phénomène majoritaire. En définitive, les individus ne sauraient se reconnaître durablement dans la représentation qui est donnée d'eux, en raison de l'indéfinition des fins, propre à la modernité démocratique. La "crise de la représentation", ainsi, se confond ultimement avec le politique lui-même en régime de modernité.
Nombre de pages
292
Date de parution
18/05/2010
Poids
360g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782724611601
Titre
Archéologie de la représentation politique
Auteur
Mineur Didier ; Donegani Jean-Marie
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
138
Poids
360
Date de parution
20100518
Nombre de pages
292,00 €
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Considéré comme l'un des guides de la pensée juridique française, Raymond Carré de Malberg (1861-1935) a tenté d'articuler une théorie positive du droit et une visée prescriptive. Introducteur en France de l'"Isolierung" allemand, il veut libérer l'étude du droit de toute considération extra-juridique: il n'existe aucun droit naturel, seulement des constructions historiques ayant leur logique propre. Mais avec son projet d'une théorie positive "générale", Carré de Malberg revient à la possibilité d'un idéal juridique, en tentant d'élaborer un modèle théorique auquel rapporter les systèmes empiriques. Son oeuvre, dès lors, est une recherche sans fin de ce modèle, qui l'amène à rechercher l'essence de l'État moderne, en remettant sur le métier des notions clés: la souveraineté du peuple, la représentation politique, la volonté générale, la participation. La Constitution de 1958 et plus largement le droit constitutionnel moderne portent sur la marque de ses travaux.
Quelle est la justification du pouvoir de la majorité ? Quelles sont ses limites ? Pour répondre à ces questions, l'ouvrage examine l'hypothèse substantielle de la rationalité du nombre, et celle, procédurale, selon laquelle elle ne se justifie que parce qu'elle accorde un poids égal à chaque voix.
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Après un premier roman, voici le regard porté sur cette aventure vers laquelle se précipitent tant de ceux dont le plaisir est de jouer avec les mots. Pourquoi, un beau jour, a-t-on envie d'être édité ? Comment vit-on les contraintes insoupçonnées qui en découlent ? Comment réagit-on à la découverte du monde de l'édition ? Une réflexion avec un mélange de ressenti, d'humour et la petite dose de mauvaise foi qui s'impose.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
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Néoréaction, régression démocratique, illibéralisme, autoritarisme, populisme, néofascisme, cyberlibertarianisme, antimodernisme : cet écheveau de concepts rendant compte de certaines des évolutions profondes de nos sociétés et de nos systèmes politiques contemporains a de quoi désorienter. Régulièrement, pourtant, l'actualité invite à les utiliser pour désigner des discours, des pratiques institutionnelles, des projets politiques ou des idéologies, qu'il s'agisse, de façon neutre, de les décrire ou, de façon plus engagée, de s'en inquiéter et de les dénoncer. C'est là tout l'intérêt intellectuel et l'utilité civique de ce volume : clarifier ces concepts tout en mettant en lumière les liens entre deux ensembles de phénomènes qui méritent d'être appréhendés de concert. Ainsi s'impose aujourd'hui la nécessité de scruter en détail les fondements intellectuels des tendances autoritaires, afin de mieux en comprendre les manifestations politiques et institutionnelles.
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