Dans sa Technique du coup d'Etat, Malaparte ne fait pas au 2 décembre et à Louis Napoléon l'honneur d'un chapitre. Il lui préfère le 18 brumaire, celui de son oncle. Sous l'angle de l'exécution, c'est une erreur : le 18 brumaire est une opération minable, à la limite de l'échec ; le 2 décembre une réussite parfaite. Ce n'est pas un hasard si son empreinte a marqué depuis d'autres soubresauts de l'histoire française. Le 18 brumaire est un mythe sans postérité ; le 2 décembre possède, lui, à défaut de mythe, une vraie postérité. Napoléon III, que la politique intérieure ennuyait, a été un honnête gérant de la France, et, alors que la stratégie le passionnait, un joueur international calamiteux : illustration supplémentaire de cette règle d'expérience qui voit les hommes d'Etat agir à rebours de leurs aptitudes supposées ou de leurs passions affichées. Est-ce cet exemple de contre-pied que François Mitterrand souhaitait analyser à travers le Coup d'Etat du 2 décembre 1851 qu'il s'était engagé à écrire pour Gallimard ? Avait-il été attiré par le sens du pouvoir et le professionnalisme du prince-président ? Pourquoi avait-il eu envie de se retrouver tête à tête avec un personnage fuyant et audacieux, marginal et obsédé par le pouvoir, efficace et désastreux - presque aussi sophistiqué que lui ? A ces questions désormais sans réponse, Alain Minc apporte la sienne à travers un Louis Napoléon revisité qui se veut, aussi, un Mitterrand revisité.
Nombre de pages
256
Date de parution
14/01/1997
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070746071
Titre
Louis Napoléon revisité
Auteur
Minc Alain
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
19970114
Nombre de pages
256,00 €
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L'optimisme historique s'efface : un règne de plus de trois siècles s'achève, qui avait postulé à la fois le progrès et l'ordre. Progrès, croyait-on, de notre civilisation, puisque, malgré ses faux pas, l'Histoire se devait d'aller dans la bonne direction : le millénarisme communiste n'aura fait que pousser jusqu'à l'absurde cette conviction. Ordre, parallèlement, du monde qui finissait par trouver un équilibre, impérialisme, colonialisme ou concert des nations aidant... Un cycle ne se bouclerait-il pas qui, par une apparente régression, nous ramènerait vers un nouveau Moyen Age ? Tout ne procède certes pas de la chute du communisme, mais tout s'y ramène. A l'aune des grands effondrements, l'onde de choc est sans égale depuis peut-être la disparition de l'empire romain. L'après-communisme ne se résume ni au triomphe incontesté de l'économie de marché, ni à la vengeance des nations, ni à un hypothétique imperium américain. C'est cette incapacité de découvrir le principe fondateur du monde postcommuniste qui, à sa manière, nous ramène à un nouveau Moyen Age. A nous de penser l'incertain avec le même soin qu'autrefois le probable, d'inventer de nouveaux concepts, de réestimer le rôle de l'Etat, d'essayer de réagencer les jeux complexes de poulies et de contrepoids qui structurent les rapports internationaux. Hier, nous avions le droit d'être fatalistes par optimisme ; nous devons désormais être audacieux par pessimisme.
L'optimisme historique s'efface : un règne de plus de trois siècles s'achève, qui avait postulé à la fois le progrès et l'ordre. Progrès, croyait-on, de notre civilisation, puisque, malgré ses faux pas, l'Histoire se devait d'aller dans la bonne direction : le millénarisme communiste n'aura fait que pousser jusqu'à l'absurde cette conviction. Ordre, parallèlement, du monde qui finissait par trouver un équilibre, impérialisme, colonialisme ou concert des nations aidant... Un cycle ne se bouclerait-il pas qui, par une apparente régression, nous ramènerait vers un nouveau Moyen Age ? Tout ne procède certes pas de la chute du communisme, mais tout s'y ramène. A l'aune des grands effondrements, l'onde de choc est sans égale depuis peut-être la disparition de l'empire romain. L'après-communisme ne se résume ni au triomphe incontesté de l'économie de marché, ni à la vengeance des nations, ni à un hypothétique imperium américain. C'est cette incapacité de découvrir le principe fondateur du monde postcommuniste qui, à sa manière, nous ramène à un nouveau Moyen Age. A nous de penser l'incertain avec le même soin qu'autrefois le probable, d'inventer de nouveaux concepts, de réestimer le rôle de l'Etat, d'essayer de réagencer les jeux complexes de poulies et de contrepoids qui structurent les rapports internationaux. Hier, nous avions le droit d'être fatalistes par optimisme ; nous devons désormais être audacieux par pessimisme.
La démocratie d'opinion a entamé son règne. La combattre, c'c'est se tromper de guerre. L'ignorer, c'est choisir son visage le plus inquiétant. Ne reste qu'un devoir : essayer de la penser. Comment faire prévaloir, dans ce nouveau paysage, l'intérêt général ? Quel rôle pour des élites qui, si elles ne veulent pas devenir de simples boucs émissaires, doivent s'assigner une mission : devenir les irréductibles militants de la raison ? Quelles règles de base mettre en place, afin d'éviter cette tension qui nous conduit de séisme émotif en séisme émotif ? Comment concevoir le Politique ? Ne nous leurrons pas : si nous ne construisons pas la démocratie d'opinion, elle le fera de son propre mouvement ; l'ivresse démocratique triomphera sous ses pires aspects, et nos lendemains ne chanteront pas.
Résumé : Ce livre est un choix hédoniste. Ces hommes d'Etat m'ont toujours, les uns intéressé, les autres fasciné. A force de les fréquenter, ils finissent, dans l'esprit et dans la mémoire, par se répondre. Pourquoi, dès lors, suivant un procédé qui a eu de bien illustres précédents, ne pas les mettre face à face ? Frédéric II et Richelieu sont aussi différents que leur action a été proche : ce pervers et ce monstre sont à la fois dissemblables et voisins, Bismarck et Clémenceau, le conservateur révolutionnaire et le Révolutionnaire conservateur, ressemblent aux deux pôles d'une même histoire, celle si longtemps incompatible de l'Allemagne et de la France. Disraeli et Churchill, le Byron conquérant et le Falstaff résistant, témoignent de cette particularité si britannique de n'engendrer de grands chefs qu'excentriques. Harry Truman et Helmut Kohl, ces médiocres de génie, illustrent un style d'hommes d'Etat auquel la France, trop aristocratique et trop élitiste, est peu habituée : ils incarnent cette réalité étrange, la banalité du bien. Appariés à partir d'une mitoyenneté, d'un contraste ou d'un ressort identique, ces quatre couples ont davantage fait l'histoire qu'elle ne les a fabriqués : sans eux, elle aurait, pour le mal ou pour le bien, pris une route différente. A leur manière et parmi tant d'autres, ils témoignent que rien n'est jamais écrit et que ni le destin, ni la fatalité, ni pour beaucoup la Providence ne sont nos seuls maîtres.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.