Ce vaste et profond roman de Czelaw Milosz se déroule sur une période relativement courte. En été 1944, l'Armée Rouge en marche vers l'Ouest atteint la rive de la Vistule et s'y arrête, passive, tandis qu'à Varsovie I'insurrection éclate contre les Allemands. Après deux mois de combats de rue, la ville n est plus qu'un amas de décombres. En janvier 1945, l'Armée Rouge reprend sa marche sur Berlin et un gouvernement de démocratie populaire s'installe en Pologne. Tels sont les événements que Czelaw Milosz a peints en une fresque qui fourmille d'êtres, de paysages, d'aventures. L'oeuvre se développe comme une tragédie : aucun des nombreux personnages n'est le porte-parole de l'auteur ; celui-ci leur accorde à tous, si opposés que soient leurs desseins, les raisons d'agir les plus fortes. Les principaux personnages : un intellectuel, Piot Kwinto, après avoir été déporté dans l'Oural, devient officier politique de l'armée polonaise créée en Russie ; un jeune socialiste, Phoque, est soldat dans l'insurrection ; Julien, après s'être échappé du ghetto, adhère au parti communiste ; une expérience analogue fait retrouver à Bruno la solidarité juive qu'il avait perdue ; Michel, catholique et fasciste, soldat dans l'insurrection, doit affronter un monde nouveau ; Wolin, d'origine féodale, est un officier de la Police de Sécurité communiste. Quelques femmes font de brèves apparitions : Joanna, toute jeune, vit une nuit d'amour avant de mourir à l'aube ; la mère de Piotr prévoit ce que sera l'avenir ; Thérèse, l'actrice, est une amie lucide et tendre. Bien d'autres figures viennent et passent dans ce paysage de ruines. Les conflits qui ont atteint, dans la Pologne ainsi dépeinte, une intensité infernale, sont ceux qui déchirent aujourd'hui le monde entier. L'auteur cependant, à aucun moment, ne tombe dans la polémique. Le ton qu'il a choisi, objectif, calme, malgré un lyrisme caché et comme involontaire, est celui-là même des grandes oeuvres.
Nombre de pages
296
Date de parution
06/01/1954
Poids
324g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070244867
Titre
La prise du pouvoir
Auteur
Milosz Czeslaw ; Hersch Jeanne
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
324
Date de parution
19540106
Nombre de pages
296,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'Issa est une rivière de Lituanie. Thomas vit chez ses grands-parents, maîtres d'un petit domaine sur son déclin. L'enfant découvre le monde à la faveur de passions successives : pour la jeune servante du curé, pour un berger de quatorze ans, pour un chasseur et sa maîtresse, une belle paysanne.
Maintenant, à l'instant même où j'aligne ces signes sur le papier, un nombre incalculable d'hommes fait la même chose, et nos livres, avec leurs couvertures colorées, iront s'ajouter à une masse d'objets où se noient titres et noms. Et certainement, à cet instant, quelqu'un dans une librairie, devant le spectacle de ces magnifiques mais vaines ambitions, décide plutôt de se taire. Une seule phrase, mais qui pèserait vraiment, ce serait assez pour combler toute une vie. Cependant, ici et maintenant, j'ai l'audace de parler, une audace en quelque sorte seconde, pas comme l'autre, qui est aveugle. C'est peut-être mon entêtement à rechercher une phrase unique. Ou alors mon ancienne intrépidité, mon tempérament, mon destin, qui cherchent de nouveaux subterfuges. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas tant le caractère exceptionnel du rôle qui m'a été dévolu qui me console que ce grand ensemble composé, telle une mosaïque, des efforts fragmentaires, malhabiles parfois, de toutes sortes d'hommes. Je suis ici, et chacun se trouve dans un " ici " ; tout ce que nous pouvons faire, c'est nous le communiquer mutuellement. " Czeslaw Milosz, né en 1911 en Lituanie, se consacre très tôt à la poésie. En 1951, il rompt avec la Pologne. Après une dizaine d'années passées en France, il s'installe aux Etats-Unis, où il enseigne les langues et littératures slaves à l'université de Californie (Berkeley). Il reçoit, entre autres, le Neustadt International Prize fort Literature en 1978. La plupart de ses oeuvres _ poèmes, romans, essais _ ont été traduites dans de nombreuses langues. Czeslaw Milosz, dont la renommée internationale ne cesse de croître, a exercé une influence déterminante sur plusieurs générations de poètes polonais et sur l'orientation de la vie culturelle en Pologne. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1980.
Nous sommes incapables de réduire à un dénominateur commun un présent si plein de contradictions, car nous demeurons en lui et lui en nous. Mais son trait distinctif peut-être le plus inattendu est un aveuglement volontaire, un refus de l'expérience historique comme si l'homme avait appris trop de choses sur ses pulsions démoniaques et ne pouvait plus les supporter. Que la cause principale de cette attitude soit la stérilisation des éléments tragiques de la religion [...], ou qu'il en existe d'autre, tous ceux qui recommandent un retour à la nudité et à l'innocence primitives constituent déjà un grand mouvement de nouveaux adamites dans les pays occidentaux. L'Empereur des peuples de la Terre peut rester définitivement dans le domaine de l'imagination littéraire. Mais que pareil surhomme apparaisse, promettant la fin de toute aliénation, et l'amour et la paix, nous pouvons être sûrs que des millions de mortels, indifférents à la vérité et au mensonge, lui rendraient un hommage divin. "Czeslaw Milosz, né en 1911 en Lituanie, se consacre très tôt à la poésie. En 1951, il rompt avec la Pologne. Après une dizaine d'années passées en France, il s'installe aux Etats-Unis, où il enseigne les langues et littératures slaves à l'université de Californie (Berkeley). Il reçoit, entre autres, le Neustadt International Prize for Literature en 1978. La plupart de ses oeuvres _ poèmes, romans, essais _ ont été traduites dans de nombreuses langues. Czeslaw Milosz, dont la renommée internationale ne cesse de croître, a exercé une influence déterminante sur plusieurs générations de poètes polonais et sur l'orientation de la vie culturelle en Pologne. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1980.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.