Parménide a eu tort. Le temps existe. Achille rattrapera, dépassera, voire avalera la tortue, la flèche atteindra la pomme parfois le fils. Et la mort est là. Mais qui parlera du temps, qui le fera parler ? L'historien. Zénon a eu raison. Pour que le temps, matière immatérielle, soit, il faut le diviser, le compter, le découper, l'accélérer, le compresser. Il faut lui faire violence. Cet essai est né d'une manipulation : et si l'on datait non pas de l'Incarnation, mais de la Passion ? La chronologie en ère chrétienne devenue universelle se décalerait de 33 ans, et avec elle, les siècles, dont le nôtre, créant un XXe siècle sans la Révolution russe, sans la Grande Guerre, sans Proust, Einstein, Picasso, Stravinski, le cinéma muet. La première partie de ce livre, "A la recherche du siècle" , nous mène à l'ère, aux calendriers, aux périodes, à l'an Mil, ruses que les historiens emploient pour appréhender le temps. Mais plus qu'ils ne les emploient, ils les subissent. La deuxième partie, "Perspectives expérimentales" , s'intéresse donc aux violences conscientes et volontaires : le siècle comme pendule métrique, le calendrier républicain, la périodisation par métaphores (Foucault), la génération sans âge, le contexte flottant. Car pour respecter son contrat - faire parler le temps - l'historien se doit de le trahir. Gaiement. Daniel Shebataï Milo, né à Tel Aviv, est dé-spécialiste de profession, enseignant de vocation. Sa première étude, "Aspects de la survie culturelle" , a été publiée de façon fragmentaire, entre auutres dans les Annales ESC, et les Lieux de Mémoire. Maître de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, il prône l'histoire expérimentale.
Nombre de pages
270
Date de parution
15/01/1991
Poids
414g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782251380070
Titre
Trahir le temps (Histoire)
Auteur
Milo Daniel S.
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
414
Date de parution
19910115
Nombre de pages
270,00 €
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Criton : Sans toi, nous sommes perdus. Socrate : C'est donc pour vous être aimable que je dois me sauver ?Criton : C'est cela, l'amitié. Socrate : Même au prix du salut de mon âme ? D'ailleurs, corrompue, elle ne vous sera d'aucune utilité. Le comédien (écrit dans son calepin) : " Il semble rechercher la mort, coûte que coûte. A quelle fin ? Mystère. " Socrate, est ce que tu éprouves de l'amitié pour les Athéniens ? Non. Alors tu aurais dû les envoyer paître. Au fait, le plus sage des hommes peut-il être l'ami de qui que ce soit ?Socrate : De la vérité. Le comédien : Réponse incomplète. Socrate : Mais courte. Le comédien (note) : " Il n'est pas vraiment humain. Mais l'homme seul est à même d'accéder à un tel degré d'inhumanité. " Daniel S. Milo enseigne à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Pourtant il n'est reconnu par aucun des corps de métier auxquels il a prétendu un jour appartenir. Historien, on a volontiers publié de lui une trentaine d'articles, et même un livre Trahir le temps (histoire) mais un manifeste appelant à faire exploser la discipline, " La gaie histoire ", suivi d'un ouvrage collectif, Alter histoire. Essais d'histoire expérimentale, ont scellé son sort. Il revient alors à ses premières amours, en écrivant des poèmes philosophiques en prose. Les trois volets de la trilogie : Clefs. Pour Narcisse. Essai de l'amour impartial, Héros & cobayes - passent sous un silence de plomb. Il se lance dans le théâtre ? Ses spectacles Une leçon de violence, La Mégère pour deux (d'après Shakespeare) - sont des morts-nés. Une incursion en vidéo-art, " Entre divan et plafond ", se révèle, elle aussi, être une voie sans issue. Il tente aujourd'hui le tout pour le tout : un drame historico-philosophique. Le hold-up aura-t-il enfin lieu ?
Résumé : 21 février 2007. Après la mort de leur chef, les membres de la famille Neto poursuivent leur vie normale, faite de calculs, de jalousies, d'indifférences. Autour d'eux pourtant, le monde rétrécit subtilement par la volonté d'une organisation mystérieuse mais les Neto n'en ont cure. Le fils surtout, Daniel, n'est nullement impressionné par la disparition de presque toutes les marques de cigarettes, de céréales, de voitures, ou des variétés de chats. La disparition de sa bien-aimée, puis celle de la plupart de ses collègues des Orphelins Anonymes et de ses deux beaux-frères ne le détournent pas plus ne serait-ce que d'une seule de ses obsessions : l'amour / haine de sa mère, les seins abondants, l'allergie aux voisins... Les autorités viennent d'interdire l'invention de nouveaux personnages romanesques ? En quoi cela le regarde-t-il ?... Elles réduisent le nombre de catégories de boxe à dix, puis à trois ? II les en félicite. Tout juste remarque-t-il que seuls les chiens échappent à cette épidémie réductrice, eux dont les races nouvelles se multiplient en d'étranges institutions. Mais Daniel est-il seulement conscient d'être sous la coupe du NIET - le Nouvel Institut d'Ingénierie EThique - et du combat que le " Ou " mène contre le "Et"?
Résumé : Darwin a très souvent raison. Mais quand il a tort, ses erreurs sont lourdes de conséquences, tant pour la science que pour la société, parce qu'il est le lecteur attitré du Livre de la Nature. Daniel S. Milo, un philosophe qui travaille avec des biologistes depuis quinze ans, fonde cette critique sur leurs propres découvertes. Il part de l'air de famille existant entre la "sélection naturelle" de Darwin et la "main invisible" d'Adam Smith. La nature sait ce qu'elle fait ; le marché a toujours raison. Si les non-humains sont condamnés à innover et à exceller parce que telle est la loi de l'évolution, les humains n'ont pas davantage le droit de s'endormir sur leurs lauriers. L'homologie entre la nature et le marché vient, pour l'auteur, du "péché originel" de Darwin : il a conçu la sélection naturelle à l'image de la domestication. De là est née l'alliance objective entre le néodarwinisme et le néocapitalisme, les deux modèles se renforçant l'un l'autre. Rien n'est pourtant plus dissemblable que le fonctionnement de la nature et celui de la ferme. L'optimisation est la règle et la raison d'être de la sélection artificielle, mais dans la nature les passables et les médiocres ont aussi leurs chances de survivre et de se multiplier. La compétition n'y est qu'une forme de sociabilité parmi d'autres. Il y a, dans le monde des humains comme dans le monde des non-humains, de la place, une place presque illimitée, pour le faible comme pour le plus fort, pour l'ennuyeux comme pour le plus brillant, pour l'oisif comme pour le besogneux. Si nous saluons la sagesse de la nature, nous devons reconnaître que la tolérance à la médiocrité est un aspect constitutif de son génie. Soyons donc ses dignes disciples !
Aussi bien les admirateurs de la " Chine rouge" que les tenants du " péril jaune " semblent avoir perdu de vue un simple fait : les Chinois sont aussi des êtres humains - ou, si vous voulez, d'une certaine façon, nous sommes tous des Chinois. Une bonne partie des âneries qui circulent aujourd'hui sur la Chine découlent d'une incapacité à reconnaître cette évidence. Interrompons un moment ces débats bien parisiens pour prêter enfin l'oreille à ces voix chinoises diverses, spontanées, qui tantôt chuchotent la peine de vivre, tantôt explosent en cris accusateurs, nous révélant les aspects variés de la condition humaine en Chine populaire. Ces témoignages forment la part principale du présent ouvrage, initialement paru en 1976 ; Simon Leys, qui les a recueillis, les a fait suivre de quelques essais critiques sur l'actualité politique et culturelle chinoise.
Zweig Stefan ; Pollet Jean-Jacques ; Valentin Jean
Qui aujourd'hui connaît les noms exotiques de Supulapu ou Calembu, roitelets au XVIe siècle des îlots des Philippines ? Ces destins apparemment insignifiants s'inscrivent dans le cadre du partage des mondes extra-européens imposé par la papauté. La vie de Magellan s'insère pleinement dans ce contexte géopolitique. Visiblement séduit par son personnage, Zweig décrit, avec un grand souci d'exactitude, la mise en place d'une expédition au déroulement chaotique, freinée par des erreurs de navigation et des pénuries de vivres, menacée de l'intérieur par les désertions et les mutineries. Le portrait de Magellan, froid, calculateur voire dissimulateur, est celui d'homme porté par une ambition unique : découvrir le paso qui lui fera atteindre le Graal des navigateurs, l'accès aux eaux du Pacifique. Zweig situe l'action de Magellan au-dessus de celles de Christophe Colomb et de Vasco de Gama. Sans doute Magellan meurt-il avant son retour à Séville, mais il a prouvé l'unité des océans et la rotondité de la terre. Son " haut fait ", à l'opposé des conquêtes de Cortés et Pizarro qui sacrifièrent des milliers de vies, ne contraignit personne et ne coûta qu'une vie : la sienne.