Quand les mains prennent la parole. Dimension désirante et gestuel
Meynard André
ERES
25,00 €
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EAN :9782749200019
Comment certains humains en viennent-ils à parler avec les mains et à entendre avec les yeux ? La surdité nous questionne. Qu'est-ce parler ? Qu'est-ce entendre ? D'où viennent ces gestes, ces signes, chez ceux que nous disons sourds ? La perspective freudienne dans laquelle s'inscrit cet ouvrage pousse à les reconnaître comme traces, échos d'un entendu symbolique fondateur. En effet, l'écoute de ces signes adressés, le déploiement des chaînes associatives et des mouvements transférentiels, dévoilent la portée subjectivante de ces énonciations. Clinique du dire donc et non du voir. La dimension évocatrice du matériau langagier signé se trouve ici soulignée ainsi que la manière dont les sujets tentent une mise en sens de leur histoire singulière. A partir d'une clinique psychanalytique mais aussi par ses apports historiques et linguistiques, cet ouvrage, devenu depuis sa première édition une référence dans son domaine, ouvre et interroge quelques-unes de nos si confortables certitudes. Il répond à une large demande de praticiens et de familles cherchant à mettre du sens sur ce que ces sujets nous enseignent d'une irrépressible attirance vers les langues signées leur permettant de dire et de se dire. La médiatisation des langues signées, l'essor du bilinguisme dans l'éducation tout comme l'émergence récente des pôles de soin aux personnes sourdes en milieu hospitalier témoignent d'une certaine avancée des idées et des pratiques. La nécessité d'une réflexion critique demeure cependant à soutenir. En interrogeant les visions instrumentalisantes du sourd et de sa parole, en déconstruisant le mythe tenace d'un être de déficit, hors langage, André Meynard met en évidence l'idéalisation indue du sensoriel sonore qui préside si souvent à l'accueil de ces sujets dans notre pays et qui infiltre largement bien d'autres domaines. Au-delà de la surdité, ce sont en fait nos propres conceptions de l'humain dans ses rapports au langage qui sont questionnées. En méconnaissant ce que le dire doit au pulsionnel, à la dimension désirante, ne risquons-nous pas de demeurer sourds à la parole de ces " autres ", à leur gestuelle, et plus largement à l'altérité, au message symbolique qui seul nous humanise ?
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Nombre de pages
214
Date de parution
19/03/2002
Poids
501g
Largeur
145mm
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EAN
9782749200019
Titre
Quand les mains prennent la parole. Dimension désirante et gestuel
Auteur
Meynard André
Editeur
ERES
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145
Poids
501
Date de parution
20020319
Nombre de pages
214,00 €
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Les garçons et filles Sourds se trouvent inscrits "en langage" grâce à leur famille: ils sont ainsi spontanément poussés à parler avec les mains et à entendre avec les yeux. Très précocement, grâce à la langue des signes française (LSF), ils peuvent accéder aux langues écrites et vocales. Or paradoxalement, les dispositifs d'accueil de notre pays font barrage à une telle modalité de dire. Pourquoi donc persiste-t-on, contrairement à certains pays voisins, à entraver cette prise de parole gestuelle? Pourquoi les dispositifs éducatifs d'accueil des enfants Sourds relèvent-ils le plus généralement d'une telle logique rééducative et renoncent-ils par là même à être de véritables espaces d'accès au savoir et à la culture? Comment pourrions-nous, par l'instauration d'un accueil précoce et d'une scolarisation bilingues, expérimentés dans d'autres pays, faire réellement place à ces "signes pour le dire"? Sous forme d'une "lettre à une amie", l'auteur propose un parcours et une analyse des préjugés existant à l'encontre des Sourds encore trop souvent considérés comme des "malades à soigner", des "handicapés du langage et de la parole", et non des sujets désirants. Il montre combien nous demeurons sourds à ce que ceux-ci pourraient nous enseigner, et en quoi l'accueil que notre société réserve aux Sourds est emblématique de notre rapport à l'altérité et de notre difficulté à vivre ensemble.
Par l'emploi d'une majuscule, l'auteur marque sa volonté de distinguer une marque de déficit (sourd) et une personne (Sourd) dont le potentiel d'entendement et de parole existe, même s'il ne passe pas par les registres audiophonatoires habituels. Son objectif est de faire surgir, avec la typographie, l'instance du sujet, la dimension d'être parlant, qui demeure en dépit d'une surdité physiologique; de dénoncer la stigmatisation à l'oeuvre sous le vocable "sourd" et d'engager un processus de reconnaissance, une nomination plutôt qu'un étiquetage réducteur. Car bien évidemment, les Sourds parlent. Ils disent et se disent au travers de langues gestuelles. Cette prise de parole éclaire l'importance de l'insu, de la trace, de ce qui, dans la transmission inconsciente, inscrit ces sujets en langage au sein de la vie familiale. Paradoxalement, les dispositifs d'accueil et d'éducation des tout jeunes enfants font barrage à une telle modalité de dire. Pourquoi persistent-ils à les considérer sans langage? Comment en est-on arrivé à construire une véritable filière de soin par le son dans laquelle dépistage à deux jours, implants cochléaires et intégration individuelle en milieu ordinaire contribuent à faire taire les mains? Bien au-delà des Sourds, l'auteur nous invite à interroger les traitements modernes que notre société sanitaire et utilitariste réserve à l'altérité et à ceux qui l'incarnent.
Les Sourds parlent avec leurs mains et entendent avec leurs yeux. Familiarisé avec la langue des signes française, André Meynard travaille comme psychanalyste, notamment avec des enfants, des adolescents et des adultes Sourds. A partir de cette clinique, il montre que la parole des Sourds qui signent s'articule à la dimension désirante. Il rend compte de leur créativité langagière et nous invite à découvrir comment l'inconscient s'y manifeste, par exemple à travers lapsus, traits d'esprit, récits de rêves... Contrairement aux discours officiels qui considèrent les enfants Sourds comme des handicapés de la parole et du langage, André Meynard nous engage à prendre la mesure de ce qu'ils nous enseignent par l'originalité de leur prise de parole. En effet, non seulement l'oeil entend mais le geste nous inscrit en langage : en aucune manière ces modalités langagières ne font obstacle à l'acquisition d'une langue écrite ou vocale. Après avoir été longtemps interdite, la LSF se voit aujourd'hui écartée des lieux d'accueil et d'éducation des enfants Sourds, ce qui contribue à les faire taire. Pour l'auteur, la SPN (Surdité permanente néonatale) à détecter dès le 2e jour de vie fait partie des maladies inventées par les experts sanitaires qui soumettent déjà tous les dysfonctionnels, les hyperactifs, les futurs délinquants aux mêmes grilles d'évaluation si prisées par nos cultures de la norme, sourdes à l'altérité.
André Meynard développe comment, bien au-delà de la seule vocalisation, nous venons au monde grâce à la rencontre avec un tissu langagier désirant, multimodal, qui nous préexiste. Un tel tissu, avec ses divers brins sonores, gestuels, tactiles et visuels, oriente souvent étrangement le cours de notre vie. A partir de quelques traces de son propre roman familial, il évoque ainsi les voies singulières qui ont rendu possible sa rencontre avec les Sourds, ceux donc qui parlent avec les mains et entendent avec les yeux. Prendre langue avec de tels sujets, trop vite qualifiés de handicapés de la parole, n'est en effet pas si simple. A l'épreuve de cette rencontre qui dérange et met en tension nos repères coutumiers, l'auteur s'est notamment attaché à entendre ce que les enfants Sourds transmettent, à travers ces langue gestuelles animées de ces lueurs du pulsionnel qui seules nous humanisent... Dans ce travail référencé, il s'appuie sur sa pratique analytique et sur de nombreuses oeuvres artistiques qui se révèlent attentives à ces modalités gestuelles langagières d'ordinaire si négligées, pour montrer que nous pouvons être enseignés par l'altérité et la dissemblance.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
La thérapie familiale présente plus de risques de ruptures d’alliance que la thérapie individuelle. Fort de son expérience, l’auteur nous invite à créer et à consolider l’alliance thérapeutique sur base du confort du thérapeute. Cette manière originale de procéder permet l’émergence des compétences et des ressources de la famille, souvent enfouies sous les problèmes apparents ! Un livre bienveillant et incontournable en matière de thérapie familiale et systémique !
Longtemps exclue du champ de la psychanalyse, l'analyse de groupe s'est développée auprès des familles, des couples, des enfants, des institutions, dans les champs médicaux, médico-sociaux et sociaux, les espaces interculturels, en produisant de nombreux concepts permettant de mieux saisir la complexité de la réalité psychique et de la vie psychique groupale. A destination des étudiants et des cliniciens, ce vocabulaire en rassemble 96 reconnus comme utiles à la pratique psychanalytique groupale. Chacune des contributions est rédigée par un spécialiste européen, enseignant/chercheur et/ou clinicien utilisant la notion choisie dans sa pratique ou ayant contribué à la développer ou à l'enrichir dans ses propres travaux. A partir d'une définition synthétique, chaque entrée est complétée par un point historique, les débats qu'elle suscite et l'intérêt clinique qu'elle comporte. Représentant un ensemble de courants, d'écoles et d'orientations françaises et étrangères, ce vocabulaire, qui allie clarté, rigueur scientifique et historique, a pour vocation de mieux faire connaître la richesse et la complexité de l'approche psychanalytique des groupes, des familles et des institutions.
Comment se libérer des schémas familiaux qui nous entravent ? Comment sortir des cycles répétitifs qui façonnent nos relations depuis l'enfance et nous font souffrir ? Les difficultés au sein de notre couple, avec nos enfants, avec notre famille peuvent nous décider à consulter un psychothérapeute. Comment se déroule alors une psychothérapie familiale ? En quoi consiste le travail du thérapeute ? A travers des fragments de vie et de thérapies familiales systémiques, les auteurs nous plongent dans la pratique de Chloé, pédopsychiatre et psychothérapeute, experte pour aider ses patients à sortir des sentiers battus devenus, avec le temps, des ornières. Au fil des séances, nous la voyons oeuvrer avec finesse et humanité, sans jamais imposer son savoir. Son approche, directe et sensible, centrée sur les relations au sein de la famille - traditionnelle, recomposée, homoparentale, monoparentale... -,vient interroger les liens du quotidien. En prenant ses patients au pied de la lettre, elle les incite à ouvrir un espace de créativité propice au changement. Le récit de chaque consultation s'accompagne d'éclairages théoriques qui explicitent les mécanismes relationnels à l'oeuvre et donnent des repères utiles pour s'extraire des répétitions toxiques et inventer de nouvelles façons d'être en lien avec soi et les autres.