Annette Messager est née à Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, en 1943. Après des études à l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (Paris), qu'elle écourte la veille de mai 1968, elle s'installe en tant qu'artiste plasticienne, photographe, peintre et sculptrice au coeur de la scène artistique parisienne de l'époque. Elle réunit alors ses premières Collections, albums de photographies et sentences extraites de la presse qu'elle annote et modifie. Dès ses premières oeuvres, Annette Messager fait ressortir la part d'affect et de souffrance présente dans les objets familiers et populaires : elle intègre l'univers domestique dans lequel le regard masculin a cantonné la femme (travaux à l'aiguille, revues de beauté, carnet intimes). Elle évolue ainsi dans un monde imaginaire et intime, mêlant des éléments autobiographiques et des réflexions sur la condition féminine ; entre tendance tragique et univers ludique. Elle a reçu en 2005 le Lion d'Or de la Biennale de Venise, et le Centre Pompidou lui a consacré une grande exposition rétrospective en 2007, exposition présentée par la suite dans plusieurs autres musées du monde (Tokyo, Séoul). Ce livre présente une série de dessins intitulée "80 dessins de la France" , réalisée au cours de l'année 2000, pour une installation exposée notamment à l'occasion de la 5e Biennale de Lyon. Faire des cartes de France repose sur un jeu de mots amusant et pervers : "Un ami est venu chez moi pendant que j'étais en train de dessiner des cartes de France, en l'an 2000. En souriant il m'apprit que "faire des cartes de France" était une expression pour nommer les pollutions nocturnes du jeune roi Louis XIII ! " (Annette Messager).
Nombre de pages
64
Date de parution
10/01/2020
Poids
270g
Largeur
200mm
Plus d'informations
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EAN
9782373720990
Titre
Faire des cartes de France
Auteur
Messager Annette
Editeur
DILECTA
Largeur
200
Poids
270
Date de parution
20200110
Nombre de pages
64,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cette première monographie d'Annette Messager est la bienvenue : elle donne enfin une vision d'ensemble de l'?uvre d'une des plus importantes artistes françaises contemporaines et retrace un parcours extrêmement cohérent, de la construction d'une autobiographie fictive au début des années soixante-dix, aux grandes installations dans lesquelles le spectateur est invité à circuler, dans les années quatre-vingt-dix. Oeuvre singulière qui s'inscrit dans la revendication d'un territoire de la féminité, le travail d'Annette Messager s'inspire des arts populaires, des pratiques domestiques ou religieuses et des jeux de l'enfance. Entre réalisme et fantastique, un monde prend forme : poupées, peluches, crayons de couleur, fils de laine ; journaux intimes, contes de fées, prières ; collages, découpages, peintures, photographies? tous ces objets se démultiplient pour peupler notre imaginaire de souvenirs heureux ou douloureux. Si son ?uvre est si passionnante c'est qu'elle nous renvoie à des expériences vécues, des histoires familières, et que, toujours en mouvement, fragile et complexe, elle interroge sans cesse l'identité de l'art. --Sylvie Lécallier
Livre inédit conçu à partir de l'installation du même nom d'Annette Messager (1971-1972). Annette Messager s'est faite connaître au début des années 1970 avec une installation spectaculaire, à la fois drôle et inquiétante, intitulée « Les Pensionnaires » : ce petit livre composé avec l'artiste en est le reflet fidèle. Conçue en 1971-72, la série « Les Pensionnaires » est « une ?uvre essentielle et fondatrice dans le travail d'Annette Messager, parce qu'elle rassemble l'ensemble de ses pratiques artistiques (cahiers, animaux empaillés, dessins, planches documentaires, écriture, accrochage mural) [...] Elle constitue de fait la matrice de toute l??uvre à venir. [...] Dans une fiction, calquée sur les pratiques de l'enfance, Annette Messager se donne le rôle d'une maîtresse de pension, d'une mère qui élève, garde, protège et punit ses enfants-oiseaux ». Les moineaux empaillés et emmaillotés vivent ainsi toutes sortes d'histoires réunies en six chapitres « décrivant successivement les cris des oiseaux, leur promenade, le bain de poussière, le repos, la punition » (Marie-Laure Bernadac, in Annette Messager, Mot pour mot, Presses du réel, 2006, p. 9).
Annette Messager ouvre en 1975 un cycle « Annette Messager truqueuse » qui prend forme, notamment, dans un petit livre de format oblong intitulé La Femme et... publié à Genève par un autre artiste, John Armleder. Sur le registre de l'art corporel et de la manipulation d'images, il propose une série de photographies retouchées mettant en scène le corps féminin maquillé ? le corps nu de la femme-artiste ? où intérieur et extérieur, dessin et image photographique se confondent, soutenus par des légendes laconiques. La truqueuse, note Annette Messager, « n'est jamais dés?uvrée et ne manque jamais de matériel puisqu'elle joue avec elle-même et sur elle-même ». La tonalité du livre est tour à tour émouvant (« la femme et l'opération »), franchement cocasse (« la femme et le barbu »), ou bien faussement dramatique à la manière de brèves saynètes (« la femme et la mort », « la femme et la peur »). À l'occasion de cette réédition très fidèle à l'édition originale, le livre de 1975 a été recomposé avec la complicité de l'artiste et quelques images ont été ajoutées.
Après avoir exposé et produit les artistes ou les projets artistiques les plus fous, la Monnaie de Paris, fidèle à son ADN de faiseuse d'expositions précieuses, réunit deux grandes figures de l'art contemporain et donne carte blanche à Bertrand Lavier pour un hommage à Raymond Hains. Raymond Hains (1926-2005), esprit génial, libre et facétieux qui déclarait être « le ministre de sa propre culture » sera ici célébré et chahuté par Bertrand Lavier qui proposera, dans chacune des douze salles de l'exposition, d'en revisiter les chefs d??uvre. Douze clins d??il où Bertrand Lavier confronte, provoque et joue avec les ?uvres de Raymond Hains, mais également avec les siennes. Dans cette exposition où la poésie le dispute à l'absurde, on vous parlera notamment de bière, de ski, de Matisse et de Picasso.
En 2009, à Nantes, Ange Leccia réalisait Nymphéa, ?uvre permanente d'Estuaire, qui consiste en une projection vidéo à la surface de l'eau : il venait installer, dans la ville de naissance de Jacques Demy, l'image surnaturelle d'une icône de la mode et du cinéma, Laetitia Casta. En jouant des effets éclatants de l'image sur l'élément aquatique, Ange Leccia revenait à l'essence même de la vidéo : la projection de lumière. Le temps de la prise de vue y rejoint le temps de l'eau qui passe. Nymphéa est sous l'eau comme toutes les images que va chercher Ange Leccia sont en lui. Cette quête, ce voyage à l'intérieur de soi, est le programme de « La mer allée avec le soleil ». Une exposition introspective, telle une plongée dans trente-cinq années de pratique dans laquelle on rencontre toutes les figures qui font la singularité et la beauté du travail d'Ange Leccia : l'omniprésence de l'eau, des images comme des souvenirs de sa jeunesse corse ; les explosions, tempêtes, orages et déferlantes qui illustrent sa sensibilité à fleur de peau ; des images télévisuelles retravaillées dans lesquelles la gravité intérieure rejoint la gravité du monde (en contraste, sans cesse, la beauté du monde naturel) ; les jeunes filles ou l'adolescence comme l'état de création artistique de tous les possibles, mais où l'on se sent perdu face à l'inconnu ; la pop music et les tubes qui souvent collent au souvenir d'un sentiment fort. Pensé au départ comme un événement biennal (2007-2009-2012), Estuaire Nantes Saint-Nazaire est aujourd'hui une collection à ciel ouvert de trente oeuvres permanentes réalisées in situ, à Nantes, Saint-Nazaire et dans les communes riveraines de l'estuaire de la Loire qui les relie. Le projet artistique accompagne un projet politique : la construction de la métropole Nantes Saint-Nazaire. Ainsi, chacune des oeuvres de ce «monument dispersé » guide vers un lieu atypique ou un site remarquable de l'estuaire. Entre réserves naturelles fragiles et bâtiments industriels gigantesques, l'estuaire de la Loire est un territoire complexe. Dédales de petits chemins, enchevêtrements d'étiers, portes d'entrées multiples à sa découverte : les ?uvres d'Estuaire sont le fil d'Ariane d'un espace en mutation constante.
Yves Klein n'a eu que peu de temps pour se faire un nom dans le milieu de l'art. Pourtant, lorsqu'il meurt d'une crise cardiaque en 1962, l'artiste est déjà une légende. En quelques années, il est devenu l'une des figues majeures de l'art contemporain à l'international. Représenté par les plus grandes galeries de son temps, Yves Klein a également exposé dans les plus prestigieuses institutions. Comprenant très tôt l'importance croissante des médias - qu'il utilise à son avantage -, il ne considère pas la photographie comme un simple moyen de documentation, mais plutôt et surtout comme une façon de présenter ses modèles. En décidant lui-même par qui et comment il est photographié, Yves Klein a fait de sa vie artistique un mythe, rendant floues les limites entre ses oeuvres et sa vie privée. Yves Klein in/out Studio propose la reproduction d'oeuvres de Klein (Le Saut dans le vide, les murs de l'Opéra-Théâtre de Gelsenkirchen, des vues de son exposition programmatique "Monochrome und Feuer" au Museum Haus Lange de Krefeld, en 1961) ainsi qu'un regard sur l'envers de son travail, notamment de ses performances. Au fil des pages, on découvrira ainsi la genèse de ses fameuses "Anthropométries" et des peintures de feu, des portraits de l'artiste dans son studio ou en voyage, ainsi que de nombreuses planches contact reproduisant des photos "non autorisées" et encore inédites.
Ce livre est publié à l'occasion de la première exposition de Jiang Dahaï à Paris, à l'invitation du musée national des Arts asiatiques Guimet. Né à Nankin en 1946, Jiang Dahaï (naturalisé Français depuis 1991) partage son temps entre Paris et Pékin. Formé successivement à l'Académie centrale des beaux-arts de Chine (Pékin) et à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, son ?uvre picturale s'affirme aujourd'hui comme l'une des plus achevées d'une génération durement éprouvée par la Révolution culturelle. Renouvelant le dialogue fécond suscité par la rencontre, au siècle dernier, entre les traditions picturales française et chinoise entreprise par des artistes formés à Paris, comme Zao Wou Ki, Chu Teh Chun, ou avant eux Xu Beihong, les peintures de Jiang Dahaï, détachées du lyrisme gestuel de la calligraphie, livrent, dans une langue abstraite et minimale, une subtile et fascinante vision de paysages à la fois cosmiques et célestes. Faites d'une chorégraphie manuelle de légères gouttes de couleurs transparentes lancées par le pinceau sur la toile, sans contact avec elle, les peintures révèlent des modulations harmoniques infinies, à la fois immobiles et fluides, qui se déploient comme dans un ciel sans cesse renouvelé par la capture de la lumière.