Au sein d'un paysage lunaire et désertique, une femme s'échappe d'un camp où elle a été enfermée à la suite de l'explosion d'un Site qui l'a violemment contaminée. Elle y a subi des expérimentations scientifiques et s'est fait passer pour morte afin de s'évader. La narratrice à l'identité sibylline marche en quête de liberté et de remémoration. Au fil de son cheminement, les souvenirs refont surface par bribes nébuleuses. On découvre alors son quotidien dans le camp et les liens indéfectibles qu'elle a noués avec les autres femmes internées, devenues amies. Présences indélébiles, elles l'accompagnent tout au long de son avancée et teintent ainsi le roman d'une profonde sororité face à l'épreuve. Dans cette fiction pleine de mystère la limite entre mémoire et imagination, entre réel et onirisme, est poreuse. Jacqueline Merville nous offre un voyage énigmatique qui fait écho à de lourdes épreuves. Le texte est empreint des événements qui ont marqué la vie de l'autrice, mais aussi le monde entier, tels que l'enfer de la Shoah ou encore le terrible Tsunami qu'elle a relaté avec une grande justesse dans son ouvrage The Black Sunday, 26 décembre 2004 (des femmes-Antoinette Fouque, 2005). Sans être directement mentionnée, l'évocation de la pandémie du Covid-19, tout en pudeur, révèle également l'humanisme profond et singulier de l'autrice. La rêveuse finit par se réveiller, mais le songe est d'une actualité percutante. "Ce sommeil-là est étranger aux rêves ordinaires, au repos, il m'a fait revivre un bout de ma vie. Est-ce pour cela que ces femmes que j'ai vues ne voulaient que dormir ? Elles retournaient avant, dans leur vie, dans la vie ? " J. M
Nombre de pages
69
Date de parution
14/10/2021
Poids
110g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782721009067
Titre
Le Courage des rêveuses
Auteur
Merville Jacqueline
Editeur
DES FEMMES
Largeur
130
Poids
110
Date de parution
20211014
Nombre de pages
69,00 €
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Une femme a rejoint une ville qui va s'enfoncer dans les marécages. Elle y tue son enfant en toute légalité morale et civique. Elle y combat son désir d'un homme, son ancienne façon d'être femme. C'est la ville du Non, la ville où crime et sacrifice sont encouragés. Aucune loi ordinaire, tant au niveau éthique qu'esthétique, ne s'y est fixée. "Longtemps après les couches, quand mon corps ne supportait plus de crier dedans, je l'ai tué. Déjà le brouillard était sur la ville construite sur les marécages. J'ai oublié le nom de cette ville qui refuse d'être. Je l'ai su rapidement puis je l'ai perdu. ICI les lieux sont inutiles. Nul ne désire y rester. L'enfant ne le désirait pas. Mes cris ne franchissaient pas les murs. Je l'ai tué pour taire à jamais le nom impossible". J. M.
Jacqueline Merville explore de nouveau les thèmes de la naissance impossible, de la recherche d'une identité par un acte définitif, avec cette particularité étonnante d'entrechoquer l'abstrait et la réalité la plus authentiquement simple. "Elle a pris la voiture. Encore. Elle a roulé, non vers la mer, mais dans la direction condamnée. Elle a défoncé le flanc des bêtes égarées à coups de pare-chocs. Elle achevait la souffrance de l'animal avec une marche arrière rapide. L'enfant a traversé la rue en courant. Ca s'est confondu. Elle a accéléré. Ca a volé, éclaté contre la carcasse métallique. Juste un choc et une sorte de cri. Rien n'est semblable entre l'enfance et l'animalité. Ce fut le geste dont on pouvait parler en la désignant. Pour eux aussi, elle avait définitivement abandonné le monde". J. M.
Je m'étais assis sur un banc. Le fer avait embrassé mon dos. Le lampadaire fonctionnait. L'épiderme d'une nuit sans ciel phosphorescent s'arrêtait à hauteur des palissades. La lumière du lampadaire retenait une manière de langue noire à juste hauteur des yeux. La place Misèrée devint une demi-sphère lumineuse. Une architecture rappelant celle d'une cathédrale prenait place sur ce que j'avais qualifié de tas de bois et de ferraille un instant auparavant. Cet entassement avait trouvé son rôle". J. M.
Je tourne la tête vers le rivage. C'est à cet instant que je la vois. La vague. Un mur d'eau dans les arbres. Un mur d'eau claire pliant les arbres, ces pins du golfe du Bengale. Un mur liquide très haut qui avance. La mer vient, géante, écrasante. C'est la fin du monde. Je grimpe les marches de l'escalier pour me réfugier sur la terrasse. Vite. Le plus haut possible. Une terrasse au milieu de l'invasion des eaux océaniques. Je sais que c'est inutile. Plus personne ne crie. " J.M.
A Istanbul, plusieurs destins s'entrecroisent entre 1980 et 1999. Quatre jeunes grandissent dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire, la répression politique et les fractures sociales. Leurs vies se façonnent au rythme des rêves de liberté, des illusions révolutionnaires et des désillusions de l'exil. Autour d'eux, la ville devient un véritable personnage ¬ : ses ruelles, ses habitant·e·s, ses injustices et ses beautés racontent une Turquie en mutation. Couvrant deux décennies marquées par la dictature et les bouleversements politiques, La Maison du Bosphore est une plongée dans l'histoire turque dessinant une fresque humaine, sensible, bouleversante et universelle. A travers ce roman foisonnant, Pinar Selek donne voix aux oublié·e·s, aux résistant·e·s, aux femmes et aux hommes qui tentent de rester debout malgré la violence du monde. "Je me souviens... les enfants, les jeunes, les klaxons, les marchands, la fragrance du vent, les vagues, la mer. Les gens rentraient chez eux. Ils pressaient le pas, la tête légèrement inclinée, comme pour échapper à la pluie". P. S.
Résumé : Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, abandonne sans un mot la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d'amour. Amma s'ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu'elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l'octogénaire aussi fantasque qu'attachante part pour le Pakistan sur les traces d'un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure. Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s'inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d'autres encore.
Goettner-Abendroth Heide ; Chaplain Camille ; Mont
Dans son premier ouvrage, Les Sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde (des femmes-Antoinette Fougue, 2019), Heide Goettner-Abendroth, philosophe et anthropologue allemande, redéfinissait les critères permettant de qualifier une société de matriarcale. Dans ce second volet, elle s'intéresse à la cause principale de la disparition de ce type de société en Europe et en Asie occidentale, à la fois sur le plan réel et symbolique : la naissance du patriarcat. En tant que chercheuse pionnière, l'autrice critique les préjugés patriarcaux des interprétations archéologiques qui projettent le modèle de nos sociétés actuelles sur les sociétés du passé, niant par là même leur diversité. S'appuyant sur des découvertes archéologiques majeures, Heide Goettner-Abendroth propose une analyse des premières époques culturelles totalement nouvelle et différente de ce qui nous a été raconté jusqu a présent. Elle démontre scientifiquement qu'elles ont été formées en grande partie par les femmes. Au fil de sa plume d'une précision et d'une exigence intellectuelle remarquables, elle analyse sur le temps long comment et pourquoi leurs manières de vivre ont peu à peu été évincées par le patriarcat. La perspective alternative révolutionnaire que la chercheuse nous offre dans cet ouvrage est d'une actualité brûlante tant la crise de nos modèles sociétaux est grande ; elle contribue, ainsi, à ouvrir de nouvelles perspectives pour demain.
Une biographie remarquable sur la vie et la carrière de Marguerite Audoux, prix Femina 1910. Qui se souvient de Marguerite Audoux ? Cette écrivaine a connu un immense succès auprès de ses contemporains, en recevant notamment le prix Femina en 1910 pour son roman Marie-Claire. L'histoire est devenue si culte et populaire qu'un grand magazine reprendra le même titre. Autrice autodidacte, celle qui n'avait presque lu aucun livre rejoint un cercle d'amis écrivains parmi lesquels Octave Mirbeau, André Gide et Alain-Fournier, qui l'encourage à publier ses textes. Immédiatement, le public et les institutions reconnaissent son talent et sa plume singulière, à tel point qu'on soupçonne que ses textes sont écrits par... un homme ! Mais qu'importe, les traductions affluent, les distinctions aussi. Malgré sa notoriété, l'autrice souhaite conserver une vie simple, occupée à regarder le ciel et élever les enfants de sa soeur comme s'ils étaient les siens. Son parcours hors du commun, d'orpheline malvoyante et bergère en Sologne à son ascension fulgurante, est relaté dans cette biographie avec une précision d'orfèvre. Contre l'angoisse et le vertige, il y aura l'écriture dans le cahier. Contre l'enfant mort, il y aura Yvonne, plus tard Paul, Roger et Maurice. Avec cette petite, elle se découvre une vocation : élever des enfants. Elle aime bien ça. Elle les élève comme elle fait des livres : avec des mots simples, sans grands discours. G. D.