Les textes d'Alain Mérot réunis dans ce volume permettent d'éclairer d'une lumière nouvelle l'oeuvre de Nicolas Poussin (1594-1665), notamment par l'analyse du processus qui l'a conduit à accorder au cours de sa vie une place grandissante au paysage. Car en effet, s'il reste aux yeux de la postérité un peintre d'histoire, représentant des actions puisées dans les grands textes de l'Antiquité ou de la tradition biblique, Poussin a instauré une relation de plus en plus étroite avec la nature, par la conquête méthodique de l'espace dans lequel l'histoire se raconte et peut déployer toutes ses harmoniques. Certes, le paysage est un espace de narration, mais aussi de poésie où les différents éléments - chemins, arbres, rochers, fleuves ou "fabriques" - sont autant de repères et de rappels destinés à amplifier l'action. Comme le poète polit ses vers et ses rimes, le peintre ordonne le ciel et l'eau, les collines et les arbres, jouant avec les lignes et les couleurs, avec les rythmes et les sonorités. Ainsi que le conclut Alain Mérot, "Il ne faut jamais perdre de vue ce caractère musical qui est commun aux belles peintures et aux beaux vers. "Bien lire" le tableau, c'est aussi savoir l'écouter" .
Nombre de pages
312
Date de parution
07/10/2022
Poids
430g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782252046807
Titre
Poussin, le peintre et le poète. Edition
Auteur
Mérot Alain
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
135
Poids
430
Date de parution
20221007
Nombre de pages
312,00 €
Disponibilité
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Comment le paysage appelé "classique, encore aujourd'hui s'est-il constitué? Quels furent le développement et le déclin de cette forme idéale dans la culture de l'Europe occidentale à l'époque moderne? D'abord considéré comme mineur et décoratif, il conquit, en se nourrissant d'une étude attentive de la nature, son autonomie et sa dignité, de la Renaissance au XVIIIe siècle. Au point culminant de cette évolution, les oeuvres de Poussin et de Claude Lorrain, par leur suprême maîtrise, se détachent d'une vaste production qui rivalise avec la peinture d'histoire. Cet art de délectation, voire de méditation, qui prend appui sur différents" discours dans la tradition de la Renaissance renouvelée par la Contre-Réforme, s'est imposé en liaison avec la culture du temps et en réponse aux attentes d'un public lettré. Sorte de témoin d'un monde disparu, solidaire d'un certain rapport de l'homme à la nature, le paysage est à replacer dans le système des arts d'une époque donnée. Main Mérot, déjà l'auteur, entre autres, d'une histoire de La Peinture française au XVIIe siècle, s'attache ainsi à lui restituer sa singularité et à mieux comprendre sa persistante autorité.
Peu de mots auront eu une fortune aussi extraordinaire que celui de baroque. D'abord adjectif dépréciatif, quasi synonyme d'irrégulier, de bizarre, voire de laid, il en est venu à désigner, à partir de la fin du XIX ? siècle, un style ou une période de l'histoire de l'art, celle qui s'étend, pour simplifier, de la Renaissance aux Lumières. Le présent essai se propose d'en reprendre l'histoire, d'en analyser, autant que faire se peut, les étapes, les significations et les enjeux. La déconstruction d'un tel "monstre" est en soi instructive. Elle permet de rencontrer nombre d'historiens, d'historiens de l'art et d'esthéticiens, illustres ou moins connus. Elle montre que la question ouverte avec les Burckhardt, les Wölfflin et les Riegl n'a cessé d'être reprise et enrichie par leurs successeurs. Même limité aux arts visuels, le prétendu concept de baroque continue de séduire. Etendu à toute une culture, voire à certaines tendances, que l'on se plaît à penser éternelles et universelles, de l'esprit créateur, il finit par n'avoir plus guère de sens. Sous les dehors d'une grande promenade à travers les arts et le temps, cet ouvrage pose donc la triple question de la nécessité, de la validité et du danger des étiquettes en histoire de l'art.
Le 9 janvier 1667, Colbert se rend à l'Académie royale de peinture et de sculpture et exprime le v?u de " faire tous les mois expliquer un des meilleurs tableaux du cabinet du roi par le professeur en exercice, en présence de l'Assemblée ". Les comptes rendus de ces séances, dont la pratique s'est maintenue au-delà du XVIIe siècle, ont été publiés dès 1668. L'École nationale supérieure des beaux-arts en conserve la plupart des manuscrits. Les Conférences rassemblées dans ce volume ont été prononcées entre 1667 et 1721. Elles ont des auteurs aussi prestigieux que Félibien, Philippe de Champaigne, Charles Le Brun, Roger de Piles ou Antoine Coypel. Reflets de discussions toujours passionnées, parfois houleuses, elles sont l'expression de l'ambition de cette Académie : être un lieu dont l'éclat intellectuel assoie définitivement le nouveau statut des " savants peintres " et les éloigne de la corporation des artisans à laquelle ils étaient autrefois rattachés. Sur des questions aussi essentielles que la hiérarchie des genres, l'expression des passions ou l'importance du coloris, les membres de cette assemblée font plus que rivaliser d'éloquence. Les commentaires d'?uvres sont pour eux l'occasion de nombreux débats et querelles, dont la plus célèbre opposa partisans du dessin et du coloris, " poussinistes " et " rubénistes ". C'est véritablement l'élaboration d'une doctrine qui est à l'?uvre : une " littérature artistique ", qui à l'érudition et aux anciennes catégories poétiques, allie de nouvelles méthodes d'analyse inspirées du cartésianisme. Cette édition comprend une introduction historique, une chronologie et une analyse de chaque conférence. Par ce nouveau commentaire, elle apporte un éclairage inédit sur une période essentielle de l'histoire de l'art et fournit aux étudiants et aux chercheurs un ouvrage de référence indispensable.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.