Lors du centième anniversaire de la mort de Nietzsche, en 2000, il a paru intéressant d'interroger un certain nombre de spécialistes sur le rayonnement de son oeuvre dans les différents pays européens. L'ouvrage collectif que nous proposons au lecteur ne vise pas à l'exhaustivité. Mais il voudrait être le ferment d'une recherche interdisciplinaire et internationale. Il met en effet en évidence l'audience rencontrée partout en Europe par l'oeuvre de Nietzsche dès la fin du XIXe siècle. Le ton nouveau, qui émane notamment de Zarathoustra, répondait aux attentes d'une génération tentant de se libérer des pesanteurs d'une ère positiviste, naturaliste et moraliste. Partout en Europe, l'écho rencontré par Nietzsche a d'abord été littéraire, artistique, moral avant d'être proprement philosophique. Certaines des contributions rassemblées ici sont centrées sur un écrivain, d'autres suivent dans ses différents aspects le développement de cette réception dans un pays donné. Malgré les différences de contextes littéraires, philosophiques et socio-politiques, l'oeuvre de Nietzsche est bien celle d'un "bon européen" qui se situait au carrefour des diverses cultures nationales. Biographie de l'auteur Gilbert Merlio, professeur à l'université de Paris-Sorbonne (Paris IV), est spécialiste des idées en Allemagne. Editeur scientifique de plusieurs ouvrages collectifs sur Nietzsche et de travaux sur l'idéologie allemande en général, il a publié, en 2002, Les résistances allemandes à Hitler. Paolo D'Iorio, philosophe, est chargé de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS/ENS Paris) et dirige à l'université de Munich un groupe de recherche qui travaille au projet HyperNietzsche. Il participe à l'édition du philosophe dans la "Bibliothèque de la Pléiade" et il a coédité, en Allemagne, le catalogue de la bibliothèque personnelle de Nietzsche.
Nombre de pages
264
Date de parution
08/06/2004
Poids
408g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782252034453
Titre
Le rayonnement européen de Nietzsche
Auteur
Merlio Gilbert ; D'Iorio Paolo
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
150
Poids
408
Date de parution
20040608
Nombre de pages
264,00 €
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Tout au long de son oeuvre, Camus a entretenu un dialogue philosophique avec Nietzsche. Ce dialogue pose notamment, à partir du nihilisme moderne, la question d'un nouvel humanisme. Aristocratique et largement esthétique, le «surhumanisme» de Nietzsche est un humanisme de la rupture et du dépassement, qui rejette les valeurs morales du judéo-christianisme, grégaires et stériles. Camus, lui, fonde son humanisme sur une révolte « qui dit non à ce qui transgresse les frontières de l'humain et qui dit oui à la part précieuse de lui-même ». Cette part précieuse est ce par quoi l'homme échappe à l'histoire, aux oppressions et aux crimes qui y ont cours, ce en quoi réside son humanité permanente dont il faut à tout prix respecter dans toutes circonstances la liberté et la dignité. Analysant intelligemment les traces de Nietzsche chez Camus, Gilbert Merlio jette un éclairage nouveau sur l'oeuvre et la personnalité d'Albert Camus, plus que jamais nécessaire en ces temps troublés.
Juger le présent à l'aune de la philosophie déclinisteSpengler aurait-il eu raison ? Tandis que les symptômes de crise se multiplient dans le monde, on assiste à un regain d'intérêt pour l'auteur du Déclin de l'Occident (1918-1922). Cependant, si ce titre est fréquemment cité, l??uvre elle-même reste largement méconnue, notamment en France. Comment Spengler se représentait-il ce déclin ? Il fait preuve d'un pessimisme culturel profond : à terme, l'Occident et ses valeurs cesseront de jouer un rôle historique. Sa critique de la rationalisation du monde, du passage d'une « culture » créatrice à une « civilisation » tournée vers des tâches quantitatives et matérielles, celle des m'urs qui s'installent dans les métropoles cosmopolites, du système technicien, du libéralisme politique et économique, doit nous alerter sur l'évolution de l'Occident au sein d'une mondialisation dont la maîtrise lui échappe. À charge pour nous de lui donner tort en ne succombant pas à son relativisme anti-humaniste, à son fatalisme historique, et à l'esthétisme d'un « réalisme héroïque » justifiant une brutale politique de puissance.
En Allemagne, l'histoire de la communauté juive a pu paraître comme l'exemple d'une parfaite assimilation économique et culturelle. Ne serait-ce pas, simplement, qu'une partie importante de celle-là, prise dans une spirale ascensionnelle liée à des causes historiques et économiques, s'était fondue dans la classe bourgeoise, à laquelle elle avait assez naturellement emprunté son habitus ? Cette hypothèse traditionnellement retenue peut expliquer certains phénomènes généraux, mais elle ne rend pas compte des rapports complexes entre minorité et majorité, de la persistance, aussi, d'un mode de vie communautaire, quand le lien religieux est distendu, du fossé entre le discours bourgeois libéral de la majorité et celui de la minorité. Tel qu'il est, ce modèle ne peut rendre compte de la fin tragique des juifs d'Allemagne et d'Autriche. En s'appuyant sur le type idéal du comportement libéral à l'âge triomphant de l'utopie bourgeoise, on constate combien ces valeurs ont pu être intériorisées par la minorité et on mesure par comparaison, à des époques différentes, l'écart entre l'habitus juif et l'habitus allemand d'une même classe sociale. La partie la plus dynamique de la communauté juive allemande ne s'était pas vraiment assimilée à une catégorie sociale aux contours bien définis, elle avait transformé les valeurs de l'utopie bourgeoise, en préservant, plus longtemps, le message humaniste et libéral que la bourgeoisie allemande, convertie au social-darwinisme du Reich wilhelminien, avait abandonné.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.