Le problème de la parole. Cours au collège de France. Notes, 1953-1954
Merleau-Ponty Maurice ; Saint Aubert Emmanuel de ;
METISPRESSES
32,00 €
Epuisé
EAN :9782940563609
Prononcé entre décembre 1953 et avril 1954, "Le problème de la parole" s'inscrit dans le prolongement du "Monde sensible et le monde de l'expression" et des "Recherches sur l'usage littéraire du tangage", leçons professées l'année précédente au Collège de France. Merleau-Ponty explore dans ce cours le sens d'une parole qui émerge du sensible : interrogeant les processus d'acquisition du langage ainsi que les pathologies qui l'affectent, il propose une interprétation originale de la linguistique de Saussure et offre un commentaire d'envergure de l'oeuvre de Proust. Chez l'un et l'autre, comme dans l'étude de l'aphasie et de l'apprentissage de la langue chez Jakobson et Goldstein, Merleau-Ponty analyse les pouvoirs créateurs et instituants de la parole, pouvoirs que la littérature porte à son excellence. "Le problème de la parole" ébauche ainsi une philosophie de l'institution et une ontologie qui interrogent l'avènement du sens dans l'entrelacement du sensible et de l'expression. C'est dire toute l'importance de ce cours inédit : présentant l'une des premières lectures philosophiques de Saussure et de Proust, il constitue également une étape essentielle de l'évolution de la pensée de Merleau-Ponty, qui peut éclairer d'un jour nouveau le sens de son ontologie ultime.
Nombre de pages
277
Date de parution
21/02/2020
Poids
565g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782940563609
Titre
Le problème de la parole. Cours au collège de France. Notes, 1953-1954
Auteur
Merleau-Ponty Maurice ; Saint Aubert Emmanuel de ;
Editeur
METISPRESSES
Largeur
162
Poids
565
Date de parution
20200221
Nombre de pages
277,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Signes, pour Maurice Merleau-Ponty, n'était pas un alphabet complet, mais plutôt ces signaux soudains comme un regard que nous recevons des événements, des livres et des choses. Ou qu'il nous semble recevoir d'eux : il faut croire que nous y mettons du nôtre, puisqu'il y a des constantes dans ces messages. En philosophie, l'idée d'une vision, d'une parole opérante, d'une opération métaphysique de la chair, d'un échange où le visible et l'invisible sont rigoureusement simultanés. En politique, le sentiment que les mécanismes d'étouffement, de paralysie ou de terreur ne sont pas irréversibles. Si l'auteur a bien lu, ces signes, donc, ne seraient pas de si mauvais augure. En sorte que Signes, loin d'être une traversée des apparences, devient pour le lecteur d'aujourd'hui une traversée de l'oeuvre même, dans ses grandes interrogations, de Merleau-Ponty.
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.
Les cours de Maurice Merleau-Ponty n'étaient pas rédigés à l'avance. Les notes dont ils se servaient, abondantes ou succintes, ne lui fournissaient qu'un appui. Jamais cet appui ne le dispensait du risque d'avoir à penser devant les autres. Il lui arrivait parfois de s'en écarter au point de l'oublier. Ces résumés ont été rédigés par Merleau-Ponty lui-même. Ils disent tout ce qu'il leur est possible de dire : la variété et la rigueur des questions qui commandaient les cours, et leur vertu de nourrir des ouvres qui s'élaboraient dans le même temps, l'Introduction à la prose du monde, Le visible et l'invisible.
«Du grand ouvrage dont rêvait Merleau-Ponty ne restent que cent cinquante pages manuscrites. Quelle est leur fonction : introduire. Il s'agit de diriger le lecteur vers un domaine que ses habitudes de pensée ne lui rendent pas immédiatement accessible. Il s'agit, notamment, de le persuader que les concepts fondamentaux de la philosophie moderne - par exemple, les distinctions du sujet et de l'objet, de l'essence et du fait, de l'être et du néant, les notions de conscience, d'image, de chose - dont il est fait constamment usage impliquent déjà une interprétation singulière du monde et ne peuvent prétendre à une dignité spéciale quand notre propos est justement de nous remettre en face de notre expérience, pour chercher en elle la naissance du sens.» Claude Lefort.
Durant l'été 1923, Deskaheh Levi General, Chef Cayuga représentant les Six Nations de la Confédération Haudenosaunee - les Cayuga, les Seneca, les Onondaga, les Oneida, les Mohawk et les Tuscarora - embarqua à New York pour la Société des Nations à Genève. Sa mission auprès de la Société des Nations était de taille : convaincre les puissances mondiales de reconnaître les Haudenosaunee comme un Etat frère. L'histoire de Deskaheh est marquée par des obstacles insurmontables, mais sa campagne a insufflé la philosophie Haudenosaunee à la toute nouvelle Société des Nations, une organisation qui apprenait alors à gouverner comme le peuple de Deskaheh le faisait depuis des millénaires. L'oeuvre de Deskaheh a donné naissance au mouvement pour les droits des Peuples Autochtones, et les Haudenosaunee continuent aujourd'hui de faire entendre leur voix aux Nations Unies. Un siècle après le voyage de Deskaheh, la Ville de Genève et le Docip commémorent la force de cette amitié née entre un homme, le génie diplomatique de son peuple et la ville qui l'a accueilli, célébrant un héritage de résistance et de détermination, et l'évolution des relations entre Genève et les Peuples Autochtones du monde entier.