En raison du mouvement de grève à Bpost, nous vous recommandons de privilégier les envois par Mondial Relay sur notre site.
Un escargot tout chaud
Mergault Isabelle
GRASSET
18,95 €
Épuisé
EAN :9782246813002
Peut-on retrouver le bonheur quand on croit avoir raté sa vie ? Rose est la patronne d'une bijouterie. Son mari, Philippe, ne lui adresse presque plus la parole. Il rendre tous les midis pour manger sa blanquette puis faire une sieste. Mais ce jour-là, ce jour fatal, arrive Edwige. Cette vieille femme dit à Rose : "vous allez, oui ou non, payer les frais d'entretien de la tombe de votre belle-mère ?" Ma belle-mère, se dit Rose ? Cette mère que Philippe dit aller voir tous les jours ? Hystérie, cris, évanouissements. Rose serait-elle une femme trompée ? Comble de la panade, sa fille Chloé choisit ce moment précis pour arriver avec son nouveau fiancé, Wa-wa-wa-walter. En effet, Chloé est bègue. Redoublement de la panade, un braqueur masqué s'engouffre dans la bijouterie, mais c'est un maladroit et on découvre vite son identité : Pierre, un garçon dont Edwige s'est occupée quand il était petit. Sous l'effet de la peur, Chloé a perdu son bégaiement. Dans une conversation à sept (sans compter un chien) va se résoudre la cocasse histoire du couple de Rose et Philippe. Où l'on découvrira l'étrange et parfois nécessaire rapport de l'adultère et du maïs. C'est la fantaisie qui fait le charme à la fois comique et délicat d'Un escargot tout chaud. Cette même fantaisie qui fait de ce roman ce que Boris Vian appelle un "conte de fées à l'usage des moyennes personnes". Une histoire simple avec des mots simples pour produire une émotion profonde tout en mettant de bien bonne humeur.
La caisse, ou je te bute ! ? Eh bien, butez, monsieur. " Ce jour-là, le braqueur aurait mieux fait de pousser la porte d'une autre bijouterie. Menaces, ultimatum ou revolver sur la tempe, aucune des six personnes qui se trouvent dans la bijouterie de Rose ne semble impressionnée. Amour, famille, enfants, ils ont tout raté. Alors vous pensez, un braquage ! Une fantaisie navigant entre l'émotion et le rire où les Marx Brothers auraient croisé Woody Mien.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.