Un récit à deux voix, celle d'un critique et celle de Louisa, l'épouse, qui nous dévoile un Calder intime : créateur foisonnant, poète du métal, figure majeure des avant-gardes, bricoleur-poète entouré des artistes majeurs de son époque. Grâce à l'écriture ciselée de Mercoyrol, l'artiste reprend vie dans un portrait vibrant, sensible et profondément humain. La première chose qui surprend le lecteur de ce Pas de deux est certainement la découverte d'un texte chanté à deux. Car à côté de la voix allegro du narrateur critique d'art, se glisse une voix plus inattendue, mélancolique, en adagio, celle d'une femme qui s'épanche dans des lettres adressées à un(e) inconnu(e). Parfois, les deux se font écho ou se répondent. Parfois, la voix féminine s'élève en solo ailleurs, dans des recoins plus intimes. Une des forces du livre se loge dans l'invention de ce personnage féminin, Louisa, l'épouse de l'artiste, qui vient nous raconter elle aussi qui était Sandy, mais qui nous confie également ses pensées et des morceaux de son existence : loin d'être une maîtresse de maison tandis que son mari crée, ou de se réduire à la gardienne de la mémoire du génie défunt, on découvre une person-nalité singulière, une femme qui pleure seule dans sa chambre d'hôtel l'assassinat de Kennedy et confie ses découragements politiques, qui, après une fausse couche, réfléchit à la place du « sang des femmes » dans les sociétés patriarcales, qui raconte le deuil impossible de l'être aimé, ou qui trouve la clé pour lire l'énigme du portrait de Calder photographié par Penn. Cette inflexion féminine n'est sans doute pas étrangère à notre perception de Calder qui s'élabore au fur et à mesure des pages. Un personnage Janus, à la fois bricoleur et poète, artisan et sculpteur, génie et bon vivant, un artiste consacré avec sa chemise rouge légèrement débraillée. Celui que son ami Masson appelle « le forgeron des libellules géantes » est certes l'auteur des mobiles et des stabiles qui l'ont rendu célèbre, mais aussi un homme qui croque des animaux dans ses carnets, combine des personnages en fil de fer, met en scène et agrandit infatigablement son cirque, fabrique des bijoux pour ces proches ou des meubles pour sa maison. Calder en pas de deux. À l'image de son ?uvre, vide et pleine, allègre et grave, qui conjugue l'espace avec le temps, et dont la résolution des contraires est peut-être à chercher du côté de la figure de la spirale.
Nombre de pages
140
Date de parution
03/04/2026
Poids
330g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782850352294
Auteur
Mercoyrol Yannick
Editeur
ATELIER CONT
Largeur
162
Date de parution
20260403
Nombre de pages
140,00 €
Disponibilité
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Cet ouvrage se présente sous la forme d'un usuel sur les grandes oeuvres de la littérature française. Pour chaque oeuvre étudiée, un résumé précis rappelle le canevas du texte, dont les pistes principales d'analyse sont ensuite exposées dans des développements littéraires, offrant un exemple du type de discours attendu dans les études supérieures. D'utilisation agréable et claire, grâce au classement générique et chronologique, ces études constituent ainsi un outil de référence pour ceux qui s'engagent dans des études de lettres, qui les accompagnera durant toutes leurs années d'apprentissage en leur apportant de solides bases d'analyse. Aussi les étudiants préparant le CAPES ou des oraux de culture générale (ENS ou HEC) y trouveront-ils des éléments précieux afin de se préparer au mieux à un exercice exigeant et délicat. Ce livre se veut également une invitation pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature et entendent enrichir leur culture, afin de piquer leur curiosité et de susciter l'envie d'aller découvrir des textes toujours essentiels.
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Résumé : Fondé sur une lecture précise des poèmes du recueil d'Aragon, cette étude claire et documentée dégage avec vigueur les enjeux d'une ?uvre difficile. La division en chapitres, qui sont autant de développements pour des énoncés possibles à l'examen, donne à la fois une vision d'ensemble nécessaire à la réflexion et la possibilité d'entrer dans le détail des poèmes. Enfin, intégré au corps de l'ouvrage, un glossaire des termes rares et des noms propres utilisés par le poète facilite l'accès aux textes et constitue ainsi un outil indispensable pour satisfaire aux exigences de l'épreuve du baccalauréat.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.