Le présent ouvrage est consacré à l'étude des modalités de travail des migrantes et de leurs descendantes, de leur syndicalisation et du développement de conflits dans plusieurs secteurs d'activité: services à la personne, nettoyage, distribution, restauration rapide, centres d'appel. Depuis une vingtaine d'années, les femmes immigrées sont massivement entrées sur le marché du travail. Dans le contexte de la mondialisation, la transformation des processus de production a entraîné la constitution d'un marché du travail segmenté. Les femmes d'origine étrangère sont désormais la catégorie la plus concernée par des modes de gestion précarisants, liés au développement de la flexibilité dans les entreprises. Leur emploi s'inscrit dans le cadre d'une stratification du salariat, qui est fondée sur une différenciation des statuts, des contrats, des durées du travail... Pour les primo-arrivantes, le travail informel, non déclaré, ou de services à la personne continue de prédominer. Les filles de migrant(e)s occupent plus souvent des emplois précaires du commerce et des services standardisés. Cette stratification n'apparaît pas pour autant inéluctable. Des salarié(e)s immigré(e)s - dont des sans-papiers - ont engagé des luttes, qui ouvrent la possibilité d'une recomposition de l'unité du monde du travail.
Nombre de pages
298
Date de parution
23/06/2011
Poids
360g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296554542
Titre
Femmes de l'immigration dans le travail précaire
Auteur
Merckling Odile
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
360
Date de parution
20110623
Nombre de pages
298,00 €
Disponibilité
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Ces parcours professionnels de femmes immigrées et issues de l'immigration sont évoqués à partir des résultats d'une enquête de terrain. Ils conduisent souvent ces femmes du travail informel à un emploi précaire, à temps partiel et sous-déclaré. L'accès à une évolution professionnelle se révèle difficile, même pour les plus diplômées. L'accès à l'autonomie des femmes constitue un vecteur essentiel de l'intégration des populatons issues de l'immmigration et du développement d'un espace de l'inter-culturalité.
Voici un éclairage de la question de l'intégration des populations issues de l'immigration dans la société française qui prend en compte la dimension de l'insertion professionnelle. L'assimilation, vue comme un processus de hiérarchisation des cultures, s'avère être la règle dans les entreprises, et la situation du marché du travail impose une individualisation des trajectoires concomitantes d'une précarité de masse. L'analyse du fonctionnement du marché du travail permet de relier celui-ci avec les évolutions de la stratification sociale. La constitution d'une "catégorie immigrée", - déjà perceptible dans les années 60 - a résulté d'un mode de gestion qui implique l'absence d'évolution de carrière, ainsi que de la nouveauté de l'attrait de la société de consommation. L'évolution des politiques d'emploi des entreprises, consécutive à la mesure officielle d'arrêt des flux migratoires en 1974, a remis en question la place relative des nationaux et des étrangers. Elle a coïncidé avec la fin du fordisme et l'émergence de nouveaux modes d'organisation décentralisés. La recomposition des procès de travail et des relations sociales a abouti à de nouvelles segmentations du monde du travail. L'intégration est en réalité inséparable d'une transformation des rapports sociaux allant dans le sens d'une atténuation de la division du travail et d'une égalité des droits sociaux.
Les femmes sont aujourd'hui en première ligne de la précarité dans l'emploi, les plus touchées par les régressions de la protection sociale et des services publics. Plusieurs groupes de femmes ont participé activement aux luttes contre la destruction de l'assurance chômage, dont la cynique réforme de 2019-2021, initiée par la loi Avenir professionnel du 5 ? septembre 2018, a constitué une étape décisive. Elles ont revendiqué la continuité des droits sociaux par-delà les discontinuités de l'emploi et le "droit au cumul emploi-chômage" . La défense de l'assurance-chômage - qui mobilise les femmes comme les hommes - vise à instaurer un nouveau système fondé sur la solidarité interprofessionnelle et entre catégories sociales. Un tel système devrait permettre une redistribution een faveur des plus précaires, et ses effets pourraient être très bénéfiques pour les femmes et pour les jeunes - souvent condamné·es à vivre dans la dépendance. L'accès à l'autonomie nécessite, en particulier, la constitution de droits propres et non plus liés à la situation familiale. Un véritable statut de vie sociale, professionnelle et citoyenne devrait ainsi comprendre, outre un revenu personnel garanti à un niveau décent, un ensemble complet de mesures visant au partage du travail entre les femmes et les hommes ainsi qu'au décloisonnement entre les sphères de la production et de la reproduction. Il serait adossé à une Sécurité sociale universelle couvrant le risque chômage ; les parcours des femmes - qui intègrent les nécessités de la reproduction - seraient ainsi placés au coeur de la définition des paramètres de ce système.