Le transsexualisme est-il universel ou moderne? Naît-on transsexuel ou le devient-on? Quel est le sexe des transsexuels? Peut-on parler de droit à l'identité sexuelle? Le transsexualisme a-t-il des rapports avec la libéralisation des moeurs? Avec la transformation des rôles masculin et féminin dans la société?... En confrontant les points de vue parfois très divergents des acteurs sociaux engagés dans le "phénomène transsexuel" (médecins, psychanalystes, féministes, sociologues, juristes, et bien sûr les transsexuels eux-mêmes, à travers leurs autobiographies publiées), ce livre éclaire les enjeux de société que traduisent ces questions profondément éthiques. Après un historique des travaux qui, dès le début du siècle, ont conceptualisé la problématique de ceux qui disent avoir "une âme de femme dans un corps d'homme", ou le contraire, l'ouvrage étudie d'abord les positions des médecins qui, supposant une cause biologique encore inconnue au transsexualisme, estiment que la transformation corporelle est le seul traitement possible de ce syndrome, puis celles de psychanalystes qui, au contraire, envisagent une approche psychothérapique et conçoivent la demande de changement de sexe comme mise en acte d'un conflit psychique inscrit dans une histoire subjective. Il évoque ensuite le point de vue de sociologues et de militants qui considèrent le transsexualisme comme un analyseur de la différenciation sociale des sexes, et s'appuie sur la jurisprudence française et européenne depuis 1965 pour montrer comment fonctionne la place (théorique et institutionnelle) réservée par notre société à ceux qui se présentent comme des exceptions aux catégories sexuelles. Enfin, à partir d'autobiographies publiées de transsexuels, il déconstruit les fonctionnements argumentatifs par lesquels ces textes visent à faire reconnaître leur auteur dans le sexe qu'il revendique.
Nombre de pages
297
Date de parution
03/05/2000
Poids
368g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738424921
Titre
L'illusion transsexuelle
ISBN
2738424929
Auteur
Mercader Patricia
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
368
Date de parution
20000503
Nombre de pages
297,00 €
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Le propos de cet ouvrage est de théoriser d'abord en psychologues la formation universitaire en psychologie ; il est écrit par des enseignants qui traitent chacun à sa manière de ce qui, dans notre pratique, a pu faire énigme pour eux. La première partie du livre examine comment s'est construite la psychologie, sous deux angles complémentaires : une discipline universitaire relativement récente, à la filiation complexe, et un ensemble de pratiques professionnelles qui s'individualise et s'officialise progressivement. Ensuite, nous présentons et discutons certains dispositifs de formation des psychologues à Lyon. Ceci posé, l'accent est porté sur les relations imaginaires entre l'étudiant et l'enseignant et sur la dimension de renoncement ou de crise qu'implique toute acquisition de savoir nouveau (renoncement aux savoirs antérieurs, ou mise en crise de ces savoirs antérieurs), puis sur les relations entre le sujet en formation et la théorie elle-même. Enfin, nous proposons une mise en perspective de la psychologie, comme discipline et comme pratique, avec les demandes sociales qui ont présidé à son émergence et à son développement. Et c'est au nom de la différence que nous avons convié, pour terminer, des collègues d'ailleurs, autres disciplines, autres systèmes de référence, à nous lire et à nous répondre. La thèse essentielle qui traverse l'ouvrage est la suivante : dès lors qu'on admet que la formation en psychologie est un processus de transformation, il devient impossible de s'en tenir à un modèle d'enseignement classique, fondé sur la seule transmission d'un savoir nécessairement idéalisé, mais surtout livresque. D'une façon ou d'une autre, tous les dispositifs de formation à la psychologie doivent prendre en compte le modèle de la recherche, qui s'articule au contraire autour de l'énigme, de l'obstacle, de la perte, c'est-à-dire autour d'un non-savoir primordial (au double sens d'originaire et d'essentiel). Corrélativement, il doivent aussi s'ancrer sur des pratiques, dont la découverte et/ou l'analyse sont un pivot essentiel et de la formation et de la recherche. En travaillant sur la charnière entre engagement dans une pratique, d'une part, production et appropriation de connaissances, d'autre part, nous espérons avoir fait avancer une " épistémologie de la recherche et de la formation impliquées ".
Catégorie utile d'analyse dans les sciences sociales, la notion de genre soulève en psychologie, et surtout en psychanalyse, des difficultés certaines. Certes, la psychologie sociale a pu montrer que le genre assure une fonction cognitive, orientée par une asymétrie fondamentale entre les deux catégories de sexe. Et cette asymétrie, liée notamment au statut de référent universel donné au sexe masculin, façonne nos comportements, jusqu'aux plus automatiques et quotidiens, d'une manière qui conforte la suprématie masculine. Mais à côté des déterminations sociales, quelle part faire à la dimension subjective propre à chaque individu, au rôle de l'inconscient dans la construction de l'identité sexuée et, plus tard, dans le vécu des relations affectives et sexuelles? Par exemple le schéma anthropo-sociologique classique de l'appropriation du corps des femmes par les hommes suffit-il à expliquer la violence dans les rapports amoureux? Si la théorie psychanalytique, théorie de la sexualité et de l'inconscient, ne peut être ignorée, le monisme phallique découvert par Freud et dialectisé par Lacan constitue la pierre d'achoppement entre psychanalyse et féminisme. Reste la question de ce que peut apporter aujourd'hui une pensée psychanalytique de la différence des sexes à une pensée politique des rapports entre hommes et femmes.
Sur la base d'interviews et d'observation dans des collèges et lycées, cet ouvrage montre comment les violences entre élèves sont liées à des modèles de virilité et de refus du féminin, et comment les adultes, tout en luttant contre ces violences quand elles sont transgressives, ont tendance à soutenir le système hiérarchique qui les fonde, sans le savoir et en dépit de leurs intentions. Les violences genrées entre élèves fondent un fonctionnement hiérarchique à deux niveaux. Entre garçons, et dans une moindre mesure entre filles, on observe une hiérarchie instable où le statut de chacun est mis à l'épreuve dans chaque interaction. Entre garçons et filles, il s'agit de l'emprise stable d'un groupe sur l'autre. Ce système se manifeste crûment en milieu populaire et sous une forme plus euphémisée dans un milieu social privilégié. L'observation des adultes met en évidence comment dans les interactions quotidiennes, ce fonctionnement hiérarchique entre élèves est plutôt soutenu que vraiment combattu par l'institution, malgré les intentions explicites et les efforts incontestables de tous et toutes, ou presque.
Prenant part au débat actuel sur le statut de la science, cet essai issu de la pratique d'une enseignante-chercheuse se veut une réflexion accessible sur un sujet ardu : qu'est-ce que la recherche scientifique ? Pour illustrer son raisonnement, l'auteure s'appuie sur des exemples aussi variés que la théorie de la relativité d'Einstein, les études de Freud, la peinture de Pierre Soulages, les recherches en neurologie de Jean-Pierre Changeux ou la littérature policière de Fred Vargas. La scientificité peut être vue comme un critère rigide de démarcation entre la science et des formes de théorisation réputées irrationnelles, comme le mythe, la croyance, l'idéologie. C'est l'objet d'une épistémologie dite normative : comment la science doit fonctionner. La science est aussi une pratique sociale et institutionnelle, et ne peut s'entendre sans référence à ses conditions de production. Ceci relève d'une épistémologie descriptive : comment la science fonctionne. Pourquoi le nier, la créativité personnelle occupe également une place importante dans le travail scientifique, qui peut à la fois être analysé comme une passion d'un point de vue psychanalytique et comme un artisanat, voire un art, , à la lumière de l'histoire et de la sociologie des sciences. A chaque étape de cette réflexion, Patricia Mercader cherche à répondre à deux questions fondamentales : quelle pourrait être la spécificité d'une épistémologie de la psychologie ? Qu'est-ce que la psychologie peut apporter à la connaissance des processus de théorisation et de production de savoir ?