Qu'est-ce que la corruption, sinon un échange plus ou moins clandestin qui permet d'obtenir des avantages que l'application des règles en vigueur n'aurait pas permis d'avoir ? Elle procure des passe-droits grâce aux faveurs accodées par le bénéficiaire de l'avantage. La corruption, en France, opère dans un climat qui lui est fortement favorable. Dans un univers de règles générales et impersonnelles, une grande partie des énergies des citoyens et des médiateurs que sont les élus politiques est consacrée à obtenir de l'Administration des exceptions, des arrangements. Pour éviter que la machine bureaucratique ne se bloque, il faut multiplier dérogations et exceptions. Le pantouflage de hauts fonctionnaires _ qui n'est pas d'hier mais prend de nos jours une ampleur inquiétante _ et le cumul des mandats _ une pratique systématique devenue une "seconde nature" _ n'ouvrent pas seulement la porte aux abus, mais encore constituent une tentation structurelle permanente. Sans que ces habitudes constituent généralement des "affaires" où les individus seraient moralement coupables, elles créent en tout cas la conviction que toute règle est négociable et traduisent l'ignorance du conflit d'intérêt. Un autre facteur est également propice à l'indulgence, voire à la complaisance dont bénéfice la corruption : le cynisme avec lequel les Français considèrent le pouvoir, qu'il soit politique ou administratif. Au discours des élites, pour qui la corruption est marginale _ ou alors se justifie au nom du moindre mal _ s'oppose le sentiment populaire, selon lequel la corruption est si générale que tous les détenteurs de pouvoir sont plus ou moins compromis. Pourtant, cette opinion pessimiste ne débouche pas sur une mobilisation, mais plutôt sur une attitude passive et désabusée. Les Français sont en quelque sorte mithridatisés par des pratiques dans lesquelles le passe-droit politique ou amical prépare la voie à la corruption pure et simple... Toutefois, l'ampleur prise à tous les niveaux de l'Etat par la corruption rampante suscite aujourd'hui une réaction de rejet dangereuse pour la classe politique, et périlleuse pour la démocratie elle-même. Plus que d'une réforme de l'Etat, la France a besoin de changer ses moeurs politiques. Yves Mény est professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Paris.
Nombre de pages
352
Date de parution
11/05/1992
Poids
493g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782213029320
Titre
La corruption de la République
Auteur
Mény Yves
Editeur
FAYARD
Largeur
153
Poids
493
Date de parution
19920511
Nombre de pages
352,00 €
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La démocratie est un livre ouvert dont toutes les pages ne sont pas écrites. Les démocraties se sont inventées, modifiées, adaptées et on est loin d'avoir épuisé les ressources de l'imagination et de l'expérimentation. S'il y a une révolution à faire, c'est bien là." Imparfaite par essence, la démocratie suscite critiques et désillusions. Cet état de crise, de remise en cause, permanente est son talon d'Achille, et aussi sa grandeur. Aujourd'hui, rien ne semble pouvoir endiguer la vague populiste qui déferle sur le monde. Partout, l'idéal de liberté, d'égalité et de fraternité recule, tandis que les peuples cèdent à la tentation de l'homme fort. Sommes-nous pour autant à la veille d'un effondrement démocratique ? Au regard des changements économiques et politiques en cours dans des pays comme l'Italie, les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France, l'auteur fait plutôt le pari que les démocraties sauront se réinventer. Comme elles ont toujours su le faire depuis deux siècles, en incorporant des éléments exogènes tels que l'Etat de droit, le libéralisme politique ou l'Etat providence.
Il n'est guère de thème de la politique moderne qui n'ait été discuté, vécu et affronté par le premier système démocratique inventé dans une cité de taille modeste aux 4e et 5e siècles avant notre ère. Trois mille ans après l'émergence de cette prodigieuse utopie, la grammaire du "bon gouvernement" est celle qu'ont utilisée Solon ou Clisthène, Périclès, Platon, Aristote ou Plutarque. Les Grecs ont créé et imaginé les concepts pour lesquels nous combattons et ferraillons encore aujourd'hui : participation, délibération, égalité devant la loi, assemblée, démocratie directe, contrôle démocratique, citoyenneté, autochtonie, etc. L'héritage grec est plus moderne que jamais à un moment où les formes contemporaines de la démocratie sont en crise et alors que des mouvements radicaux américains réclament la suppression des études classiques accusées d'être un instrument de l'esclavagisme et des théories de la suprématie blanche. Les mythes, la philosophie, les institutions grecques peuvent encore nous apprendre beaucoup, même sur Donald Trump, les Gilets jaunes ou le "déficit démocratique" de l'Union européenne.
La vie, la mort, le sexe : ces trois thèmes n'ont cessé de hanter l'homme, cet étrange animal pensant. Peu de civilisations anciennes cependant ont développé, comme l'ont fait les Grecs 500 ans avant notre ère, des réflexions et des pratiques sociales aussi voisines des nôtres encore aujourd'hui. Ils ont été plus loin que quiconque dans l'élaboration d'une pensée qui s'interroge sur la place et le rôle de l'homme au sein de l'univers. Certes, les dieux sont omniprésents. Mais ce sont des humains divinisés qui ne différent guère des mortels que par leur privilège de l'immortalité. Les Grecs ont anticipé comme personne nos questionnements, nos angoisses, nos passions, nos interrogations, nos rapports avec la vie, la nature, le temps, l'amour, la mort. Nous divergeons parfois, nous convergeons souvent, mais le plus fascinant est le dialogue qui ne cesse de s'établir avec eux depuis 2500 ans.
L'ingénierie politique a connu un succès foudroyant après les Révolutions américaine et française, et a évolué de pair avec le développement du constitutionnalisme. Pour la première fois, des "modèles" se substituaient aux utopies et étaient proposés à la réflexion, à la critique et à l'action des gouvernés et des gouvernants. Cet engouement, déjà amorcé au XVIIIème siècle avec la célébration - quelque peu mythifiée - de la constitution anglaise, ne cessera de s'amplifier au XlXème siècle. En effet, de nouvelles nations émergent et le mimétisme institutionnel gagne du terrain, notamment dans le champ administratif. Au XXème siècle enfin, la technologie de l'import-export institutionnel, de l'imitation plus ou moins servile de référents idéal-typiques, devient quasi-caricaturale avec l'effondrement des empires (austro-hongrois, ottoman) d'abord, l'émergence de superpuissances ensuite, la décolonisation enfin. Ces greffes, plus ou moins artificielles dans des systèmes étrangers, suscitent parfois des réactions de rejet dont témoignent de nombreuses faillites dans les pays du tiers-monde. Mais les cas de réussite ne manquent pas, pour peu qu'une habile politique d'adaptation et d'ajustement ait été conçue par les promoteurs de ces réformes. C'est à une réflexion sur ces technologies, sur les stratégies qui les ont portées, sur les élites qui les ont promues, qu'invitent les contributions de ce volume dans une double dimension temporelle - du XVIIIème à nos jours - et spatiale, de l'Amérique du nord et du sud à l'Est européen, des pays colonisateurs aux pays colonisés.
Ces mots résonnent encore en moi comme une provocation, une pique adressée à mon orgueil. Sûrement était-ce son objectif. Il savait que je ne pourrais rester indifférente au défi qu'il me lançait. Comme tous les hommes politiques d'expérience, il avait le don d'aller chercher dans les tripes de ses interlocuteurs ce qui pouvait les galvaniser. Il en appelait chez moi à un sentiment qui n'a jamais cessé de m'animer : la conviction d'avoir un devoir envers mon pays et mes compatriotes. Il est souvent difficile de se sentir à la hauteur d'un héritage quand celui-ci n'est pas seulement civilisationnel mais aussi familial". .
Et si, pour rester en bonne santé, vous n'aviez plus besoin de vous ruiner ? Le docteur Frédéric Saldmann vous révèle que tous les gestes qui protègent réellement votre coeur, votre cerveau, votre corps et votre moral sont les plus simples, les plus naturels et les moins chers. Ici, pas de recettes compliquées ni de contraintes impossibles à tenir. Le bon sens s'applique au quotidien, pour mieux manger, mieux bouger, mieux penser... et retrouver une énergie que vous ne soupçonniez pas. Ce livre propose une façon nouvelle de considérer la nutrition, l'hygiène de vie et l'activité physique : plus libre, plus intuitive, plus respectueuse de votre rythme. Une approche sans dépenses inutiles, accessible à tous, qui mobilise autant le corps que l'esprit. Des petits changements qui deviennent de véritables leviers pour réveiller une vitalité profonde, reprendre confiance en vos capacités et vous donner envie d'agir dès maintenant. Une santé plus efficace, à petit prix. 100% nouveau. Et si prendre soin de votre santé ne coûtait finalement presque rien ?
Après l'immense succès de son premier ouvrage, écoulé à plus de 230 000 exemplaires, Jordan Bardella revient avec un nouveau livre choc : Ce que veulent les Français, véritable journal intime d'une France travailleuse, humble et silencieuse. Pendant près d'un an, il a arpenté les routes, traversé les villes et les villages, tendant l'oreille aux Français de toutes conditions. Il a recueilli leurs doléances, leurs colères profondes, mais aussi les rêves, les attentes, et cette espérance si française qui continue de vivre inlassablement malgré les épreuves. Ce livre n'est pas seulement un recueil de confidences : il est le miroir d'un peuple oublié, la parole authentique d'une France que les élites méprisent et refusent d'écouter. Les responsables politiques qui le liront ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas.