Ce premier volume des Poésies complètes d'Herman Melville regroupe toute l'oeuvre poétique de l'auteur de Moby Dick, à l'exception de Clarel qui, en raison de sa singularité et de sa dimension (l'un des plus longs poèmes de langue anglaise, plus long que Le Paradis perdu de Milton ou le Don Juan de Byron), fera l'objet d'une publication à part, dans un second tome. Figurent ici le recueil publié par Melville chez Harper Bros. , Tableaux et aspects de la guerre (1866), ainsi que les deux plaquettes qu'il a éditées à compte d'auteur à vingt-cinq exemplaires chacune, John Marr et autres marins (1888) et Timoleon (1891). A ces trois recueils achevés et parus du vivant de l'auteur s'ajoutent trois ensembles : Herbes folles et sauvageons... , avec Une rose ou deux, le manuscrit que Melville avait laissé à sa mort, l'ensemble étant largement inédit en français ; Parthenope, constitué de deux longs poèmes attribués à deux personnages imaginaires ; et une quarantaine de poèmes épars. Très diverse dans la forme comme dans les thématiques, la poésie de Melville constitue, en quelque sorte, le troisième "acte" de son oeuvre, après la période des romans (1846-1857), et celles des nouvelles (1853-1856). On retrouve, en particulier dans Tableaux et aspects de la guerre qui est sans doute avec les Drum-Taps de Walt Whitman, le plus beau et poignant recueil poétique consacré à la guerre de Sécession, le souffle melvillien, qui ne s'apaise peut-être que dans les poèmes d'amour de la toute fin, ceux de Herbes folles et sauvageons... , dédiés à son épouse. Chacun de ces recueils ou ensembles tourne autour d'une même thématique, ce qui donne à chacun une tonalité différente, une force et une inspiration sans cesse renouvelée, surprenant souvent le lecteur par son audace et son originalité. Si Timoléon (seul recueil intégralement traduit en français à ce jour) est inspiré des lieux visités lors du séjour de Melville en Europe et au Proche-Orient, John Marr est comme l'adieu à la mer de celui qui fut sans doute l'un de ses plus grands chantres. Melville est un écrivain du souffle, son écriture est celle du long cours. La forme poétique l'obligeant à endiguer la force prodigieuse de son inspiration, elle en fait d'autant mieux ressortir la sensibilité. Pour le lecteur francophone, la poésie de Melville pourrait bien être son chef-d'oeuvre inconnu.
Nombre de pages
588
Date de parution
18/11/2022
Poids
1 110g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782877042536
Titre
Poésies
Auteur
Melville Herman ; Gillybœuf Thierry
Editeur
UNES
Largeur
167
Poids
1110
Date de parution
20221118
Nombre de pages
588,00 €
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Récit du voyage du Highlander, de New York à Liverpool, et retour, Redburn est peut-être le plus autobiographique des romans de Melville. Il y raconte son premier voyage, en 1837. Déjà déçu par la vie, il embarque sur le cargo commandé par le capitaine Riga, citoyen américain d'origine russe, pour voir le monde et aussi à la recherche du souvenir de son père, voyageur prestigieux qui avait visité l'Angleterre. Redburn, le matelot déclassé, vêtu d'une veste de chasse qui le ridiculise, tourmenté par ses camarades de misère, c'est le jeune Melville lui-même. Et les hallucinantes aventures, au coeur des quartiers les plus misérables de Liverpool, sont sans doute vraies. Quant au jeune Anglais Harry Bolton, aux yeux de fille, il a probablement eu un modèle. Il est le premier de ces beaux marins que Melville a près de lui, dans tous ses voyages.
Nouvelle édition en un volume en 19964e de couverture : "Considérez le cannibalisme universel de la mer, dont toutes les créatures s'entre-dévorent, se faisant une guerre éternelle depuis que le monde a commencé.Considérez tout ceci, puis tournez vos regards vers cette verte, douce et très solide terre ; ne trouvez-vous pas une étrange analogie avec quelque chose de vous-même ? Car, de même que cet océan effrayant entoure la terre verdoyante, ainsi dans l'âme de l'homme se trouve une Tahiti pleine de paix et de joie, mais cernée de toutes parts par toutes les horreurs à demi connues de la vie. Ne poussez pas au large de cette île, vous n'y pourriez jamais retourner."Notes Biographiques : Herman Melville est né en 1819 à New York dans une famille d'origine anglaise et hollandaise. À 19 ans, laissant son métier d'instituteur, il fit comme matelot la traversée de l'Océan jusqu'à Liverpool, puis s'embarqua sur une baleinière des mers du Sud. Il ne perdit jamais contact avec les marins. Les voyages divers fourniront à Melville la partie essentielle de son oeuvre autobiographique, Typee, Omoo, Redburn, Mardi, La Vareuse blanche. En 1850, réfugié dans sa ferme solitaire, il écrit Moby Dick qui lui apportera la gloire posthume après la Première Guerre mondiale. Quelque temps avant de mourir il complète le manuscrit de Billy Budd, gabier de misaine qui sera publié en 1924. Il meurt à New York en 1891. Jean Giono est né le 30 mars 1895 à Manosque en Haute-Provence. Son père, italien d'origine, était cordonnier, sa mère, repasseuse. Après des études secondaires au collège de sa ville natale, il devient employé de banque jusqu'à la guerre de 1914, qu'il traverse comme simple soldat. En 1919, il retourne à la banque. En 1920, il épouse une amie d'enfance, Élise. Ils auront deux filles, Aline et Sylvie. Lorsqu'en 1930 la banque qui l'emploie ferme sa succursale de Manosque et lui offre une situation ailleurs, il choisit de rester dans sa ville, et de quitter tout à fait la banque pour la littérature. Il fut aussi historien et scénariste. Dans l'oeuvre de Giono, la nature tient une grande place. Il a toujours aimé les arbres. Quand il était petit, il allait se promener en compagnie de son père. Tous deux emportaient dans leurs poches des glands qu'ils plantaient dans la terre à l'aide de leur canne, en espérant qu'ils deviendraient de superbes chênes.Jean Giono est mort le 9 octobre 1970.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Pessoa Fernando ; Deluy Henri ; Hourcade Rémy ; Ho
Dans la mythique malle de Pessoa retrouvée après sa mort, parmi les milliers de manuscrits, une enveloppe, sur laquelle il est simplement écrit « Quatrains ». À l'intérieur de l'enveloppe, 325 poèmes. Les premiers datent de 1907 et 1908, et sont les tout premiers que Pessoa, âgé de 20 ans, écrit en portugais. Avant cela, il n'avait publié que quelques poèmes en anglais. Un acte de naissance donc, dans sa langue maternelle, pour celui qui a passé une grande partie de son enfance en Afrique-du-Sud, et qui dira plus tard que sa « patrie est la langue portugaise ». Mais la grande majorité des quatrains sont rédigés entre juillet 1934 et août 1935, soit à la toute fin de sa vie, Pessoa disparaissant en novembre 1935 à l'âge de 47 ans. Quatrains donc, tout simplement, et non pas « au goût populaire », sous-titre ajouté artificiellement par les éditeurs de la première édition portugaise, Georg Rudolf Lind et Jacinto do Pradho Coelho, et repris depuis. Précision inutile, dans le quatrain est constitutif de la culture portugaise. Pessoa le dit lui-même en 1914 : « qui fait des quatrains portugais communique avec l'âme du peuple ». Le mètre court, la rime, autant que le sujet, volontiers courtois, ancrent le quatrain dans la tradition de la « romance » et de la poésie des troubadours, « orale ou écrite, savante ou naïve », comme le souligne Henri Deluy dans sa préface. Pessoa s'inscrit donc ici dans une histoire ancienne, où s'épanouit toute la variété de son écriture. Dans ces poèmes où il apparaît et disparaît tour à tour, Pessoa joue avec une virtuosité absolue de la « gravité dans la légèreté » selon Deluy, brodant et répétant à l'infini les thèmes traditionnels de l'amour éconduit, des ?illets accrochés à la poitrine, des pots de basilic aux fenêtres, des peignes oubliés, des signes de la main restés sans réponse, des baisers refusés. Tout est vrai et tout est faux, la simplicité est complexe, la naïveté surjouée, la complainte se pare de mauvaise foi, on retrouve le goût de l'illusion cher à l'auteur aux multiples hétéronymes, qui sans cesse s'efface derrière son ?uvre, allant jusqu'à rejeter ici l'intime pour se fondre dans le grand mouvement collectif de l'identité portugaise. Poèmes d'amour, ces Quatrains sont avant tout un espace de jeu, où la beauté formelle, la mélodie, permettent seules de capturer la volatilité du sens, rejoignant là l?« Éventail » de Mallarmé. C'est comme danser autour de rien, « rien » qui est chez Pessoa, nous le rappelle Henri Deluy, « source et fin de toute chose ».
Comment se comprendre ? C'est la question que pose Hester Knibbe livre après livre. Par les mots, par les gestes, par le temps. Par l'observation des silhouettes dans la foule humaine, chaque être dans son destin, ses mouvements, sa douleur. Par intimité corporelle, par intimité du foyer. Par l'histoire, les coutumes et les pierres. En une suite de séquences qui sont autant d'approches d'une humanité infirme, Considérant la maison tente de frayer un chemin à travers le « multiple inintelligible » qui nous entoure, fait de ruines, de multitude, de symboles des plus anciens aux plus immédiats. Sourds et aveugles, chacun dans sa poussière ou son fardeau, nous cherchons « comment faire langue », inventons des jargons, nous approchons à tâtons, créons des espaces de proximité pour se comprendre, se déchiffrer, s'appréhender. Knibbe observe nos intimités de son regard qui se tient comme toujours dans son ?uvre sur une ligne de tension entre violence et douceur, entre tendresse et dureté. Ses poèmes portent une densité archaïque, tout ici est toujours très ancien, hérité des gestes des bergers, des artisans, des pêcheurs et des moines. La profondeur du passé transparaît dans les gestes les plus simples, dont la simplicité n'est pas altérée par le temps, alors que nous sommes soumis à la brutalité et à la soudaineté des départs, des disparitions, que la permanence du temps même ne peut empêcher. Au milieu de l'abandon et du silence, du danger et de la peur, la maison du titre apparaît comme un refuge précaire contre la cacophonie d'un monde qui compte « trop peu de bonheur pour chacun », où l'amour apparaît dans toute sa porosité, et sa corporéité, tant le rapport à l'autre est matière corporelle, entre contamination et sécrétion. Dans toute cette pesanteur du temps et des corps, la légèreté vient du rêve, et de cette drôle de distance entre l'âme et la chair, et si le rêve ne résout rien de l'énigme de vivre, il contribue à nouer « une alliance entre ce qui est et ce qui n'est pas écrit ». « Mon amour nous sommes sans réponse », dit Hester Knibbe, et c'est vrai. Mais dans cette succession infinie d'humains et d'animaux, de pierres et d'histoires, de vivants et de morts, l'amour est peut-être une réponse, l'amour est peut-être une maison.