Diane de Poitiers, qui n'a pas eu une vie exemplaire, a paradoxalement réussi à en faire un modèle pour le XVIe siècle. Modèle de passion amoureuse, puisque le jeune roi Henri II, de vingt ans son cadet, l'idolâtre. Modèle d'élégance et de beauté : grâce aux exercices, à l'eau pure et au grand air, elle demeure belle et séduit jusqu'à soixante ans passés. Modèle de goût : la reconstruction de son château d'Anet " lance " en France l'architecture classique. Modèle de bienséance enfin : son statut de maîtresse royale ne l'empêche pas de donner des leçons de décence et de chasteté ! Diane reçoit avec faste les grands de la Cour. Elle possède une magnifique bibliothèque de manuscrits et de reliures à ses armes. Elle s'intéresse à la médecine, à la poésie et elle passe des commandes aux artistes les plus renommés, qui lui rendent ses bienfaits en travaillant à parfaire son mythe. Mais toute médaille a son revers. On reprochera à la belle duchesse des abus de pouvoir et un enrichissement un peu trop rapide, par des procédés qui ne lui font pas honneur. Diane est une femme qui a marqué son temps, grâce à ses qualités et malgré ses défauts.