Plus révélateur encore de la vérité du système stalinien que le culte de la personnalité ou le mécanisme des procès, c'est l'épisode majeur de la "science froide", l'affaire Lyssenko, que nous révèle un grand généticien soviétique, Jaurès Medvedev, dont le manuscrit clandestin, initialement publié par un collègue américain de Columbia University, est ici présenté par Jacques Monod, prix Nobel de Médecine. Episode jusqu'alors mal connu, et qui ne le cède pas aux autres en péripéties : "Distorsions des faits, dit Medvedev qui vécut le phénomène en témoin et en victime, démagogie, intimidation, limogeages, recours aux autorités, poudre aux yeux, mauvais renseignements, charlatanisme, répression, obscurantisme, calomnies, accusations fabriquées de toutes pièces, insultes et élimination physique des adversaires", voilà les procédés employés par Lyssenko et ses partisans pour asseoir leur règne sur la génétique et l'agronomie soviétiques de 1937, date d'entrée de Lyssenko au Soviet suprême, jusqu'en 1966, date où il perd définitivement son influence et son crédit : treize ans donc après la mort de Staline ! Arrêté le 29 mai 1970 et interné dans un hôpital psychiatrique, Jaurès Medvedev a été libéré le 18 juin grâce à la réaction solidaire du corps des savants soviétiques.
Nombre de pages
320
Date de parution
17/03/1971
Poids
430g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782070277766
Titre
Grandeur et chute de Lysse
Auteur
Medvedev J
Editeur
GALLIMARD
Largeur
150
Poids
430
Date de parution
19710317
Nombre de pages
320,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La Russie de ce début du XXIe siècle mène quatre combats. Le premier est territorial. En Ukraine, en Géorgie, en Syrie, dans l'Arctique, le néo-impérialisme russe y projette sa puissance militaire et son savoir-faire diplomatique. Le deuxième est symbolique. La forteresse du Kremlin, les missiles nucléaires, les défi lés militaires et un patriotisme kitsch incarnent la création de cette nouvelle identité. Le troisième est " biopolitique ". Il cible la sphère privée des citoyens. L'orientation sexuelle, le rapport à la religion et à l'éducation, les contacts avec l'étranger, deviennent des enjeux publics. Le quatrième est mémoriel. Il réhabilite Staline et refuse les traumatismes du passé. L'Histoire devient le réceptacle des rêves d'une grandeur révolue. A l'apogée du règne de Vladimir Poutine, Sergueï Medvedev nous livre une analyse lucide de la situation de la Russie et du futur qu'elle nous réserve.
Tadjikistan, années 1990. Au lendemain de l'effondrement de l'URSS, la guerre civile plonge le pays dans le chaos. Un 'ancien cadre du Parti communiste, Zouhourcho, retourne dans les montagnes du Pamir pour y imposer sa loi et convertir les habitants à la culture du pavot. Il porte autour du cou un gigantesque python évoquant le roi Zahhâk du Livre des Rois, dont les épaules étaient prolongées par deux serpents diaboliques se nourrissant de cerveaux humains. Sept narrateurs prennent tour à tour la parole. Tous vont devoir remettre en question leur univers dans cette période de bouleversements : Andreï et Zarina, jumeaux âgés de seize ans, de père tadjik et de mère russe, contraints de s'adapter à la vie dans un village de montagne ; leur oncle Djoroub, empreint des traditions des hauts plateaux ; le jeune Karim, naïf et rêveur ; Oleg, journaliste russe qui replace le récit dans son contexte historique ; Davron, ancien officier soviétique ; et enfin le cheikh Vahhob, ermite soufi issu du monde séculier. Vladimir Medvedev nous fait découvrir le monde très mal connu du Pamir tadjik ; avec un souffle épique, il tisse une généalogie du despotisme, tout en tenant le lecteur en haleine face au destin des différents personnages.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.