En interrogeant des artistes actuels très différents d'origine, de nationalités, d'expressions plastiques, une multitude de réponses, à la hauteur de la forte personnalité véhiculée par George Sand, ont été apportées à la question: "Que vous inspire George Sand?" Trois types de réponses sont apparus: Des artistes ont cherché à donner un visage nouveau à cette égérie en s'inspirant de portraits déjà réalisés par (les peintres (Charpentier, Delacroix...), des photographes (Nadar, Verdot...) ou en ont créés (le totalement novateurs. Des artistes ont illustré les romans ou des citations issues de sa prolifique et variée ?uvre littéraire. Des artistes ont opté pour une utilisation des modes d'expression et des supports résolument contemporains (vidéo, installations...) pratiquant une analyse de l'ouvre et de la vie de George Sand, transposant ses engagements en les resituant dans le contexte des événements de notre société. George Sand n'a-t-elle pas écrit à propos de ses textes: "mon âme, j'en suis certaine a servi de miroir à la plupart de ceux qui y ont jeté les yeux". Michèle Naturel
La Biennale de Châteauroux existe depuis 25 ans. Cette manifestation a acquis au cours des années reconnaissance et légitimité dans le domaine céramique, en confrontant les créations de céramistes indépendants français avec celles d'artistes invités provenant d'autres pays. Aujourd'hui, la biennale s'ouvre à d'autres supports artistiques hors objets ou sculptures, avec des présentations de vidéos, de photographies et d'installations multimédia, dès l'instant que ces expressions conservent l'énergie créatrice liée au matériau-terre. Elle s'attache à montrer que l'expression céramique est d'une modernité insoupçonnée, particulièrement adaptée aux enjeux et aux questionnements des artistes d'aujourd'hui, que ceux-ci privilégient ou non ce moyen d'expression. Sont ainsi soulignés les ponts jetés entre la pratique artisanale indépendante, la production industrielle en design, et les propositions plus expérimentales de ceux qui font une incursion ponctuelle dans le savoir-faire céramique. Les invités de cette édition 2005 viennent de plusieurs pays d'Europe : France, Suisse, Belgique, Italie, Espagne, Pays-Bas. Depuis toujours, la manifestation s'attache à faire découvrir des jeunes talents qui tiennent déjà les promesses d'un grand avenir.
Un méchant boucher a odieusement tué, puis découpé et mis au saloir trois petits enfants. Sept ans plus tard, le bon saint Nicolas, passant par là, les ressuscite. Cette légende est bien connue. On en a même fait une chanson : Il était trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs... Mais d'où vient cette légende ? Comment et où est-elle née ? Dans quel contexte ? De quand date la fameuse chanson qui la raconte ? Est-elle le produit de la tradition orale ? Est-elle d'origine lorraine ? Peut-on en retrouver des archétypes anciens ? En existe-t-il des versions différentes ? Pour tenter de répondre à ces questions, l'auteur a procédé à la recherche et au dépouillement systématique d'un très grand nombre de documents de toutes époques. Ce travail est donc une enquête minutieuse sur la genèse et la transformation de la légende des trois ressuscités, et sa lecture sera l'occasion d'un fabuleux voyage dans le monde des arts plastiques, de la musique, de la littérature, de la poésie, des traditions populaires, des mentalités et des sensibilités, bref, à travers mille ans de culture, tout en passant par la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, l'Islande, les îles Féroé, l'Autriche, la Hongrie, la Russie et le Canada.
Fondamentalisme : le mot désignait à l'origine un courant du protestantisme américain. Aujourd'hui, l'étiquette est appliquée à des courants dans différentes religions. Dans un sens polémique autant que descriptif. Ce livre ne se borne pas à esquisser un panorama des fondamentalismes. Il s'engage dans une réflexion critique sur le concept et propose des distinctions entre phénomènes analogues, mais pas identiques. Plutôt qu'un jugement de valeur, une analyse concise et sans parti-pris de dynamiques religieuses à l'?uvre dans le monde contemporain. Cette introduction à l'étude des fondamentalismes vient à son heure.
Les poèmes publiés dans ce premier livre en français de la poète et artiste Lillian-Yvonne Bertram sont tirés de Negative Money (Soft Skull Press, 2023), son sixième recueil. Finaliste du New England Book Award, Negative Money pose la question douloureuse d'une vie " à découvert " au sein d'un capitalisme effréné de consommation : que signifie vivre " en négatif ", exister dans la dette, la précarité et le manque, malgré un emploi, malgré tout le travail fourni ? Le titre devient une métaphore de la condition contemporaine : un état de déficit permanent, économique mais aussi intime et social. Bertram écrit à la jonction de l'expérience personnelle et des structures oppressives : l'endettement, le genre, la race, l'amour. Ces poèmes exposent avec lucidité les violences systémiques du capitalisme tout en sondant la fragilité du lien humain. La richesse du livre tient à sa diversité formelle : abécédaire, sonnets, poèmes visuels et expérimentations graphiques composent une mosaïque d'écritures. Cette pluralité sert une poésie conceptuelle et lyrique, cérébrale et sensible, rude et tendre à la fois , l'écriture se déploie dans un langage incisif, parfois ironique, toujours tendu. Si la lucidité peut sembler parfois brutale, elle n'aboutit jamais pour autant au cynisme. Bertram propose au contraire une poésie qui ouvre, dans la conscience du manque, la possibilité d'une résistance et d'un espoir. Argent négatif se veut ainsi à la fois confession intime et critique sociale, invitation à repenser la valeur de nos vies, de nos relations et de nos désirs au-delà des logiques financières. C'est comme si la poésie de Lillian-Yvonne Bertram dressait le portrait d'une Amérique chère : un pays si onéreux qu'il en devient hostile , un pays pourtant que l'on ne peut se résoudre à priver de toute affection.