La première fois que j'ai entendu parler du Népal, je devais avoir 5 ou 6 ans. Je me souviens que, les yeux plongés sur la 2e de couverture d'un vieux dico Larousse qui recensait tous les drapeaux du monde, je me demandais quel pouvait être ce pays qui avait choisi un étendard à la forme si singulière : deux triangles pour représenter des montagnes... Je n'en savais pas grand-chose, certainement pas que sa capitale Katmandou avait attiré des générations de hippies, que cette vallée mythique était le paradis des voyageurs, et que ses montagnes légendaires rendaient fous des alpinistes. J'allais plus tard en apprendre davantage. Dans les livres, on évoquait des noms magiques et magnifiques : Dhaulagiri, Annapurnas, Manaslu, Kangchenjunga, etc. On racontait aussi que le petit village de Kagbeni, niché au fond de la vallée de la Kali Gandaki, marquait la limite avec le royaume interdit du Mustang. Et puis il se disait que la Karakoram Highway, au Pakistan, était la plus belle route du monde. Chaque sommet, chaque vallée, chaque rivière semblaient gâtés par la toponymie et leur évocation était la promesse d'un beau voyage. Mais comme le disait Alexandra David-Néel, " lire, lire, lire... tout ça ne vaut rien. Il faut aller voir ". Est-ce la sagesse de l'auteur de Voyage d'une parisienne à Lhassa qui a accompagné ces Conquérants de l'inutile ? Gravir ces géants n'avait jamais effleuré l'esprit des habitants de l'Himalaya et du Karakoram, les deux massifs qui regroupent les quatorze sommets à plus de 8?000 mètres d'altitude. Pour avoir le privilège d'être les premiers à planter un drapeau sur des montagnes vierges et sacrées, les alpinistes européens ont raconté aux Népalais qu'ils voulaient honorer leurs dieux. Pour quelle autre raison Tensing et Hillary auraient-ils été accueillis comme des héros à leur retour à Katmandou en 1953 ? 65 ans plus tard, le nombre d'expéditions et la pollution engendrée posent des questions sur les motivations de ces quelques amoureux de la montagne. Le National Geographic rapporte que 234 personnes ont atteint le sommet de l'Everest un jour de mai 2012... Combien savaient que la montagne mythique s'appelait Chomolungma en tibétain (déesse mère des vents) avant qu'on la baptise du nom de George Everest, le colonel britannique qui en mesura pour la première fois la hauteur ? Avaient-ils accroché à la sangle de leur sac à dos un chattar multicolore qui promettait de disperser au vent les prières ? Le 25 avril 2015, de nombreux alpinistes ont été piégés par le séisme au camp de base de l'Everest. Des hélicoptères ont effectué des rotations pour secourir les malheureux. Ces images ont dérangé alors que dans le même temps les secours tardaient à atteindre les villages les plus reculés des vallées. Mais pour refermer les plaies à vif qui ont déchiré le toit du monde, il faudra aussi que des voyageurs empruntent à nouveau les sentiers du Langtang ou de l'Helambu " William Mauxion.
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Nombre de pages
146
Date de parution
15/06/2015
Poids
435g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782919497201
Titre
Bouts du monde N° 23, Juillet-août-septembre 2015
Auteur
Mauxion William
Editeur
BOUTS MONDE
Largeur
170
Poids
435
Date de parution
20150615
Nombre de pages
146,00 €
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Depuis plus de quinze ans, la revue Bouts du monde publie chaque trimestre des récits, des croquis et des photos de voyageurs qui ignoraient qu'ils avaient des trésors : des dessins de voyage griffonnés sur un carnet Moleskine, des anecdotes consignées sur les pages d'un carnet de voyage, des photos de voyage par centaines oubliées dans des ordinateurs...
Bouts du monde publie les récits, photos et croquis de voyageurs qui offrent un regard neuf et singulier sur le monde, tantôt amusés, tantôt surpris, parfois philosophes et irrévérencieux. Le prochain numéro de Bouts du monde nous mènera notamment sur les routes de Corée du Nord, du Tibet, de Thaïlande, d'Inde, d'Iran, de Turquie, d'Argentine, d'Erythrée ou du Burkina Faso. A découvrir aussi, le mystérieux carnet de voyage de Soeur Marie-Simone, partie dans les Iles Salomon dans les années 1920.
Qu'allions nous donc faire de ces trente pages de carnet de voyage sur le Japon alors que la fin du monde s'y préparait ? Nous avions rencontré Karen pendant l'automne, à l'heure où les sakuras de Tokyo perdaient leurs feuilles. Sa balade dans la mythologie japonaise ne ressemblait pas vraiment à une promenade de santé mais était réjouissante à bien des égards. Quant à l'oeil sensible de Julie, nous l'avions découvert loin de là-bas, dans les rues d'Amsterdam où elle n'avait pas mis longtemps à nous convaincre du supplément d'âme des photos polaroïds. C'est comme ça, tout simplement, que nous est venue l'idée de croiser ces regards singuliers sur le Japon, fantasme de voyageurs en quête de dépaysement extrême. Et puis au fur et à mesure que l'on découvrait l'ampleur de la catastrophe, une question, en creux, a surgi : pouvions nous continuer à évoquer les cerisiers en fleurs comme si de rien n'était ? Apparemment, notre désir de confier aux voyageurs la mission de prendre le pouls de la planète en prenait un coup dans l'aile, confronté à une dramatique actualité à juste titre avide de faits, de chiffres, d'analyses. Que restait-il des histoires de Karen et Julie au milieu d'un tel chaos ? Des anecdotes, du superflu et un peu de poésie qui ne rime pas avec Fukushima. Mais aussi des chemins de traverse qu'il ne faut pas reléguer au second plan trop longtemps parce que l'état inquiétant du monde nous le dicterait " William Mauxion.
Depuis plus de quinze ans, la revue Bouts du monde publie chaque trimestre des récits, des croquis et des photos de voyageurs qui ignoraient qu'ils avaient des trésors : des dessins de voyage griffonnés sur un carnet Moleskine, des anecdotes consignées sur les pages d'un carnet de voyage, des photos de voyage par centaines oubliées dans des ordinateurs...
Bouts du monde publie les récits, photos et croquis de voyageurs qui offrent un regard neuf et singulier sur le monde, tantôt amusés, tantôt surpris, parfois philosophes et irrévérencieux. Le prochain numéro de Bouts du monde nous mènera notamment sur les routes de Corée du Nord, du Tibet, de Thaïlande, d'Inde, d'Iran, de Turquie, d'Argentine, d'Erythrée ou du Burkina Faso. A découvrir aussi, le mystérieux carnet de voyage de Soeur Marie-Simone, partie dans les Iles Salomon dans les années 1920.
Qu'allions nous donc faire de ces trente pages de carnet de voyage sur le Japon alors que la fin du monde s'y préparait ? Nous avions rencontré Karen pendant l'automne, à l'heure où les sakuras de Tokyo perdaient leurs feuilles. Sa balade dans la mythologie japonaise ne ressemblait pas vraiment à une promenade de santé mais était réjouissante à bien des égards. Quant à l'oeil sensible de Julie, nous l'avions découvert loin de là-bas, dans les rues d'Amsterdam où elle n'avait pas mis longtemps à nous convaincre du supplément d'âme des photos polaroïds. C'est comme ça, tout simplement, que nous est venue l'idée de croiser ces regards singuliers sur le Japon, fantasme de voyageurs en quête de dépaysement extrême. Et puis au fur et à mesure que l'on découvrait l'ampleur de la catastrophe, une question, en creux, a surgi : pouvions nous continuer à évoquer les cerisiers en fleurs comme si de rien n'était ? Apparemment, notre désir de confier aux voyageurs la mission de prendre le pouls de la planète en prenait un coup dans l'aile, confronté à une dramatique actualité à juste titre avide de faits, de chiffres, d'analyses. Que restait-il des histoires de Karen et Julie au milieu d'un tel chaos ? Des anecdotes, du superflu et un peu de poésie qui ne rime pas avec Fukushima. Mais aussi des chemins de traverse qu'il ne faut pas reléguer au second plan trop longtemps parce que l'état inquiétant du monde nous le dicterait " William Mauxion.