L'?uvre de Raymond Carré de Malberg (1861-1935) est justement reconnue, en France, aujourd'hui, comme l'une des contributions majeures à la théorie du droit constitutionnel et à la théorie de l'Etat. Elle n'a cependant pas fait l'objet d'une lecture d'ensemble, la remplaçant tout à la fois dans son contexte et dans la perspective du dessein de son auteur. C'est à cette double tâche que s'attelle le présent ouvrage, qui cherche à restituer, par delà la variété des expressions, la trame des quelques principes simples, des quelques idées fondamentales structurant la pensée malbergienne. Il importait dès lors de relier la pensée de l'auteur au fonds des lectures qui la rendent possibles. La lecture des publicistes allemands, de Laband Jellinek, Gierke ou Jhering, fut déterminante pour la formulation du grand principe qui traverse son ?uvre : la souveraineté nationale. C'est dans la doctrine allemande de l'autolimitation que Carré de Malberg trouve la plus forte expression du processus " d'immanentisation " du droit, dissocié de toute justification transcendante, qui convertit l'institution originaire, ici la souveraineté du monarque mais ailleurs celle du peuple, en compétence dérivée de la Constitution, et rabat ainsi la problématique de la légitimité sur celle de la légalité. C'est aux constituants français de 1789-1791 qu'il en impute cependant la paternité, à travers le principe de la souveraineté nationale. Cette analyse de l'origine et la genèse de la pensée malbergienne permet de mieux comprendre le positivisme de l'auteur, dont l'expression principale consiste à repenser la problématique d'une légitimité, déchue de la sphère des justifications transcendantes, dans l'ordre de la légalité qui l'absorbe. La réduction de la souveraineté nationale à l'ordre de ses productions organiques, l'inflexion du pouvoir constituant par sa fonction en pouvoir constitué par son origine, sont les principales expressions d'une intégration de la légitimité dans l'ordre de la légalité. Cependant Carré de Malberg n'en reste pas là, mais démontre que si l'ordre de la légitimité peut ainsi être rabattu sur celui de la légalité, ce n'est que parce que, d'un autre côté, la légalité est élevée au rang de la légitimité. Telle est bien la signification de la définition de la loi comme expression de la volonté générale, dont le double génitif exprime à la fois un principe de légitimité et un principe de légalité.
Nombre de pages
343
Date de parution
26/06/2003
Poids
530g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9782130536079
Auteur
Maulin Eric
Editeur
PUF
Largeur
175
Date de parution
20030626
Nombre de pages
343,00 €
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La force armée est une constante de l'histoire des collectivités politiques, et son rapport à l'Etat a toujours été au coeur des préoccupations institutionnelles. Cet enjeu se pose avec une acuité particulière pour les Etats qui font le choix d'une forme démocratique de gouvernement. Cette dernière porte en effet des exigences singulières quant à la place de la force armée au sein de l'Etat, et quant à la manière dont l'Etat peut employer cette force armée. L'objectif de cet ouvrage est de brosser le portrait spécifique du contrôle civil de la force armée en démocratie, à travers l'exemple des grandes démocraties contemporaines, en mobilisant dans cet objectif les outils pertinents des sciences sociales
Grewe Constance ; Jouanjan Olivier ; Maulin Eric ;
Résumé : La justice constitutionnelle est devenue, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, un dispositif de régulation des systèmes constitutionnels démocratiques. La France n'a pas échappé à cette évolution. S'emparant de cet objet nouveau, la doctrine juridique en a disséqué les procédures, analysé les pouvoirs et systématisé la jurisprudence. Elle a comparé les systèmes de justice constitutionnelle à travers deux notion même de justice constitutionnelle, souvent confondue avec le seul contrôle de la constitutionnalité de la loi. Qu'est-ce donc qu'exercer la " justice constitutionnelle " ? Appliquer la constitution ? Résoudre certains types de litiges ? Garder l'ordre constitutionnelle ? Et quel doit être le statut scientifique de la notion de justice constitutionnelle " ? Garder l'ordre constitutionnelle ? Est-elle une notion de droit positif, une notion de la doctrine juridique, ou bien du droit comparé, de l'analyse des systèmes politiques ? Autrement dit : à quoi cette notion doit-elle nous servir ?
Dans quelle mesure les vues qui viennent d'être rappelées sur l'Etat, sur le droit et ses règles, sur le système d'enchaînement unifiant de ces règles, trouvent-elles un point d'appui et rencontrent-elles leur confirmation dans les institutions du droit public français et dans les principes d'où ces institutions procèdent ? (...) Pour faire cette vérification, nous examinerons successivement, du point de vue de notre droit positif national, les deux questions suivantes : 1. Dans quelle mesure est-il vrai que les actes étatiques de chaque degré sont l'exécution d'un acte antérieur ? II. Dans quelle mesure est-il possible de dire des actes des divers degrés qu'ils créent chacun une règle ayant le caractère de droit nouveau par rapport au droit créé par des actes supérieurs ?
La place importante de l'islam dans l'Europe d'aujourd'hui vient bouleverser le modèle de tolérance hérité des Lumières, fondé sur la mise à l'écart des vérités religieuses jugées nécessairement irrationnelles. De cette tolérance, al-Andalus apparaît souvent comme le modèle: sous la conduite de penseurs rationalistes, comme Averroès, l'Espagne musulmane médiévale serait parvenu à l'harmonie entre les religions, au prix d'une séparation nette entre les croyants.Au-delà des imprécisions historiques propres aux mythes, cette légende se trompe sur l'essentiel. Car l'Espagne médiévale est d'abord un lieu où l'on discute avec passion de la vérité des doctrines religieuses; si l'on y dialogue, si l'on y traduit, si l'on y polémique, c'est que chacun pense avoir raison et pouvoir en convaincre l'autre.La véritable leçon de l'Andalousie, pour nous, est peut-être là: le véritable respect ne cherche pas à gommer les différences pour parvenir au consensus. Il serait alors urgent de faire revenir les questions religieuses dans le cercle de la raison, dont on les a exclues un peu hâtivement.
Ce manuel est destiné aux étudiants en psychologie de 1re et 2e années. Il est présenté avec une jaquette (cf « Culture biblique ») car il a une audience donc un lectorat plus important que celui des étudiants. Il est illustré d'images du cerveau « en action », en couleurs, jusque-là inédites en France. C'est une synthèse accessible et unique entre la recherche avancée, l'enseignement et la diffusion d'une nouvelle connaissance du fonctionnement cérébral. Les spécialistes du cerveau, de la pensée et de l'intelligence artificielle sont engagés dans une rencontre historique, de celles pouvant être à l'origine d'une véritable rupture épistémologique. Comme souvent dans l'histoire des sciences, le progrès technologique vient bouleverser les habitudes et casser les cloisonnements scientifiques. La conviction des auteurs est qu'à partir et au-delà de cette confrontation une nouvelle discipline est en émergence, qui a le couple cerveau-pensée comme objet d'étude et l'imagerie cérébrale anatomique et fonctionnelle comme méthode expérimentale.
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Résumé : Qu'est-ce qui s'éduque dans L'Education sentimentale ? Ni le sentiment, réduit à la blague du sentimentalisme individuel et collectif, ni le " jeune homme " dont l'histoire ne rejoint pas une Histoire en rupture de sens, ni les héros sans héroïsme d'une Révolution manquée, ni le genre du roman, désormais fondé sur la " négation du romanesque ".