Les autres forment l'homme, je le récite: et en représente un particulier, bien mal formé: et lequel si j'avais à façonner de nouveau, je ferais vraiment bien autre qu'il est: meshui c'est fait. Or les traits de ma peinture, ne se fourvoient point, quoiqu'ils se changent et diversifient. Le monde n'est qu'une branloire pérenne: toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d'Egypte: et du branle public, et du leur. La constance même n'est autre chose qu'un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet: il va trouble et chancelant, d'une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l'instant que je m'amuse à lui. Je ne peins pas l'être, je peins le passage: non un passage d'âge en autre, ou comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l'heure. Je pourrai tantôt changer, non de fortune seulement, mais aussi d'intention: c'est un contrerôle de divers et muables accidents, et d'imaginations irrésolues, et quand il y échoit, contraires: soit que je sois autre moi-même, soit que je saisisse les sujets, par autres circonstances, et considérations." Montaigne, Essais, "Du repentir" Biographie de l'auteur Paul Mathias est professeur de philosophie au Lycée Henri IV (Paris)
Date de parution
13/03/2006
Poids
385g
Largeur
215mm
Plus d'informations
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EAN
9782711618217
Titre
MONTAIGNE L USAGE DU MONDE
ISBN
2711618218
Auteur
MATHIAS
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
385
Date de parution
20060313
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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Avons-nous raison de croire que l'Internet n'est qu'un instrument de communication? Révélant les présupposés d'une telle conviction, théoriquement naïve et pratiquement suspecte, ce livre montre tout le bénéfice que nous tirerions d'appréhender les réseaux comme un monde et leur réalité comme la nôtre. L'Internet a surgi dans notre horizon comme un phénomène total. Complexe et fondamentalement indisponible, il ne constitue pas un espace virtuel de pérégrinations sémantiques mais une extension de plus en plus massive et opaque de notre vie, de ses exigences et désormais de son sens.Ce n'est pas de l'Internet qu'il est question avec l'Internet. C'est de nous, de ce que nous pensons être, et du monde que nous avons la prétention de construire.
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Objet d'un rapt au sortir d'un bar de nuit, le narrateur reprend conscience le lendemain dans un manoir isolé, entre les barreaux d'une cage, entièrement nu. Il sera contraint aux derniers avilissements, soumis à la toute-puissance sadique d'un duo vénéneux de frère et soeur résolu à le réduire en esclavage sexuel. Ce roman confine dans le huis clos de son intrigue des protagonistes pervertis à coeur, un régime autoritaire subi et observé par un homme en déroute identitaire. Sous peine de dissolution dans la folie d'autrui, il devra alors s'absorber dans une intense résistance intérieure afin de préserver l'essence de son intégrité. Son cheminement, dans une réclusion percluse de violences et de sévices, l'amènera à s'interroger sur lui-même, sur son rapport au monde, et lui fera entrevoir les niches secrètes de la liberté la plus intime.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
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