Happé par la lumière du midi et ne voulant plus subir les contraintes d'aucune théorie, Matisse arrive le 16 mai 1905, pour passer l'été, dans le petit port catalan de Collioure. Là, racontera-t-il plus tard, "travaillant devant un paysage exaltant, je ne songeais qu'à faire chanter mes couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdictions". Le jeune Derain le rejoint au début de juillet. Une solide amitié se noue entre les deux hommes, engendrant une collaboration picturale d'une rare fécondité. A la fin de l'été, les deux artistes ont énormément produit. De ces quelques semaines d'intense activité naissent d'éclatants chefs-d'oeuvre dont la violence et l'aspect parfois inachevé vont dérouter le public parisien. C'est le début du fauvisme, qui marquera le XXe siècle. L'exposition "Matisse-Derain: Collioure 1905, un été fauve" rassemble les oeuvres faites à Collioure et parfois terminées à Paris. Les problèmes de la couleur pure sont primordiaux dans la construction du tableau et la libération des artistes face au sujet. Les oeuvres réalisées par Matisse et Derain à Collioure sont réunies et confrontées pour la première fois aux paysages encore intacts aujourd'hui, créant ainsi un événement à la fois plastique et culturel. Un travail de recherche approfondi a été effectué pour l'attribution des oeuvres à Collioure. Par ailleurs, leur confrontation avec les photographies de l'époque démontre l'importance du sujet et du site de Collioure.
Nombre de pages
298
Date de parution
02/07/2005
Poids
2 018g
Largeur
235mm
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EAN
9782070118151
Titre
Matisse-Derain : Collioure 1905, un été fauve. Exposition, Céret, Musée départemental d'art moderne,
Au début du XXe siècle, Céret est une petite ville à l'urbanisation très dense, aux rues étroites, structurées par de hautes maisons bien intégrées dans le paysage. À proximité, le petit port de pêche de Collioure, devenu le haut lieu du Fauvisme en accueillant dès 1905 Matisse et Derain. En 1910, trois artistes font de la ville un foyer de l'avant-garde cubiste: Manuel Martinez Hugué (dit Manolo), Déodat de Séverac et Frank Burty Haviland. Ils seront suivis par bien d'autres, venus de Montmartre et du Bateau-Lavoir: Picasso dès 1911, puis Braque, Juan Gris, Max Jacob, Auguste Herbin, Picabia. A la fin de l'été 1911, Picasso y travaille de concert avec Braque. Juan Gris rejoint Picasso en 1913 et revient en 1921-1922, peignant de magnifiques paysages des collines du col de Boussells et du mont Canigou. Pinchus Krémègne partagera sa vie entre Paris et Céret de son arrivée dans la ville en 1918 jusqu'à sa mort en 1981. Soutine, son condisciple à l'école des beaux-arts de Vilnius, le rejoint de 1919 jusqu'à 1922. Les toiles qu'il réalise à Céret sont marquées par un style violent, expressif et intense. Céret est aussi un lieu d'asile des artistes et des intellectuels parisiens, comme, Jean Cassou, Cocteau, Marc Saint-Saëns, Raoul Dufy et Albert Marquet, qui y trouvent refuge en 1940. C'est ce passage des artistes les plus importants, du début du XXe siècle aux représentants de la création contemporaine, que cet ouvrage se propose de raconter au fil des paysages.
Revue de presse Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition présentée à Céret, musée d'Art moderne, du 12 juin au 19 septembre 2004, et à Roubaix, La Piscine-musée d'art et d'industrie André Diligent, du 9 octobre 2004 au 9 janvier 2005.
Gaudichon Bruno ; Matamoros Joséphine ; Léal Brigi
Picasso grandit en Espagne, dans une société marquée par des traditions populaires inculquées très tôt aux enfants. Il utilise ensuite les référents de cette culture traditionnelle dans la construction de son oeuvre, bien souvent en les détournant. C'est le cas par exemple lorsqu'il peint des ex-voto, destinés à invoquer les saints ou à servir d'exutoire. Picasso s'approprie les codes et les savoir-faire artisanaux en partant des modèles traditionnels qu'il emploie afin de servir ses préoccupations plastiques. Tout au long de son parcours d'artiste, il n'a de cesse de revenir sur les bases acquises pendant sa jeunesse en Espagne et les revisite à travers un grand nombre de thématiques, parmi lesquelles figurent le cirque, la tauromachie ou les instruments de musique, et par le biais de nombreuses techniques : céramique, orfèvrerie, linogravure ou travail du métal par exemple. Cet ouvrage propose une lecture inédite de l'oeuvre de Picasso en l'inscrivant dans une perspective plus large que celle strictement artistique. Des objets-références issus des collections du musée national des Arts et Traditions populaires transférées au Mucem constituent des éléments de comparaison pour les oeuvres de Picasso ayant trait à ces thèmes et techniques propres à l'artisanat et aux traditions populaires. Deux entretiens inédits, avec Claude Picasso et Lionel Prejger, viennent compléter les récits des collaborations de Picasso avec les meilleurs artisans de son époque. Ils révèlent encore le génie de l'artiste, qui a su magnifier l'artisanat pour gommer, dans son oeuvre, la frontière qui le sépare des beaux-arts.
Collioure, été 1905: un petit port catalan, des rues étroites aux maisons serrées, aux toits de tuiles rouges, une vie locale haute en couleurs, rythmée par la cadence régulière des barques de pêche et le balancement des voiles sur la mer. Et autour, la nature, le vert des vignes qui tapisse les flancs des coteaux, les pins, les oliviers et les genêts. Et dans ce décor, deux artistes, venus de Paris, l'un a 36 ans, l'autre 25. Pour y peindre "à son aise", Matisse a loué sur le quai une chambre avec vue sur la mer, André Derain l'a rejoint. Sous cette "lumière blonde qui supprime les ombres", ils vont oser peindre sans la contrainte de la couleur réelle, de la perspective ou du dessin, pour mieux faire chanter les paysages de Collioure... Exaltant les couleurs pures, ils élaborent une nouvelle façon de peindre qui, bientôt, prendra le nom de "fauvisme". Véritable "épreuve du feu" pour les deux peintres,l'été 1905 marque ainsi le début de l'art du XXe siècle.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.