Avant-propos: la description, préalable de l'analyse de film[...] ce n'est pas parce que «description» et «explication» s'interpénètrent qu'on doit oublier le fait qu'une explication part toujours d'une description.Cette affirmation de Michael Baxandall, par laquelle l'auteur évoque deux opérations majeures de l'appréhension et de l'analyse d'oeuvres d'art, constitue l'argument principal du présent ouvrage.La première idée défendue ici est qu'on ne peut exercer correctement, c'est-à-dire efficacement, une pratique que si l'on sait d'où elle s'origine. On veut dire par là à la fois d'où elle vient, de quelle tradition elle découle, mais également où elle va, où elle est allée, en d'autres termes quelles sont ses pratiques marginales. Il ne suffira donc pas de définir en quoi consiste décrire, il faut aussi se frotter à quelques expériences descriptives pour comprendre de quoi il retourne, quels en sont les enjeux et les procédés.C'est la raison pour laquelle, nous ne débuterons pas immédiatement par envisager la description dans le champ du cinéma, mais dans celui des lettres où elle trouve son origine rhétorique et romanesque. Par la voie de l'ekphrasis, nous quitterons le domaine de la littérature pour celui de la peinture, et des oeuvres picturales où nous nous rapprocherons de la praxis analytique qui nous intéresse. Enfin, forts de cette traversée instructive, nous nous consacrerons alors aux films.L'objectif de cet ouvrage est d'affirmer une position de chercheur et d'analyste qu'il nous semble de plus en plus impératif de défendre: un discours ne peut se faire en surplomb d'un film. Il doit s'élaborer à partir de lui, c'est-à-dire en n'oubliant jamais que le film est le fondement même de notre discours, que celui-ci lui est éminemment subordonné.Il est important de préciser que, dans le cadre d'une analyse de film, la description analytique est un outil, un préalable à l'analyse. Nous ne traiterons donc pas frontalement de la description retravaillée, reformulée et accomplie qui viendra s'inscrire dans une stratégie argumentative, ce morceau descriptif qui accompagne et complète l'analyse finale et communiquée. Ici, la description est une ébauche à peine rédigée, toujours ouverte et perfectible, un texte qui tient plus de l'arborescence que de l'hypotypose.Deux raisons enjoignent à décrire pour analyser un film ou une représentation sous la forme d'images filmiques.Premièrement, la description est une opération de contrôle du discours analytique. Pour utiliser les mots de Panofsky, la description sert pour l'analyse de correctif objectif afin de limiter l'autoritarisme dévastateur de l'interprétation. Contrairement au critique qui n'a guère souvent l'occasion de revoir le film sur lequel il doit discourir, l'analyste, lui, a tout loisir de voir et revoir non seulement le film mais des morceaux de celui-ci. Il a un contrôle sur son objet qui en quelque sorte l'oblige à ne pas y voir ce qui n'y est pas (ou du moins de vérifier que son intuition ou sa vision est juste).Deuxièmement, le film dans sa manifestation commune - expériences «a-narratives» mises à part - est un tissu composite complexe de substances visuelles et sonores, un texte - au sens large que lui donne Roland Barthes - en images construit sur la base d'un écrit (le scénario) avec lequel il entretient des rapports d'intégration. Les différents niveaux de métissage, images-sons, figures-abstractions, paroles-musique-son, images-texte, mouvements-fixité, technè et poïesis, contribuent à en complexifier l'appréhension. Aussi sans le concours de la description ne saisit-on qu'une part de sa capacité signifiante.La deuxième partie examinera alors les possibles et les insuffisances de la terminologie technique à disposition du descripteur et redéfinira dans le même temps les enjeux et objets de la description. Son objectif n'est alors pas tant de voir «plus», de voir «mieux» le film analysé que de le voir «autrement» afin d'organiser sa perception, son appréhension sensible et intelligible du film et de contrôler son discours sur le film. Donner à voir et stimuler le sens.Enfin, d'un point de vue plus général et plus prosaïque, cet ouvrage entend guider l'étudiant ou le spectateur curieux dans l'élaboration d'une description de film dans la perspective d'une analyse. Ainsi, nous présentons dans la troisième partie de l'ouvrage les grands principes qui fondent le geste descriptif avant de les mettre en application dans des descriptions d'extraits de films aussi divers et variablement retors qu'Au bout du monde de Konstantin Bronzit, L'Avventura de Michelangelo Antonioni, L'Homme qui tua Liberty Valance de John Ford, Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway, Pulsions de Brian de Palma, Les Saisons d'Artavadz Pelechian et Night Music de Stan Brakhage.
Nombre de pages
148
Date de parution
24/11/2011
Poids
253g
Largeur
242mm
Plus d'informations
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EAN
9782878545586
Titre
Décrire le film de cinéma. Au départ de l'analyse
Auteur
Martin Jessie
Editeur
SORBONNE PSN
Largeur
242
Poids
253
Date de parution
20111124
Nombre de pages
148,00 €
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Résumé : La couleur est l'une des composantes essentielles du cinéma : noir et blanc ou Technicolor, colorisation ou outil d'expérimentation artistique, c'est elle qui donne aux films leur identité et affirme leurs caractéristiques esthétiques et sensorielles. Spectaculaire, symbolique, évocatrice, militante parfois, la couleur est bien partie prenante dans la mise en forme du film et dans le discours du cinéaste. Cet ouvrage retrace l'histoire des techniques cinématographiques de la couleur tout en décrivant leur fonctionnement et explore les différents usages et pratiques de la couleur au cinéma. Il propose également différentes approches esthétiques, notamment la relation que la couleur entretient avec le réel et sa représentation, la signification (langage, sémiotique, symbolique de la couleur) ou la signifiance (abstraction de la couleur).
Afin de permettre une lecture plus consciente de ce que l'image véhicule, cet ouvrage propose une analyse de l'image fixe (tableau, photographie, affiche, etc.) qui permet, au-delà, d'aborder celle des images animées, notamment au cinéma. L'ouvrage s'interroge sur les diverses significations de l'image et sur les questions que celle-ci soulève : qu'est-ce qu'une image ? Comment l'interpréter ? Quel peut être son rôle et son impact ? Comment sa "lecture" peut stimuler l'interprétation créative ? De nombreux exemples illustrent le propos de l'ouvrage. Nouvelle édition actualisée et enrichie d'une nouvelle analyse de photographie de presse.
Cambridge Paleobiology Series is a new collection of books in the multidisciplinary area of modern paleobiology. The series will provide accessible and readable reviews of the exciting and topical aspects of paleobiology. The books will be written to appeal to advanced students and to professional earth scientists, paleontologists and biologists who wish to learn more about developments in the subject. Taphonomy: A Process Approach is the first book to review the entire field of taphonomy, the science of fossil preservation. It describes the formation of animal and plant fossils in marine and terrestrial. settings and how this affects deciphering the ecology and extinction of past lifeforms and the environments in which they lived. This volume emphasizes a process approach to taphonomy and reviews the taphonomic behaviour of all important taxa, plant and animal. Taphonomic behaviour is described at a range of scales, from the formation of fossil Lagerstätten to cyclic and secular trends in preservation over hundreds of millions of years. The author discusses applications of taphonomy to the solution of both academic and practical problems, and describes mathematical. models of bioturbation, fossil assemblage formation, and stratigraphic completeness. This book will be useful to anyone interested in the preservation of fossils and the formation of fossil assemblages, but it is aimed primarily at advanced students and professionals working in paleontology, stratigraphy, sedimentology, climate modeling and biogeochemistry.
1. Le troisième siècle. 2. De la Renaissance constantino-théodosienne aux «grandes invasions». 3. La transition au Moyen Age. 4. A l'aube des lettres médiévales.
Une journée scientifique a réuni en mars 2003 à Paris des spécialistes européens de l'argumentation. À l'issue de cette rencontre, J.-M. Adam, G. Declercq, O. Ducrot, F.H. van Eemeren et P. Houtlosser, J.-B. Grize, C. Plantin et G. Vignaux ont accepté d'expliciter par écrit leurs choix théoriques ainsi que leurs orientations actuelles. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage abordent des questions fondatrices du champ de l'argumentation, et s'adressent, au-delà des chercheurs ou des futurs chercheurs du domaine, à tout lecteur qui, à des titres divers, est conduit à produire du discours argumentatif : enseignants, étudiants, hommes politiques, journalistes, communicateurs..., ainsi qu'aux destinataires d'un tel discours - c'est-à-dire, in fine, à tout citoyen soucieux de porter un regard éclairé sur les messages qu'il reçoit. Ce volume met également au jour le fil directeur qui réunit " aujourd'hui " ces positions théoriques " en confrontation " : la dimension langagière de l'argumentation, et l'héritage de l'ancienne rhétorique, qui témoigne d'un fonds commun à la culture européenne. Il constitue de ce fait à la fois une introduction aux travaux des spécialistes ici réunis et une base de réflexion sur le champ des études argumentatives, dans son autonomie, et en relation avec d'autres domaines connexes : analyse du discours, études théâtrales, linguistique textuelle, pragmatique, sciences cognitives.
Résumé : L'ouvrage explore l'oeuvre du cinéaste américain Terrence Malick dans sa dimension métaphysique. Il explicite à cette fin ses rapports complexes avec le christianisme, mais aussi avec d'autres religions comme l'hindouisme, ainsi qu'avec la philosophie. Consacré à l'oeuvre de Terrence Malick, cet ouvrage en explore les implications métaphysiques, jugées essentielles, à travers trois films éloignés dans le temps mais qui forment ensemble une trilogie : La Ligne rouge, The Tree of Life et Voyage of Time. Fondé avant tout sur une approche esthétique, le livre montre comment le sens de l'oeuvre et les références qu'elle mobilise sont toujours travaillés par le cinéaste en des termes proprement cinématographiques qui requièrent, pour être véritablement mis au jour, une analyse attentive à l'image et à ses tensions avec les éléments sonores. On y rattache les films de Malick, lorsque cela permet de les éclairer, à une pluralité de sources (philosophiques, théologiques, littéraires, picturales, musicales et filmiques) qui puisent pour l'essentiel dans la tradition platonico-chrétienne et le romantisme, ainsi que dans la philosophie et la théosophie d'Orient. Les développements et les analyses qu'il comporte, bien que mobilisant parfois des notions complexes, ne sont jamais opaques et restent toujours en prise avec la matière esthétique des films analysés. L'ouvrage a ainsi pour vocation première de rendre plus accessible cette oeuvre originale mais largement incomprise à son public.
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Organisé parallèlement à une exposition, à plusieurs concerts et événements et à un ambitieux programme de numérisation, le colloque international qui a inspiré ce volume collectif a constitué l'un des moments phares de l'année 2020 consacrée par la Bibliothèque Sainte-Geneviève à la mise en valeur de ses collections musicales exceptionnelles. Le choix du thème "Transmettre la musique" est l'occasion de solliciter des travaux sur les processus de constitution et de valorisation des fonds musicaux des bibliothèques et archives, notamment à travers les exemples des bibliothèques engagées dans le projet, Sainte-Geneviève, Mazarine et BnF, qui comptent parmi les plus précieux. Au-delà, il s'agit aussi de réinterroger l'ensemble des vecteurs matériels, théoriques, pratiques, pédagogiques permettant la transmission de la musique, à la lumière d'études de cas variées : comme pour tout art, la transmission de la musique suppose un transfert de savoirs, de connaissances et de techniques qui ne peut aisément s'entreprendre et se réaliser pleinement sans l'accompagnement de plus initiés auprès de qui l'apprentissage s'incarne réellement.